26/02/2018

Une belle histoire

Il y a une quarantaine d’années, j’enseignais le français dans une classe de 8ème au CO (actuellement 10ème Harmos). Silvia était arrivée d’Argentine trois ans auparavant et comettait évidemment beaucoup de fautes d’orthographe. Mais déjà, elle faisait preuve d’un style étonnant à cet âge et surtout, d’un intérêt, d’une appétence pour les textes remarquables. Durant celle année-là, elle a travaillé véritablement d’arrache-pied, en plus de ce que l’école lui demandait, écrivant de nombreux textes spontanément, me les montrant pour que je les corrige. Détail amusant : si elle était la meilleure élève de la classe sur le plan de la créativité et de l’imagination, Joanna, venue de Finlande  4 ans auparavant, remportait, elle, la palme du français technique (orthographe, grammaire, analyse).

Mais, au début de l’année suivante, la famille dut quitter Genève et rentrer à Buenos-Aires ; ce fut, pour Silvia, une déchirure, et, pour moi, la tristesse de perdre une passionnée de l’écriture. En guise d’au revoir, je lui ai fait découvrir la vieille ville et lui ai raconté l’histoire de Genève.

Le temps a coulé sous le pont du Mont-Blanc et sous « el puente de la Mujer », Silvia a mené de brillantes études et est devenue une journaliste littéraire, très connue et appréciée, animant de nombreuses émissions, écrivant de belles chroniques, faisant véritablement vivre la littérature, là-bas, tout là-bas. Comme nous sommes restés en contact, ce matin, je suis resté bouche bée devant son mur :

livre silvia.jpgLe livre sera disponible en librairie dans trois jours ! Appréciez le titre et l’illustration, de saison ! Imaginez ma joie de voir se concrétiser pleinement un travail d’écriture entamé 40 ans en arrière, avec le privilège d’en avoir été le témoin originel et celui, encore plus fort, de constater à quel point l’élève a dépassé le maître !

Cette belle histoire porte en elle plusieurs enseignements (c’est le cas de le dire !)

Premièrement, le métier de prof réserve des joies incroyables, car il permet de transmettre un goût, un intérêt, une passion pour les arts, les langues ou les sciences. J’ai vraiment eu la chance de le choisir !

Deuxièmement, une politique de fermeture des frontières n’est pas seulement un appauvrissement économique, mais aussi et surtout un appauvrissement humain et culturel.

Troisièmement, il est indispensable de garantir un niveau élevé de notre enseignement, en offrant une formation pédagogique de qualité et une confiance dans les rouages du DIP qui autorise les initiatives personnelles ou locales des enseignants. A trop codifier, trop réglementer, trop politiser, on va figer les acteurs dans des rôles stéréotypés et stériles.

Enfin, qu’on le veuille ou non, Genève, provinciale par certains côtés, possède une dimension internationale et porte son nom bien au-delà de notre pays. Que les défenseurs actuels (ou futurs) des petits prés carrés ne le négligent pas !

18:02 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (18) | |  Facebook | | | |

15/02/2018

Ces salauds de riches!

Malin le candidat Zakarias de provoquer en créant un lobby des très riches et en dénonçant le prétendu exode fiscal de ceux-ci (qui n’est pas prouvé) ! Ça n’a pas fait un pli, la gauche toute est tombée dedans à la vitesse de l’éclair ! EàG lance un concours stupide (échanger 1 jour de sa vie avec un riche) et ressort son bréviaire marxiste, le travail est le principal générateur de richesses. Mais quel travail existe sans les capitaux ? A l’évidence, les deux sont liés et donner à l’un ou à l’autre la prédominance n’est que posture idéologique ! Un député PS clame sur les réseaux sociaux sa honte devant les paroles du ministre des Finances qui estime que l’impôt genevois sur la fortune est trop élevé et que l’assiette fiscale à 83% pour les nantis est trop lourde. On peut partager ou non cette opinion, mais le bon sens commande que considérer comme pesante une contribution fiscale à cette hauteur n’a vraiment rien de honteux ! A l’évidence, ces réactions fleurent bon la basse démagogie et la stratégie à 2 balles électoralistes !

Mais il y a pire ! J’aimerais rappeler qu’être riche est un état extérieur à la personne, qui ne dit rien de sa personnalité ni de son être. Il est donc fascinant de voir certaines forces de gauche utiliser la même généralisation abusive, la même réduction à une caractéristique extérieure à la personne humaine à l’encontre des riches que celles qu’elles dénoncent à l’UDC contre les étrangers ! Décidément, créer des têtes de Turc ou même des boucs-émissaires n’est pas l’apanage d’un parti de droite dure, flatter l’électorat dans ses sentiments négatifs – peur de l’étranger, envie du riche – paraît ne plus poser de problèmes éthiques en politique !

 De surcroît, je trouve personnellement la stratégie mauvaise : vilipender en bloc les riches, c’est diviser la société entre bons et méchants, renforcer les clivages et les affrontements politiques au détriment de la recherche du bien commun. Comme le dit M. Dal Busco, il y a nécessité urgente de se rassembler autour des grands défis,(autrement plus importants que ma jalousie de ne pouvoir conduire une Ferrari), comme PF 17 ou la réforme de la CPEG. De plus, caricaturer les riches revient à les pousser dans les bras du candidat Zakarias et à alimenter son fonds de commerce, politique ou personnel.

 

11:39 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |