11/10/2013

Handicap et société

 

Vous trouverez ci-dessous le texte de la lettre de lecteur publiée par la TdG aujourd’hui sous le titre « Des signatures éloquentes ».

 

La Fégaph (fédération genevoise d’associations genevoises de personnes handicapées et de leurs proches) a proposé aux candidats du Grand Conseil de soutenir son « Manifeste pour une Genève qui facilite la vie des personnes en situation de handicap et à mobilité réduite ». http://fegaph.ch/manifeste-2013-2018/

 

Les résultats qu’elle vient de publier sont intéressants à considérer selon la logique des trois blocs au prochain législatif :

Alternative (EaG, PS et LV), 32 des 34 députés élus ont signé le manifeste.

 

Entente (PDC et PLR), 17 sur 35.

 

UDC et MCG, 3 sur 31.

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Qui désire mener une politique sociale ? Qui souhaite une société qui accepte les différences? Qui se préoccupe de ceux qui n’ont pas eu de chance ?

Quel type de société souhaitez-vous ? A chacun de choisir son exécutif le 10 novembre, après ce sera trop tard. 

Jean-Michel Bugnion, député Les Verts

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19/09/2013

C’est ça, la politique ?

 

Rétablissons la peine de mort !

Enfermons à vie tous les délinquants sexuels !

Rayons la psychiatrie  de la médecine !

Crucifions Maudet, Unger ou Hodgers !                                                                                  

Infinie vacuité,  incommensurable vanité.

La vie humaine est unique, singulière. Comment oser  la ramener à de tels slogans ? Comment la réduire à une idée programmatique politique ou à une manœuvre électoraliste ?

A mes yeux, seuls celles et ceux qui l’ont connue peuvent exprimer publiquement leur peine parce que ce sont les seuls à l’avoir appréhendée dans sa singularité. Aux autres, il nous reste l’émotion personnelle issue du sentiment de fraternité  humaine, à gérer en soi, chacun pour soi ou avec ses proches.

L’émotion n’a pas d’autre valeur que ce que je ressens. Qui  peut me dire que la mienne vaut davantage que la tienne, ou le contraire ? En jouer politiquement, c’est à la fois orgueilleux et dangereux ; cela fait croire à une forme de gouvernement qui concrétiserait, dans sa législation, les émotions de sa population. Or, la réalité d’un monde complexe ne peut être approchée par ce biais-là ; très vite, elle se rebellera, interdira les solutions simplistes et exigera le recours à la raison, à la concertation, aux nuances, aux compromis. Et alors que diront les émotifs ? « Mais que font-ils ? Ils nous ont trahis ! ». Jusqu’à  la prochaine manipulation de l’émotion ou au discrédit total de la classe politique…

S’il vous plaît, Mesdames et Messieurs qui, comme moi, voulez être au service de la république, contenez-vous !

Laissez aux intimes  l’expression des émotions ! Puis, passé ce moment, essayons ensemble d’en dégager rationnellement les leçons  et, modestement, tentons d’amener  des améliorations !

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15/09/2013

L'accueil continu, continu, continu...

Le 28 novembre 2010, la population acceptait avec enthousiasme la loi sur l’accueil continu des élèves : 81,1% de oui  de l’école obligatoire, CO compris. Comment pouvait-il en être autrement  lorsque l’immense majorité des parents doivent ou veulent travailler ? Sa concrétisation est en cours, mais doit affronter beaucoup d’obstacles avant sa réalisation ; lorsque ce sera le cas, une nouvelle mission particulière incombera à l’école, sans rapport direct avec l’enseignement.

Imaginons, de manière un peu caricaturale,  la journée d’école d’un élève de 14 ans que nous appellerons  Abdo.

6 heures : le réveil sonne, rien.

6h 30 : devant la menace paternelle du verre d’eau, Abdo finit par se lever.  Vite, faire son sac ! « Où ai-je pu mettre ce fichu carnet d’élève ? Bof, tant pis ! ». Pas le temps de déjeuner ni évidemment de se brosser les dents,  le convoi maternel part à 6h45 pile.

7h 05 : Abdo rentre dans la salle d’études ; un prof et quelques élèves s’y trouvent déjà, le premier censé surveiller et aider les seconds à faire leurs devoirs. « Tu es en retard ! L’étude commence à 7h ! »  Abdo sort nonchalamment  un cahier, l’ouvre, appuie son visage contre la paume de sa main et, comme les autres, gribouille vaguement quelques réponses, entre une conversation avec sa voisine et un bâillement.

8h : cours de maths, Abdo ressent des gargouillis dans son ventre et peine à se concentrer. 2 heures de maths, c’est long et dur !

9h 30 : ouf, la récréation. Vite un bon petit pain au chocolat, ça va mieux.

9h 45 : tiens, ce n’est pas le prof habituel ? Ah oui, c’est l’éducation routière.  Abdo suit distraitement les explications sur la sécurité.

10h 30 : français. La prof est accaparée par l’élève trisomique, intégré partiellement et très gentil, mais totalement décalé dans les apprentissages. Du coup, l’ambiance devient turbulente, Abdo s’en paie une bonne tranche.

11h 20 : fin des cours et reprise à 13h45.  

Abdo fait partie du premier service à la cafétéria du CO,  aménagée en vitesse et à moindres frais.  Un bruit constant, une assiette labellisée « fourchette verte » dans laquelle Abdo laisse consciencieusement les légumes.

Fin du premier service, il faut se rendre aux activités. Abdo a opté pour le cours d’échecs ; l’animateur, très sympa, tente de montrer un exemple d’ouverture ; la concentration de la dizaine  d’ados présents fluctue selon les matchs de ping-pong qui se déroulent sur les trois tables installées à côté d’eux, dans le hall.

13h45 : cours d’éducation à la santé.  Thème : l’alcool et les drogues ; à la fin, Abdo pense qu’il préfère les cours portant sur l’éducation sexuelle, on rigole davantage avec les copains.

15h 30 : pendant le cours de géographie, le doyen fait irruption dans la classe. «  José, Jean-Michel et Abdo, avec moi dans mon bureau ! ». Abdo n’en mène pas large, il ne savait pas que les parents de Sérafina pouvaient porter plainte pénale contre les moqueries et les insultes envers sa camarade de classe qu’avec ses potes, il écrivait sur Facebook.

16h 20 : les cours sont finis mais pas la journée d’Abdo. A nouveau, cercle d’étude ; faut bien faire ses devoirs et ses parents ont insisté, connaissant la difficulté de les exiger après le repas du soir et pendant la retransmission du match de foot. Bâillements  et gargouillis resurgissent.

17h 30 : basket, chic ! Dans la salle de gym, Abdo peut enfin se défouler physiquement ; quoique, l’entraîneur mandaté par le club de la commune, est très jeune et peine à canaliser ses joueurs, à leur faire respecter les règles. Le jeu est sans cesse arrêté.

18h30 : Abdo grimpe dans la voiture de son père ; comme la plupart de ses copains, il n’a pas pris de douche…

 

Abdo aura passé 11 heures et demi dans son établissement scolaire, reconductibles 3 fois dans la semaine, le mercredi après-midi de congé étant consacré à de nouvelles  activités, mais extrascolaires… Son école aura pris en charge, outre l’enseignement, des pans éducatifs entiers qui  reviennent pourtant aux parents en priorité.  N’y a-t-il pas là un déséquilibre qui s’amplifie ? Où sont les plages de liberté et de repos pour nos ados ? Voulez-vous vraiment inscrire votre fils ou votre fille à l’accueil continu ?

13:45 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |