01/01/2014

Le mythe de l'âge d'or

 

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 Le mythe de l’âge d’or nous vient des Grecs et des Romains. Cet âge suit la création de l’homme et se caractérise par « (…) un temps d'innocence, de justice, d'abondance et de bonheur ; la Terre jouit d'un printemps perpétuel, les champs produisent sans culture, les hommes vivent presque éternellement et meurent sans souffrance, s'endormant pour toujours. » (Wikipédia). L’idée chrétienne du paradis perdu s’en inspire directement.

 

Ce mythe fait actuellement une réapparition remarquable grâce à l’initiative de l’UDC contre l’immigration massive. Fermons les frontières, contingentons les travailleurs qui nous sont nécessaires et nous voilà revenus 50 ans en arrière, au temps des saisonniers, apparemment béni pour l’UDC mais pas pour ceux qui laissaient femmes et enfants 9 mois par année pour se taper le sale boulot que les citoyens suisses rechignaient à faire. Combien ont-ils contribué à construire des immeubles et des routes, à faire tourner des exploitations agricoles, à enrichir notre pays qui profitait à fond des trente glorieuses ! Mais, me direz-vous, tout le monde était gagnant, les saisonniers envoyant de l’argent à leur famille, construisant une maison dans leur village d’origine, sauvant la petite ferme de leurs parents, contribuant à redresser l’économie de leurs pays.

 

Certes, sauf que le temps a passé et que les temps ont changé. D’abord, nous étions dans tous les pays dans une phase de relance et de croissance économiques ; il fallait (re)construire après la guerre, le chômage était au plus bas ou inexistant en Suisse, les richesses nouvelles étaient réparties et profitaient à toutes les classes de la population, par le biais des augmentations de salaire et des congés payés, et on faisait plein de bébés (le Baby-Boom). Ensuite, dans un monde divisé en deux blocs, chacun était maître en sa demeure, solidaire idéologiquement de son camp mais farouchement indépendant dans ses actes ; l’idée d’Europe émergeait à peine des limbes, les premiers ordinateurs occupaient une pièce entière, les échanges pratiquaient tous le bilatéralisme, les frontières définissaient la nation.

 

Peut-on raisonnablement penser que l’accélération qu’a connue l’Histoire pendant les 50 dernières années va être effacée d’un revers d’initiative ? Que nos partenaires vont accepter notre renfermement sans mesures de représailles, comme celle de taxer nos produits d’exportation, essentiels à la sauvegarde de note économie ? Que la Suisse peut survivre isolée, dans son réduit géographique réaffirmé comme en 40, uniquement par son marché intérieur, face à un vieillissement de la population entraîné par notre dénatalité et une planète mondialisée?

 

L’immigration pose bien sûr des problèmes aigus qui demandent des réponses pertinentes, comme la surveillance des entreprises pour éviter le dumping salarial. Revenir magiquement à l’âge d’or ne fait pas partie de celles-ci ! Le mythe peut faire rêver, il doit rester toutefois dans le domaine onirique.

 

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25/12/2013

Le vote du budget

 

Alors, avant, vous vous êtes courageusement plongé dans la jungle des chiffres, tout de même organisés judicieusement par politique publique et en comparaison avec le budget précédent. Certaines questions vous viennent à l’esprit, dont une partie est effacée par le caucus du parti et une autre partie en cours de débats ou selon les amendements proposés sur le siège. En restent une ou deux que vous poserez, conscient que l’équilibre du budget est fragile et que le futur incite à la prudence.

 

Et puis il y a les débats idéologiques, incontournables semble-t-il. Ah, les grandes envolées sur les effets de la baisse des impôts : relance-t-elle la consommation et ainsi procure-t-elle davantage de rentrées fiscales à terme ? Ou bien diminue-t-elle les prestations à la population ? Faudrait-il ouvrir une école, le CO Renard au hasard, plutôt qu’une prison, l’extension de la Brénaz ici ? Choisir Victor Hugo ou Pierre Maudet ? La Vérité n’existe évidemment pas, les discours idéologiques ne convaincront jamais que ceux qui en partagent le fondement, mais vraisemblablement, ils sont inhérents à la pratique de la politique, du moins à celle des ténors de tous partis.

 

Heureusement, l’essentiel ne s’est pas joué à ce niveau-là, sinon le budget ne représenterait que le résultat d’un rapport de forces idéologiques, forcément simpliste, univoque et sans nuances ; souvenons-nous du gouvernement monocolore... Bien préparées en commission des finances, les différentes propositions ont  donné lieu à des débats intéressants et surtout à des votes majoritaires différents.  La résultante d’un parlement à trois blocs paraît bénéfique : aucun parti ne peut dicter sa vision et la recherche d’un consensus majoritaire, sur chaque objet, permet de tempérer les appétits des uns ou des autres : il n’y a pas de vainqueur triomphant ou de vaincu écrasé, il y a un budget majoritairement consensuel et nuancé. Le principe de réalité me fait le préférer à un autre qui serait de tout un bord et même, de tout l’autre. Ma conception de la politique me fait dire qu’il est ainsi davantage au service de la population.

 

A l’approche de la fin de l’année, le législatif a donné un signal positif face aux échéances complexes qui nous attendent  et qui questionnent le devenir de notre République ; c’est de bon augure, reste à confirmer cet esprit en 2014 !

 

Et puisque je parle de l’an nouveau, j’en profite : maintenant député, je croule sous le courrier des vœux ! Incroyable, par rapport à mon passé, le nombre de cartes que je reçois, de quoi me donner l’illusion que je suis devenu un homme important! Le poste de secrétaire parlementaire bénévole que j’offre étant toujours vacant, je saisis l’occasion de cette note pour remercier toutes et tous de leurs vœux et pour présenter les miens à celui ou à celle qui voudra bien les lire ici !

 

 

 

16:10 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

13/12/2013

Mauvaise surprise

 

A l’approche de Noël est tombée une lettre de l’office du personnel de l’Etat, signée, de son directeur général et adressée à toutes les personnes qui bénéficient d’un plan d’encouragement à la retraite anticipée (PLEND) depuis moins de 5 ans : à partir du 1er janvier 2014, toute activité rémunérée, même occasionnelle, qu’elle soit d’ordre public ou privé, entraînera une diminution de la rente PLEND à la hauteur du revenu de l’activité.

 

Expressément contenue dans la nouvelle loi sur la rente-pont AVS, votée par le Grand-Conseil le 3 octobre 2013, conforme au principe général du droit administratif qui régit les indemnités reçues par le personnel de l’Etat, cette disposition ne s’appliquait cependant pas auparavant et ne prendra effet qu’au 1er janvier 2014, touchant tous les bénéficiaires du PLEND.

 

Elle va entraîner des conséquences  négatives pour les anciens et bons serviteurs de l’Etat,  et plus fortement sur  ceux qui occupaient des postes situés au bas de la classification salariale. Combien sont-ils en effet à avoir pris un salaire d’appoint, leur permettant de nouer les deux bouts, avec leur retraite anticipée et  leur PLEND, histoire d’améliorer leur maigre revenu ?  Comment leur faire accepter qu’une mesure dont personne ne leur avait parlé lorsqu’ils avaient demandé les conditions d’octroi du plan à la retraite surgit d’une nouvelle loi et s’applique à eux rétroactivement, que les règles du jeu changent en cours de partie ?

 

C’est faire bien peu cas de ces personnes, de leur engagement de plusieurs dizaines d’années au service de la collectivité ; c’est à nouveau pénaliser la fonction publique, qui l’a déjà été à coups de gel des annuités dans le passé.  Notre Etat en est-il donc réduit à aller grappiller quelques sous dans des poches plus ou moins modestes pour pouvoir fonctionner ?

 

15:46 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | | |