22/04/2015

Bernex: entre ville, campagne et élections

 

Bernex est l’un des points du canton appelé à vivre un fort développement urbanistique ; la prolongation du tram jusqu’à Vailly, mais aussi la future implantation du bureau des autos, la future zone d’activités et leur desserte routière vont entraîner une forte construction de logements, avec les infrastructures nécessaires.

 

Ce développement  impactera bien sûr la zone agricole et la qualité de vie des habitants. Il servira d’exemple d’ailleurs à d’autres endroits du canton appelés également à s’urbaniser et à construire ces logements qui nous manquent cruellement.

 

Au niveau communal, le maître d’œuvre est indéniablement le conseil administratif ; le municipal est certes impliqué, mais la concrétisation revient à l’exécutif. L’enjeu est limpide : il est primordial que soit représentée au conseil administratif une large partie de la population afin de tendre vers un développement consensuel et à l’écoute des habitants, un développement qui intègre pleinement la dimension humaine dans l’urbanisme.

 

Bernex ne peut pas faire l’impasse dans son exécutif : les femmes qui représentent plus du 50% de la population, la sensibilité sociale et écologique qui compte plus d’un tiers des voix aux dernières élections municipales doivent avoir une place. L’élection au second tour de la candidate socialiste, Guylaine Antille, soutenue par les Verts et Ensemble à gauche, s’impose donc logiquement.

 

De plus, même si le PLR est le devenu le premier parti de la commune, il serait risqué de confier à un parti qui n’enregistre que le 35% des voix la majorité au sein du gouvernement. Encore une fois, l’enjeu d’un développement maîtrisé, à taille humaine, commande le plus large partage des responsabilités politiques pour sa mise en oeuvre.

 

Bernésiennes, Bernésiens  (à lire avec l’accent gaullien…), votez massivement au deuxième tour pour une femme, engagée socialement et écologiquement, de façon à équilibrer votre conseil administratif, gage d’un développement équilibré de la commune.

 

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26/02/2015

En réponse à Pascal Décaillet, GHI du 25 et 26 février 2015

Cher Monsieur,

 

Vous nous trouvez illisibles, nous autres Verts.
Quand j’étais adolescent, j’étais un grand amateur des San Antonio que je dévorais avec facilité ; en revanche, et malgré que j’eusse suivi un cours sur le sujet, j’estimais que La critique de la raison pure, de Kant, était totalement illisible.

 

C’est vrai, quoi ! L’énigme des polars de F. Dard était simple, facile à suivre ; il y avait les bons et les méchants, le héros se battait pour la gloire de sa nation et la frontière entre le bien et le mal était bien marquée.  L’histoire se déroulait chronologiquement, logiquement en respectant le lien de causalité unique. Bref, une littérature, écrite de belle manière foisonnante il faut le relever, qui distrayait sans trop fatiguer les neurones.

 

Mais Kant ! Quels efforts ne devais-je pas fournir pour tenter d’entrevoir une petite partie de sa pensée ! Décidément, trop compliqué, trop complexe…

 

Libre à vous de lire le monde actuel comme un retour au XIXème siècle, âge d’or des Etats-nations qui a débouché sur la deuxième grande vague des colonisations et deux guerres mondiales ! Libre à vous de soutenir les deux partis de notre canton qui prônent le nationalisme et le repli à l’intérieur des frontières, de sacraliser le peuple et ses décisions démocratiques et de vilipender la classe politique, d’invoquer l’Histoire pour un impossible retour en arrière ! Forcément, les Verts vous sont illisibles puisque nous tentons, sans nous prendre pour Kant rassurez-vous, d’appréhender notre réalité actuelle et son futur, en évitant simplifications et réductions, en tentant de faire face à la complexité d’un réel moderne (eh oui !), qui, comme Kant actuellement, continue à m’échapper. Du moins, aujourd’hui, je ne me décourage plus !

 

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21/02/2015

Patriote ou nationaliste?

 

Le Robert définit le patriotisme comme « amour de la patrie, désir, volonté de se dévouer et au besoin de se sacrifier pour la défendre… » et il précise que le « patriotisme diffère du nationalisme en ce qu’il ne suppose pas un culte exclusif de la nation ».

 

Pour le nationalisme, on trouve « exaltation du sentiment national, attachement passionné à ce qui constitue le caractère singulier, les traditions de la nation à laquelle on appartient » qui débouche sur « doctrine qui, fondant son principe d’action sur ce sentiment, subordonne, en politique intérieure, tous les problèmes (culturels, économiques, sociaux,…) au développement de la puissance nationale et rejette, en politique étrangère, toute association limitant la liberté d’action ou s’opposant à l’hégémonie de la nation ».

 

L’UDC est donc clairement, bien qu’elle se revendique du patriotisme, un parti nationaliste, exaltant de manière exclusive les valeurs de la nation helvétique. 

 

La dernière séance du Grand-Conseil genevois a permis de vérifier cette assertion. Il a été, en effet, question d’obliger les enseignants de l’école obligatoire à apprendre à leurs élèves l’hymne, ou plutôt le cantique national suisse, de même que l’histoire suisse et genevoise, chronologique et factuelle (comprenez aussi non critique).

 

Sans entrer dans le débat sur le bien-fondé des deux motions, je constate qu’un patriote aurait écrit des textes de type incitatif, visant à promouvoir les valeurs de notre pays, tout en admettant la diversité des contextes d’enseignement. Par exemple, est-ce pertinent d’apprendre le cantique suisse à une classe composée d’une majorité d’élèves allophones, issus d’autres cultures, d’autres religions ? Ou bien, est-ce raisonnable d’apprendre la chronologie historique à des jeunes élèves qui n’ont encore pas la capacité de construire mentalement le temps, comme les recherches en neuropsychologie le démontrent ?

 

Le nationaliste, lui, ne propose pas, il impose, il prescrit ! Et c’est ce qui s’est passé, pour les deux motions, au Grand-Conseil genevois. L’UDC a été rejointe par le MCG qui se droitise de plus en plus, sauf quand son leader massimo veut régler ses comptes avec le PLR, et, plus étonnant, par le PLR.

 

Cette majorité nationaliste a donc accepté ces deux motions, piétinant ainsi ce qui me paraît être l’esprit de Genève, marqué par l’ouverture, la prise en compte des différences et  une vision internationale des problématiques.  Le PLR a-t-il donc totalement tourné le dos à des valeurs qu’il a pourtant défendues de tout temps, notamment par son aile humaniste ? La majorité budgétaire qui dicte une économie rude pour les défavorisés débouche-t-elle sur une majorité idéologique nationaliste et conservatrice, pour ne pas dire réactionnaire ?

 

Je ne peux le croire et espère que le PLR saura se réveiller, fuir les sirènes, fussent-elles philosophiques,  d’une droite extrême qui n’est pas soluble dans l’esprit de notre canton.

 

13:13 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook | | | |