13/10/2014

Robin des bois, le retour! Vraiment?

 

 

Suite aux incidents de vendredi passé, le MCG contre-attaque et, comme d’habitude, récrit le scénario de Robin des bois. Stauffer-Robin n’a fait que s’en prendre aux puissants, tous pourris comme le parti le proclame depuis longtemps. Seul contre tous et contre l’institution (que le MCG nomme l’establishment), il a parlé, sans peur et sans reproche au nom du peuple et pour le peuple !  Et c’est bien sûr l’horrible prince Antoine qui piétine les droits de ce dernier et a a fait appel aux soudards pour évacuer le rebelle au grand cœur…

 

Quelle belle fiction qui oublie que l’amendement était connu de tous puisqu’il venait d’être débattu et voté une première fois, que le président du Grand-Conseil a demandé à plusieurs reprises à E. Stauffer de quitter la salle et n’ a appelé la police qu’après refus réitérés du député, que les députés MCG ont fait corps autour de leur chef pour empêcher son évacuation, que c’est l’intervention du président du CE, François Longchamp, et de Mauro Poggia qui a provoqué le départ d’Eric Stauffer, après 30 minutes de bravade !

 

A nouveau, on peut constater à quel point le personnage concentre sur lui tous les regards. Il faut en convenir, il a le verbe haut et le style tribun du peuple, il sait prendre les coups et surtout en donner, il est le parfait paratonnerre pour son parti et l’idéologie de celui-ci.

 

En effet, lorsque les medias ou les adversaires politiques focalisent sur le leader du MCG, ils négligent ce qu’il couvre de sa stature imposante :

 

Un vide de contenu programmatique : celui-ci se résume à 2 slogans : « Genève aux Genevois » et « Y en a marre », sur un fond de stratégie du bouc-émissaire envers les frontaliers.

 

Un opportunisme politique constant, à l’image de la volte-face sur le siège, durant le débat de la « lex Longchamp »sur les PPE, que le parti s’est permis d’exécuter, alors même qu’il présentait le rapport de majorité favorable à la loi.

 

Une absence d’éthique qui  l’autorise à récolter des signatures pour le référendum contre la loi sur la police, en prétendant que celle-ci permettra à des frontaliers de devenir policiers, ce qui est rigoureusement faux, puisque l’interdit figure dans le règlement.

 

Une attitude irrespectueuse récurrente de sa députation durant les séances du Grand-Conseil : huées contre la partie adverse, gestes indécents comme celui d’égorger, invectives,  jusqu’à la tentative d’obstruction physique à l’autorité institutionnelle de vendredi soir.

 

Qu’on ne s’y trompe pas ! Eric Stauffer n’est pas un nouveau Robin des bois, ses compagnons ne sont pas de joyeux drilles mais de tristes sires,  son mouvement ne donne rien au peuple mais utilise celui-ci pour son propre intérêt et sa propre gloire.

 

17:15 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Tags : mcg, grand-conseil | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

11/10/2014

Le Rubicon aété franchi!

 

En 49 av. J-C, Jules César traverse le fleuve Rubicon avec ses légions, ce qui sonne le  glas de la république romaine et donne naissance à l’expression bien connue : une ligne rouge est dépassée, quelles qu’en soient les conséquences.

 

Lors de la séance du Grand-Conseil genevois du 10 octobre 2014, le Césarion genevois et ses troupes récrivent l’histoire au niveau local. Les faits sont connus : au prétexte que le président du Grand-Conseil refuse de lire un amendement, pourtant déjà traité amplement et simplement repris par un député MCG, Eric Stauffer s’emporte, vitupère et vocifère sans retenue,  soutenu par le chœur de son parti. Malgré les appels à l’ordre du président, il défie clairement l’autorité de celui-ci, refusant de quitter la salle ; son ultime injonction repoussée après une suspension de séance, le président fait appel à la force publique, comme le prévoit le règlement. Les membres du MCG entourent alors leur guide suprême, faisant un rempart de leurs corps à toute intervention ; insultes, gestes indécents à l’appui, ils commettent clairement un coup de force visant à faire obstruction à une intervention légitime des forces de l’ordre. Il aura fallu 45 minutes et l’implication du président du CE et de M. Poggia pour les amener à accepter la sanction, pourtant minime ; E. Stauffer encadré par 7 policiers, les députés MCG et UDC quittent la salle du législatif.

 

Les faits sont limpides : un parti, mené par son chef, a totalement bafoué les institutions de notre république. Refus d’obéir à une autorité institutionnelle,  obstruction physique caractérisée à l’intervention de la police, tentative d’intimidation du pouvoir législatif, le Rubicon a bel et bien été franchi !

 

Dès lors, il apparaît inconcevable que l’affaire en reste là, qu’un mouvement politique puisse impunément mépriser les institutions démocratiques et  s’opposer physiquement à celles-ci.  Sinon, à quel degré de transgression parviendra-t-il la prochaine fois ?

 

Une comparaison pour éclairer mon propos : un prof (autorité institutionnelle) renvoie un élève, celui-ci refuse de sortir ; comme la procédure le demande, le prof appelle via son portable un doyen. Lorsque celui-ci arrive, un groupe d’élèves entourent le renvoyé et empêchent physiquement son expulsion du cours. Comme directeur d’école, n’allez-vous rien faire, à part enregistrer le renvoi du premier perturbateur ?  Inimaginable, n’est-ce pas !

 

Bref, soit le MCG fait acte publique de contrition et d’allégeance à nos institutions, soit il quitte le Parlement puisqu’il refuse de se plier aux règles de l’institution!

 

Et surtout que personne ne tombe dans le piège qu’il nous tend déjà, tentant de rejeter, dans sa stratégie de communication, toute la responsabilité des incidents sur le président du Grand-Conseil, toujours évidemment affublé de son étiquette politique pour mieux le déconsidérer ! Or, celui-ci a agi conformément à sa fonction, qui en fait le garant de l’institution et le place au-dessus des partis.

 

 

 

13:29 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Tags : mcg, grand-conseil, institutions | Lien permanent | Commentaires (15) | |  Facebook | | | |

25/09/2014

Le bouc-émissaire

 

En complément du blog de Bertrand Buchs,

 

http://bertrandbuchs.blog.tdg.ch/archive/2014/09/25/la-haine-ordinaire-260105.html,

 

quelques réflexions sur un phénomène psychologique récurrent en histoire que je partageais jadis avec mes élèves, persuadé qu’il s’agit d’une clé pour comprendre les comportements de masse excluant un groupe identifié de la société.

 

Au IIème siècle avant JC, lorsque la peste ravageait un village de la péninsule arabique, un chameau était promené entre toutes les maisons,  chargé de capter la maladie, puis sacrifié pour faire disparaître celle-ci. A la fête du Yom Kippour, c’était un bouc qui, chargé de tous les péchés d’Israël, était sacrifié pour leur rémission. D’ailleurs, l’expression vient de là, le bouc étant, dans les premiers temps, envoyé dans le désert.

 

Le fondement historique du bouc-émissaire est donc bien un sacrifice à commettre pour le bien de la société.

 

Sur le plan psychologique, tout le monde connaît ce phénomène et l’a pratiqué. Lorsqu’on a mal, il est tentant de trouver un coupable, autre que soi-même, et de le rendre ainsi responsable de ses maux ; pensez au petit enfant qui trébuche sur une chaise, tombe, donne un grand coup de pied à la chaise en l’insultant.

 

En ce qui concerne le comportement des masses*, le phénomène est le même ; dans une société en proie à des difficultés psychosociales (chômage, perte d’identité, stress permanent, etc.), le sentiment de mal-être cherche un exutoire, un coupable autre. Il s’agit en effet de trouver un groupe facilement identifiable, différent de la majorité, et sur lequel celle-ci va pouvoir projeter le mal qui la ronge. Ainsi, dire « C’est la faute au FRONTALIER, ou au JUIF, ou à l’ARABE ! » permet à la fois de trouver un responsable  à notre mal et de se sentir mieux, puisque nous sommes différents, nous n’appartenons pas au groupe bouc-émissaire, nous sommes dans le groupe du bien. La suite procède d’une logique aussi simple qu’implacable : il suffit de sacrifier le bouc-émissaire pour éradiquer le mal.

 

La montée de la haine que dénonce Bertrand Buchs s’inscrit parfaitement dans ce cheminement dont l’Histoire nous a donné déjà de nombreux exemples. En politisant le bouc-émissaire « FRONTALIER », le parti genevo-genevois a ouvert la boîte de Pandore et plonge ses suiveurs dans un tourbillon de sentiments négatifs, psychologiquement difficiles à vivre, comme le témoignent les exemples donnés par M. Buchs.

 

Il faut donc clairement et unanimement refuser l’instrumentalisation politique de tout bouc-émissaire, non seulement par égard au groupe exclu, mais aussi par égard à la haine qu’elle apporte aux autres et qui ne pourra jamais être assouvie.

 

 

 

 

 

 

 

*dans l’acception de Chomsky, merci de ne pas y lire le moindre mépris !

 

 

 

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