30/10/2015

Conformité ou conformisme?

 

 

Bien sûr que l’Usine doit être en conformité avec la loi, il ne peut en être autrement. Mais, dans les démocraties, les lois ne sont jamais totalitaires ; chacune d’elle autorise son interprétation, fondement même du travail des juges et des avocats. Donc, il est certain qu’à terme, les services du DES et l’Usine parviendront à un compromis sur l’interprétation de la LRDBHD qui sera acceptable par les uns et les autres.

 

La réaction politique de la droite en Ville de Genève va bien au-delà du souci d’arriver à une conformité acceptable par l’Usine ; elle tombe dans le champ de la tentation conformiste : jeunes, alternatifs, foireurs, tagueurs,  vous allez être punis par là où vous avez péché et nous allons vous remettre dans le droit chemin, vous montrer comment vous devez vous comporter, dénoncer vos dérives alcooliques ou fumeuses, bref, vous rendre conformes à l’image que nous voulons de vous.

 

Tenter d’éradiquer l’anticonformisme d’une partie de la jeunesse est bien mauvaise politique ! Il suffit de penser à tout ce que les mouvements de ce type ont apporté dans notre histoire, tant sur le plan politique (le féminisme par exemple) que sur le plan artistique (les surréalistes) ; ce serait réaliser une société de clonage générationnel, privée des forces vives créatives et inventives qui prennent naissance dans la nécessaire remise en cause du monde qui caractérise l’adolescence et les débuts de l’âge adulte (et qui se prolongent heureusement parfois bien au-delà !). Ce serait, en fait, figer toute possibilité d’évolution !

 

De grâce, cessons de vouloir que les jeunes nous ressemblent  (d’ailleurs est-ce souhaitable ?), arrêtons de vouloir leur faire la leçon avec le corollaire d’exacerber les tensions ! Laissons à la fois la jeunesse se faire et le compromis s’élaborer !

 

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21/06/2015

Vous avez dit sociothérapie?

 

« Vérité sortant du puits armée de son martinet pour châtier l’humanité »,
Jean-Léon Gérôme, 1896

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05/06/2015

Le retour du religieux à l'école?

La Tribune de Genève rapporte aujourd’hui les inquiétudes de certains enseignants face aux réactions de quelques élèves lorsqu’ils traitent des éléments de cours qui concernent soit l’islam, soit le judaïsme.

Mise en rapport avec la décision d’une commission de ne pas autoriser l’exécution d’un opéra de Britten, susceptible de froisser des susceptibilités religieuses,  cette information doit interpeler le DIP et lui demande de clarifier sa position, afin de préserver le climat de tolérance religieuse qui a toujours prévalu dans notre canton.

Chaque croyance possède ses valeurs propres, parfois proches, parfois éloignées ; toutes doivent être respectées, dans la sphère individuelle et privée. En revanche, aucune d’entre elles n’a sa place à l’école, lieu d’enseignement des savoirs, qui répond à une exigence scientifique : tout traitement pédagogique doit s’appuyer sur des faits avérés, que ce soit l’écriture de Proust ou de Pascal , une source historique ou géographique, une expérience de physique ou de chimie, une démonstration mathématique. Les langues, pour leur part, se fondent sur un vocabulaire et une grammaire normatifs et universels. Il en va de même pour les œuvres d’art dont le contenu est transcendé par l’expression artistique, laquelle est le seul objet de l’étude.

C’est l’exigence même d’un partage commun, dans lequel chacun peut constater l’existence du fondement de la démarche. Bien sûr, ensuite arrive l’interprétation avec la nécessaire subjectivité qu’elle induit, mais qui est limitée par la présence du savoir admis par tous. Personnellement, j’acceptais d’autres interprétations que les miennes de la part de mes élèves, pour autant qu’elles se fondent sur le texte littéraire ou une source historique et que ce fondement puisse être démontré.

Dès lors que les croyances n’ont par définition pas lieu de s’exprimer dans le cadre scolaire, les enseignants ne doivent pas se sentir retenus dans quelque traitement pédagogique que ce soit, Si un élève prend la parole pour y faire référence, il s’agit de le lui signaler de manière bienveillante et ferme ; au besoin, le prof rappellera la différence entre science et croyance et leurs sphères respectives.

Toutefois, il lui est nécessaire de bénéficier de l’appui de l’institution pour faire face à des familles qui peuvent être quérulentes dans ce domaine. C’est pourquoi, je suggère au DIP de rédiger un texte de référence à ce propos, signé par sa plus haute instance. Celui-ci aura l’immense avantage pour la concorde confessionnelle de remettre l’église (la synagogue ou la mosquée) au milieu du village, non dans le périmètre scolaire !

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