02/12/2015

Le nouveau road movie du PLR

Cher PLR,

J’espère que tu ne m’en voudras pas de te tutoyer,  user nos fonds de culotte sur les mêmes augustes sièges parlementaires, ça crée des liens et ça autorise à parler franchement. 

Alors donc, ton dernier road movie sur la mobilité est un véritable navet, désolé ! Entraîné par les nostalgiques d’Easy Rider et les derviches traverseurs de ton caucus, tu as sciemment rompu le compromis, patiemment négocié et élaboré par la sous-commission des transports au fil de plus de 20 séances de travail approfondi et sérieux.

Ton remake moderne de Fort Alamo dans lequel les méchants Indiens montés sur les vélos attaquent les 4x4 et les gros cubes des braves soldats, ta laïcisation d’un des 10 commandements « Le lac en voiture tu traverseras » t’ont permis de descendre en flèche l’adversité, tel Tom Cruise dans Top Gun !

Je me dois de te dire que ton scénario est navrant. Voici pourquoi :

Tout d’abord, tu démontres ainsi le peu de cas que tu fais du bien commun et pour quelles minorités sectorielles (motards et scootéristes, TCS) tu roules ! Pour les uns, il s’agissait de payer 20.- par année pour se garer au centre-ville, voilà une dépense somptuaire… Pour les autres qui réclament l’inscription de la traversée du lac, c’est d’autant plus idéologique que c’est inutile, puisque le peuple tranchera en 2016. En quoi ces deux amendements améliorent le projet pour la population ? Pourtant, selon la formule consacrée du début de chaque séance du Grand-Conseil, les députés doivent servir le bien de la République…

Ensuite, tu enterres l’occasion pour la politique genevoise de dépasser le stade politicien, celui des stratégies d’ego et de partis, pour parvenir, à l’instar de nos voisins vaudois, à partager une ligne directrice pour affronter un futur chargé d’incertitudes et d’obstacles. Nous voilà revenus à nos petites querelles, sempiternelles et improductives !

Enfin, tu affaiblis les chances que le peuple accepte le changement car il pourrait voter deux fois non, à l’initiative comme au contreprojet, et augmente les risques de te retrouver Grosjean comme devant si d’aventure et pourquoi pas, il acceptait l’initiative des Verts !

Cher PLR, arrête ton cinéma, retrouve certaines valeurs historiques que portaient le radical Guy Segond et le libéral Michel Halpérin par exemple, et de grâce, ne nous refais pas le coup de la co-production hollywoodienne avec le MCG à l’occasion du budget 2016 !

Bien à toi

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11/11/2015

Enfants gâtés?

Haro sur la manifestation des fonctionnaires et leur importante mobilisation, tant de la droite que des médias en général ! Comment osent-ils, privilégiés qu’ils sont,  s’opposer à l’effort « raisonnable » d’augmentation de travail de 2 heures hebdomadaires et de réduction linéaire d’effectifs de 5% en 3 ans ?

Premier argument : la fonction publique genevoise ne cesse de croître, 15% depuis 2010, 700 nouveaux postes dans le budget 2016. Est-ce donc la faute aux fonctionnaires ? Se reproduiraient-ils de manière spontanée et anarchique ? Voyons, un peu de sérieux ! L’augmentation des effectifs repose évidemment sur l’augmentation et le vieillissement de la population, Genève étant le centre urbain qui a connu la plus forte croissance démographique en Suisse ; il s’agit donc de faire face pour assurer les prestations en vigueur dans notre canton.

Deuxième argument : le salaire brut médian, 8666.-, rapporté à celui du privé genevois, 7042.-, et suisse, 7750. La différence repose sur le fait que l’Etat, qui n’a pas vocation de faire du profit sur ses employés, rétribue davantage les emplois peu ou moyennement qualifiés (nettoyeur, concierge, personnel administratif au niveau du CFC, etc.). En revanche, comme le démontre le tollé devant la prime payée aux 7 hauts cadres du département des finances, il se montre bien moins généreux que le privé pour les emplois à haute qualification. De plus, il faut remarquer la différence de 700.- entre le salaire médian genevois et le suisse ; elle démontre de manière peu flatteuse  comment le privé traite ses employés à Genève et pourrait donner à ceux-ci des raisons de revendiquer à leur tour… Dans le service public, on gagne donc plus dans certains métiers et moins dans d’autres à fort salaire. Est-ce donc choquant ou cela ne relève-t-il pas de la fonction sociale de l’Etat ?

Reste la caisse de pension, dans laquelle des sommes énormes sont investies, 800 millions déjà payés, 200 provisionnés et 140 annuels pendant 40 ans. Cette obligation de recapitalisation imposée par Berne a déjà produit un changement de prestations, revues à la baisse dans la nouvelle CPEG qui remplace l’ancienne CIA, « Rolls-Roys »  il est vrai des conditions de retraite. Faut-il encore revoir les conditions, reconsidérer la part employeur-employés ? La question est légitime, mais l’aborder exige, pour le moins,  la tenue de négociations avec les associations du personnel.

Or, le Conseil d’Etat, reprenant un projet de loi de l’UDC d’il y a 2 ans, n’a jamais discuté avec les représentant de la fonction publique de l’augmentation du temps de travail, ni d’ailleurs de la réduction linéaire de 5%. Est-ce que l’éditorialiste du Temps aurait également jugé « indécente » une grève des employés d’une entreprise dont la direction aurait abruptement décidé d’augmenter le temps de travail et de licencier 5% des employés ?

A l’évidence, tant le gouvernement que la droite et la plupart des médias ont trouvé à la fois la source des économies à faire et le bouc-émissaire responsable du déficit budgétaire et de la dette : la fonction publique. D’ailleurs les 2 seules petites mesures de ressources proposées par le CE sur la fiscalité  ont été balayées par la droite en commission des finances, confirmant cette volonté de faire passer seuls les fonctionnaires à la caisse. Et tant pis pour certaines catégories d’entre eux qui sont déjà à la limite de leurs possibilités, dans les secteurs de la santé, de la prise en charge sociale ou de l’enseignement !

Mais personne n’ose briser un tabou et poser la vraie question au peuple : voulez-vous maintenir les prestations publiques et donc nécessairement envisager une hausse fiscale proportionnée au revenu et à la fortune, ou, au contraire, renoncer à certaines prestations, et dans ce cas auxquelles ?

10:44 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

30/10/2015

Conformité ou conformisme?

 

 

Bien sûr que l’Usine doit être en conformité avec la loi, il ne peut en être autrement. Mais, dans les démocraties, les lois ne sont jamais totalitaires ; chacune d’elle autorise son interprétation, fondement même du travail des juges et des avocats. Donc, il est certain qu’à terme, les services du DES et l’Usine parviendront à un compromis sur l’interprétation de la LRDBHD qui sera acceptable par les uns et les autres.

 

La réaction politique de la droite en Ville de Genève va bien au-delà du souci d’arriver à une conformité acceptable par l’Usine ; elle tombe dans le champ de la tentation conformiste : jeunes, alternatifs, foireurs, tagueurs,  vous allez être punis par là où vous avez péché et nous allons vous remettre dans le droit chemin, vous montrer comment vous devez vous comporter, dénoncer vos dérives alcooliques ou fumeuses, bref, vous rendre conformes à l’image que nous voulons de vous.

 

Tenter d’éradiquer l’anticonformisme d’une partie de la jeunesse est bien mauvaise politique ! Il suffit de penser à tout ce que les mouvements de ce type ont apporté dans notre histoire, tant sur le plan politique (le féminisme par exemple) que sur le plan artistique (les surréalistes) ; ce serait réaliser une société de clonage générationnel, privée des forces vives créatives et inventives qui prennent naissance dans la nécessaire remise en cause du monde qui caractérise l’adolescence et les débuts de l’âge adulte (et qui se prolongent heureusement parfois bien au-delà !). Ce serait, en fait, figer toute possibilité d’évolution !

 

De grâce, cessons de vouloir que les jeunes nous ressemblent  (d’ailleurs est-ce souhaitable ?), arrêtons de vouloir leur faire la leçon avec le corollaire d’exacerber les tensions ! Laissons à la fois la jeunesse se faire et le compromis s’élaborer !

 

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