05/06/2015

Le retour du religieux à l'école?

La Tribune de Genève rapporte aujourd’hui les inquiétudes de certains enseignants face aux réactions de quelques élèves lorsqu’ils traitent des éléments de cours qui concernent soit l’islam, soit le judaïsme.

Mise en rapport avec la décision d’une commission de ne pas autoriser l’exécution d’un opéra de Britten, susceptible de froisser des susceptibilités religieuses,  cette information doit interpeler le DIP et lui demande de clarifier sa position, afin de préserver le climat de tolérance religieuse qui a toujours prévalu dans notre canton.

Chaque croyance possède ses valeurs propres, parfois proches, parfois éloignées ; toutes doivent être respectées, dans la sphère individuelle et privée. En revanche, aucune d’entre elles n’a sa place à l’école, lieu d’enseignement des savoirs, qui répond à une exigence scientifique : tout traitement pédagogique doit s’appuyer sur des faits avérés, que ce soit l’écriture de Proust ou de Pascal , une source historique ou géographique, une expérience de physique ou de chimie, une démonstration mathématique. Les langues, pour leur part, se fondent sur un vocabulaire et une grammaire normatifs et universels. Il en va de même pour les œuvres d’art dont le contenu est transcendé par l’expression artistique, laquelle est le seul objet de l’étude.

C’est l’exigence même d’un partage commun, dans lequel chacun peut constater l’existence du fondement de la démarche. Bien sûr, ensuite arrive l’interprétation avec la nécessaire subjectivité qu’elle induit, mais qui est limitée par la présence du savoir admis par tous. Personnellement, j’acceptais d’autres interprétations que les miennes de la part de mes élèves, pour autant qu’elles se fondent sur le texte littéraire ou une source historique et que ce fondement puisse être démontré.

Dès lors que les croyances n’ont par définition pas lieu de s’exprimer dans le cadre scolaire, les enseignants ne doivent pas se sentir retenus dans quelque traitement pédagogique que ce soit, Si un élève prend la parole pour y faire référence, il s’agit de le lui signaler de manière bienveillante et ferme ; au besoin, le prof rappellera la différence entre science et croyance et leurs sphères respectives.

Toutefois, il lui est nécessaire de bénéficier de l’appui de l’institution pour faire face à des familles qui peuvent être quérulentes dans ce domaine. C’est pourquoi, je suggère au DIP de rédiger un texte de référence à ce propos, signé par sa plus haute instance. Celui-ci aura l’immense avantage pour la concorde confessionnelle de remettre l’église (la synagogue ou la mosquée) au milieu du village, non dans le périmètre scolaire !

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22/04/2015

Bernex: entre ville, campagne et élections

 

Bernex est l’un des points du canton appelé à vivre un fort développement urbanistique ; la prolongation du tram jusqu’à Vailly, mais aussi la future implantation du bureau des autos, la future zone d’activités et leur desserte routière vont entraîner une forte construction de logements, avec les infrastructures nécessaires.

 

Ce développement  impactera bien sûr la zone agricole et la qualité de vie des habitants. Il servira d’exemple d’ailleurs à d’autres endroits du canton appelés également à s’urbaniser et à construire ces logements qui nous manquent cruellement.

 

Au niveau communal, le maître d’œuvre est indéniablement le conseil administratif ; le municipal est certes impliqué, mais la concrétisation revient à l’exécutif. L’enjeu est limpide : il est primordial que soit représentée au conseil administratif une large partie de la population afin de tendre vers un développement consensuel et à l’écoute des habitants, un développement qui intègre pleinement la dimension humaine dans l’urbanisme.

 

Bernex ne peut pas faire l’impasse dans son exécutif : les femmes qui représentent plus du 50% de la population, la sensibilité sociale et écologique qui compte plus d’un tiers des voix aux dernières élections municipales doivent avoir une place. L’élection au second tour de la candidate socialiste, Guylaine Antille, soutenue par les Verts et Ensemble à gauche, s’impose donc logiquement.

 

De plus, même si le PLR est le devenu le premier parti de la commune, il serait risqué de confier à un parti qui n’enregistre que le 35% des voix la majorité au sein du gouvernement. Encore une fois, l’enjeu d’un développement maîtrisé, à taille humaine, commande le plus large partage des responsabilités politiques pour sa mise en oeuvre.

 

Bernésiennes, Bernésiens  (à lire avec l’accent gaullien…), votez massivement au deuxième tour pour une femme, engagée socialement et écologiquement, de façon à équilibrer votre conseil administratif, gage d’un développement équilibré de la commune.

 

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26/02/2015

En réponse à Pascal Décaillet, GHI du 25 et 26 février 2015

Cher Monsieur,

 

Vous nous trouvez illisibles, nous autres Verts.
Quand j’étais adolescent, j’étais un grand amateur des San Antonio que je dévorais avec facilité ; en revanche, et malgré que j’eusse suivi un cours sur le sujet, j’estimais que La critique de la raison pure, de Kant, était totalement illisible.

 

C’est vrai, quoi ! L’énigme des polars de F. Dard était simple, facile à suivre ; il y avait les bons et les méchants, le héros se battait pour la gloire de sa nation et la frontière entre le bien et le mal était bien marquée.  L’histoire se déroulait chronologiquement, logiquement en respectant le lien de causalité unique. Bref, une littérature, écrite de belle manière foisonnante il faut le relever, qui distrayait sans trop fatiguer les neurones.

 

Mais Kant ! Quels efforts ne devais-je pas fournir pour tenter d’entrevoir une petite partie de sa pensée ! Décidément, trop compliqué, trop complexe…

 

Libre à vous de lire le monde actuel comme un retour au XIXème siècle, âge d’or des Etats-nations qui a débouché sur la deuxième grande vague des colonisations et deux guerres mondiales ! Libre à vous de soutenir les deux partis de notre canton qui prônent le nationalisme et le repli à l’intérieur des frontières, de sacraliser le peuple et ses décisions démocratiques et de vilipender la classe politique, d’invoquer l’Histoire pour un impossible retour en arrière ! Forcément, les Verts vous sont illisibles puisque nous tentons, sans nous prendre pour Kant rassurez-vous, d’appréhender notre réalité actuelle et son futur, en évitant simplifications et réductions, en tentant de faire face à la complexité d’un réel moderne (eh oui !), qui, comme Kant actuellement, continue à m’échapper. Du moins, aujourd’hui, je ne me décourage plus !

 

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