11/10/2013

Handicap et société

 

Vous trouverez ci-dessous le texte de la lettre de lecteur publiée par la TdG aujourd’hui sous le titre « Des signatures éloquentes ».

 

La Fégaph (fédération genevoise d’associations genevoises de personnes handicapées et de leurs proches) a proposé aux candidats du Grand Conseil de soutenir son « Manifeste pour une Genève qui facilite la vie des personnes en situation de handicap et à mobilité réduite ». http://fegaph.ch/manifeste-2013-2018/

 

Les résultats qu’elle vient de publier sont intéressants à considérer selon la logique des trois blocs au prochain législatif :

Alternative (EaG, PS et LV), 32 des 34 députés élus ont signé le manifeste.

 

Entente (PDC et PLR), 17 sur 35.

 

UDC et MCG, 3 sur 31.

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Qui désire mener une politique sociale ? Qui souhaite une société qui accepte les différences? Qui se préoccupe de ceux qui n’ont pas eu de chance ?

Quel type de société souhaitez-vous ? A chacun de choisir son exécutif le 10 novembre, après ce sera trop tard. 

Jean-Michel Bugnion, député Les Verts

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28/09/2013

A qui profite le voile?

Sur son blog :

http://pierreweiss.blog.tdg.ch/archive/2013/09/28/les-verts-voilent-un-voile-vert-247732.html

Monsieur Weiss se livre à un étrange distinguo sémantique : il revendique le droit à l’anti-islamisme qui se démarquerait de l’islamophobie. Tiens donc, comment réagirait le vice-président de la LICRA si un révisionniste ou un négativiste revendiquait la même différence entre antisémitisme et sémitophobie ? Expliquerait-il à un Copte qu’il lui faut distinguer  dans les tourments qu’endure cette communauté égyptienne l’antichristianisme de la christianophobie ?  A l’évidence, il s’agit dans tous les cas d’exprimer un sentiment de rejet d’une religion ; soit dit en passant, ce n’est pas le cas de l’antifascisme, que M. Weiss convoque à son bénéfice, qui marque, lui, le rejet d’un régime politique.

 

En outre, à la peine avec les signes, il croit déceler une stratégie verte pour masquer le foulard d’une de nos candidates. Les Verts auraient donc conçu tout leur concept graphique de campagne pour voiler une des 42 candidates au Grand Conseil ? Soyons sérieux ! Les Verts ont défini leur communication en noir et blanc, avec la seule touche verte de couleur des slogans, pour signifier que les personnes importent moins que les idées qu’elles défendent.  Evidemment, je peux comprendre que M. Weiss n’ait pu l’appréhender !

 

Le rejet patent de l’Islam en tant que religion dont fait preuve le député PLR débouche sur sa croisade contre le foulard à l’école, écœurante et dangereuse.

Écœurante parce qu’il prend en otages des jeunes filles dans un âge où tout adolescent doit construire son identité et les place dans un conflit de loyauté inadmissible : ou bien elles se conforment à leur famille et sont interdites de scolarité publique, ou bien elles enlèvent leur foulard pour pouvoir aller à l’école avec leurs amis de quartier et elles trahissent leurs parents.

 

Dangereuse parce que tourner le dos à une attitude genevoise qui a maintenu l’harmonie religieuse entre les élèves (tout en exigeant la laïcité extérieure des enseignants) au long des décennies passées, comporte un gros risque : celui de radicaliser négativement l’image de Genève, jusqu’à présent nuancée et tolérante sur le plan religieux. Or,  il y a beaucoup plus à perdre (conférences de paix ou tranquillité face au terrorisme) qu’à gagner (des voix pour M. Weiss) dans le durcissement réclamé.

20:15 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (26) | |  Facebook | | | |

19/09/2013

C’est ça, la politique ?

 

Rétablissons la peine de mort !

Enfermons à vie tous les délinquants sexuels !

Rayons la psychiatrie  de la médecine !

Crucifions Maudet, Unger ou Hodgers !                                                                                  

Infinie vacuité,  incommensurable vanité.

La vie humaine est unique, singulière. Comment oser  la ramener à de tels slogans ? Comment la réduire à une idée programmatique politique ou à une manœuvre électoraliste ?

A mes yeux, seuls celles et ceux qui l’ont connue peuvent exprimer publiquement leur peine parce que ce sont les seuls à l’avoir appréhendée dans sa singularité. Aux autres, il nous reste l’émotion personnelle issue du sentiment de fraternité  humaine, à gérer en soi, chacun pour soi ou avec ses proches.

L’émotion n’a pas d’autre valeur que ce que je ressens. Qui  peut me dire que la mienne vaut davantage que la tienne, ou le contraire ? En jouer politiquement, c’est à la fois orgueilleux et dangereux ; cela fait croire à une forme de gouvernement qui concrétiserait, dans sa législation, les émotions de sa population. Or, la réalité d’un monde complexe ne peut être approchée par ce biais-là ; très vite, elle se rebellera, interdira les solutions simplistes et exigera le recours à la raison, à la concertation, aux nuances, aux compromis. Et alors que diront les émotifs ? « Mais que font-ils ? Ils nous ont trahis ! ». Jusqu’à  la prochaine manipulation de l’émotion ou au discrédit total de la classe politique…

S’il vous plaît, Mesdames et Messieurs qui, comme moi, voulez être au service de la république, contenez-vous !

Laissez aux intimes  l’expression des émotions ! Puis, passé ce moment, essayons ensemble d’en dégager rationnellement les leçons  et, modestement, tentons d’amener  des améliorations !

19:44 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | |