29/03/2018

Elise et moi* PDC, liste 5

Pourquoi envoyer Bugnion, et pas Tartempion, sur les bancs du Grand-Conseil ? Légitime question à laquelle je prends le risque de répondre.

Bon, voter pour quelqu’un, c’est conclure une sorte de contrat de confiance, souvent rompu par la suite, j’en conviens. Mais, sans présager de l’avenir, ce geste contient bien une attente partagée entre le citoyen et le candidat. Or donc, que pouvez-vous attendre de moi et qu’attends-je de vous ?


Tout d’abord, mon âge et ma formation d’historien m’ont rendu très méfiant envers les idéologies, de quelque couleur qu’elles soient. J’adhère à la définition qu’en donne Hanna Arendt (in Le système totalitaire) : « C’est un système d’interprétation définitive du monde, qui prétend tout expliquer de son passé comme de son futur, de manière irrécusable. Excluant d’être prise en défaut, elle s’émancipe ainsi de la réalité ». De ce fait, vous n’attendrez pas de moi une posture belliqueuse, arcboutée sur sa pensée, refusant de céder le moindre pouce de terrain. Bien au contraire, je m’engage à dialoguer, à chercher le chemin du consensus, à reconnaître d’autres arguments que les miens. En effet, je suis persuadé qu’un petit pas en avant, une amélioration, petite ou grande, mais pragmatique, vaut beaucoup mieux que faire du sur place !

Ensuite, mon horloge biologique me le rappelle, ma vie est bien plus derrière que devant moi. J’ai eu la chance de réaliser mes projets, tant professionnels que familiaux (3 fils, hélas pas de fille…), je n’ai donc pas d’ambitions personnelles en politique, hormis celle d’être reconnu. Cela me confère la liberté de parole et de pensée, un luxe politique ! Ce qui ne signifie pas que je vais voter contre mon parti, auquel je me dois d’être loyal, mais qui me permet d’exercer et d’exprimer mon esprit critique. Je ne serai pas un suiveur aveugle a priori, mais m’autoriserai à faire entendre ma voix, parfois discordante, au sein du parti. Comme je suis partisan de la concertation, je le suis aussi de la contradiction avant la prise de décision.

Enfin, une expérience de 38 ans m’a fait connaître en profondeur le monde de l’enseignement (de la première année du CO à la dernière du Collège, puis 14 ans de direction), mais surtout m’a maintenu alerte quant aux nouvelles générations, leurs aspirations et leurs problèmes. Ma réflexion législative est imprégnée du terrain et les conséquences de la politique sur celui-ci me questionnent toujours.

Un dernier point : vous trouverez ci-dessous mon profil Smartvote.  Mon appui mesuré à l’extension de l’aide sociale s’explique par ma conviction que notre système doit prendre en compte la responsabilité individuelle. Lorsque l’Etat se transforme en providence, qu'il arrose de manière systématique et généralisée, il prend un risque majeur : une forme rampante de déresponsabilisation s’institue qui peut amener sournoisement l’individu à une mentalité d’assisté qui croit de bonne foi que tout lui est dû. De ce fait, motivation et dynamisme en berne, c’est une personne qui subit plutôt qu’elle n’agit, qui râle et proteste plutôt qu’elle ne propose, qui se plaint plutôt qu’elle n’aide autrui, qui, en définitive, a rabaissé son estime personnelle et sa dignité propre. Bien sûr, il existe des situations dramatiques qui exigent une aide inconditionnelle, mais il y en a d'autres qui gagneraient à être conçues comme un partage d'efforts et de responsabilité.

Profil smartvote 2018.png

 

Mais vous, que pouvez-vous me donner, à part les jetons de présence (dont une partie va au parti) et la satisfaction égotiste d’être élu ?

Premièrement, la prolongation d’un sentiment qui m’est cher, le sentiment d’utilité. Il m’a accompagné toute ma vie, ayant préféré à une carrière dans une entreprise (dans laquelle mon père était directeur) le service public en général, l’enseignement en particulier. Et même durant les 4 ans où j’ai siégé, il était là, certes, inexistant lors des séances pleinières qui tiennent davantage du show, souvent mauvais, que d’un service à la collectivité ; mais je le retrouvais néanmoins dans le travail en commissions : celui-ci aboutit à des lois ou des décisions qui exercent un impact sur l’ensemble de la population. Travail indispensable et utile, du moins je l’espère !

Deuxièmement, l’occasion de tenir mon cerveau en activité. Lectures, rédaction de rapports, discussions et débats représentent une excellente gymnastique pour mes neurones, les gardent en pleine activité et permettent de retarder des ans l’irréparable outrage !

Alors, Bugnion, pragmatique et consensuel, esprit critique et loyal, homme de terrain qui croit à la responsabilité individuelle ? Tope là, ou pas !

*Chanson de 1975 de Pierre Groscolas, typique d’une époque !

13:12 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook | | | |

Commentaires

L'avantage de participer à ce genre de concours, c'est que vous pouvez toujours vous dire que vous faites partie des 5 % les plus honnêtes et les moins cons. Les autres candidats se chargent de faire terriblement baisser la moyennes de ce point de vue.

Écrit par : Votez Tartembugnion ! | 29/03/2018

Comment voter pour un homme qui change de parti ? Stauffer du MCG à GeM ou vous-même des Khmers Vert aux calotins ? Impossible ! Malgré tout bonne chance !!

Écrit par : Yvan Descloux-Rouiller | 29/03/2018

Je peux comprendre votre réaction, mais je crois que ma démarche est différente de celle de Stauffer. Lorsque vous vous sentez trop en marge des décisions prises par votre parti, vous en concluez que vous vous êtes trompé d'adresse. Ensuite, vous déménagez, c'est ce que j'ai fait.Merci pour votre souhait!

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 29/03/2018

Qui va tracer la limite, et avec quels criteres objectifs, entre assistanat déresponsabilisant et aide nécessaire? Question épineuse tant au niveau intergouvernemental (aides au développement) qu`a celui d`un gouvernement local tel celui de geneve.

Écrit par : JJ | 29/03/2018

Une chose dont on ne parle jamais lors des élections genevoises: l`importance du travail en équipe et donc la nécessité qu`il y aurait de prendre en compte les profils psychologiques des élus qui vont avoir a travailler ensemble pendant un bon moment. La question se pose moins dans un gouvernement "conventionnel", tel celui de la France par exemple ou les président et premier ministre peuvent en principe a tout moment modifier leurs équipes. On a bien vu comme, dans le gouvernement genevois sortant, la présence de cinq personnalités dominantes (de type "alpha male" comme disent les anglo-saxons) a réussi a perturber plus d`une fois le fonctionnement du Grand Conseil.

Écrit par : JJ | 29/03/2018

Difficile votations.

Fort Heureusement, de Hongrie nous vient JJ l'expate, qui en long en large en travers s'incruste sur blogs TdG, ici pour nous dire comment penser voter, car il nous livre ses préceptes de "gouvernement conventionnel" et de "travail d'équipe" - Exceptionnel! un tel conseil. vraiment. pour un si petit canton, dans un si petit pays

DIP resté malade, rien d'autre que la forme n'a bougé. JM Bugnon, vous vous voyez au DIP? OK pour moi, avec applaus,

si Maudet disparaît, avec Sami Kanaan et ses subventions & spectacles dédiés aux frontaliers, si Poggia n'est plus au mal-social ni ailleurs, si les listes EàG + PS + div gauches ne sont plus au pouvoir à disposer des finances au gré des zamis d'islamo-terrorristes.

Un seul Bravo, à Dal Busco; que Salerno accepte la modestie, devienne réaliste.
Dommage, Niedegger n'a quasi aucune popularité.

Écrit par : divergente | 29/03/2018

Avec votre série sur la séduction a l`école vous avez perdu toute chance d`etre élu. Vous prétendez etre loyal, mais vous avez trahi votre premier parti qui vous avait permis d`etre élu et donc connu. Vous etes un transfuge et une girouette. Vous parlez de concertation, mais les exemples que vous avez donnés de vos choix montrent au contraire quelqu`un qui se contrefiche de la concertation.

Sur la séduction, je note le commentaire suivant d`une lectrice de votre blog:

"Votre prose qui défend le pouvoir de séduction des enseignants sur les élèves est irrecevable. Elle n'est pas digne d'un ancien directeur de Cycle d'Orientation ni d'un député au Grand Conseil. Et elle est par ailleurs truffée de messages subliminaux. Auriez-vous quelque chose à dissimuler ou quelqu'un à couvrir ? Ceci est une boutade bien évidement !"

http://jmbugnion.blog.tdg.ch/archive/2017/11/09/le-piege-de-la-seduction-287655.html

Mon petit doigt me dit que ce n`est pas une boutade et qu`il n`y a pas de fumée sans feu. Vous étiez dans le meme cycle que Tariq Ramadan et donc vous deviez savoir ce qui se passait. Impossible dans ce milieu de garder des secrets. Trop de professeurs, trop d`éleves, trop de parents.

Alors dites-nous les yeux dans les yeux qu`il n`y a jamais rien eu qui pourrait vous mettre dans l`embarras.

Écrit par : A la bonne heure | 29/03/2018

Peut-être avez-vous raison sur mes chances d'être élu. Je constate toutefois que l'idée de la séduction, inhérente à l'acte d'enseigner, fait depuis son chemin, le derneir article d'hier, je crois, de la TdG, l'atteste. Séduction charismatique et intellectuelle, il s'entend, mais qui risque de mener vers le piège que j'ai voulu dénoncer. Libre à vous de me qualifier de girouette, je me trouve au contraire cohérent avec moi-même d'avoir démissionné d'un parti dont les positions se sont de plus en plus éloigneés des miennes. Quant à votre petit doigt, ce serait lui faire trop d'honneur que de lui répondre. Qu'il sache simplement que j'ai bonne conscience; vous aussi, alors que vous postez une intervention qui frise la calomnie sous un pseudo qui ne permet pas de vous identifier?

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 30/03/2018

Bien répondu, monsieur Bugnion. Un meme mot pouvant avoir plusieurs significations, il suffit d`un peu de mauvaise volonté pour en détourner le sens. La séduction charismatique est un élément éternel de l`enseignant et pas seulement a l`école; les entraineurs sportifs, par exemple le savent bien. Cette séduction charismatique est également primordiale en politique puisque les électeurs votent autant pour la personnalité de l`élu que pour ses idées. Si la séduction charismatique aboutit parfois a une séduction sexuelle ou a l`élection d`un dictateur sanglant, elle ne se réduit pas a ces dérapages. Personnellement, je voterais volontiers pour vous, monsieur Bugnion, car l`intelligence de l`esprit et du coeur sont des séductions trop rares dans le monde politique.

Écrit par : JJ | 30/03/2018

J'avoue ma surprise de trouver 7 PDC dans les dix premiers candidats au GC de mon Smartvote, dont les trois premiers. Vous êtes placé en sixième position.
Bon vent Monsieur Bugnon !

Écrit par : Pierre Jenni | 30/03/2018

Et 44 PDC sur les 100 ! Je ne me savais pas si raisonnable.

Écrit par : Pierre Jenni | 30/03/2018

@ Pierre Jenni: j'en déduis que je suis enfin arrivé à l'âge de raison. Pas trop tôt au vu du nombre de kilomètres qu'indique mon compteur! Merci du soutien!

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 30/03/2018

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