04/03/2017

Nationalisme, le retour?

La position de Benoît Genequand contre la libre circulation des personnes participe évidemment du courant nationaliste qui a le vent en poupe et traverse une bonne partie des pays à l’heure actuelle : la vague bleu Marine, les 5 étoiles, le trumpisme ou les partis d’extrême droite scandinaves partagent avec l’UDC suisse le slogan  « les nôtres d’abord ! » et la détestation de l’économie libérale ainsi que des élites, sourdes aux préoccupations du peuple.

La critique est partiellement fondée et doit être entendue, d’ailleurs elle l’est amplement ! Mais la posture qui la soutient pose à mes yeux problème. Le nationalisme, à ne pas confondre avec le patriotisme qui incarne l’amour de sa patrie, est une théorie politique qui affirme la prédominance de l’intérêt national par rapport aux intérêts des classes et des groupes qui constituent la nation ou par rapport aux autres nations de la communauté internationale. Un bel exemple est donné par l’initiative « Le droit suisse au lieu des juges étrangers », sur laquelle nous serons appelés à voter, dont l’application entraînerait la dénonciation des traités internationaux en cas de conflit d’obligations entre le droit suisse et le droit international. Par exemple, un traité économique ou scientifique pourrait être dénoncé au détriment des entreprises d’exportation helvétiques ou de la communauté scientifique, comme des autres pays signataires.

On le voit, l’exercice de la théorie nationaliste présuppose deux éléments : d’un côté, la non prise en compte d’intérêts sectoriels soumis à l’intérêt national et de l’autre, une constante mise en concurrence des différents pays. Or, la Suisse, formée de 4 populations différentes avec 4 langues et cultures différentes, est forcément non compatible avec le sentiment nationaliste, celui de former une communauté nationale en fonction des liens (langue, culture) qui unissent ses citoyens ; en effet, c’est la nécessité de prendre en compte l’ensemble des intérêts différents, voire divergents, de nos 4 régions et la recherche constante d’un compromis entre raison d’Etat et raisons particulières qui nous a permis de traverser l’histoire, sans que n’éclate notre Confédération. En revanche, le nationalisme, apparu à la fin du XVIIIème siècle, a jeté les Etats-nations européens en une compétition féroce, d’abord colonisatrice, agrandissant ainsi leur force et leur puissance, ensuite guerrière au travers de deux guerres mondiales, la seconde résultant de la frustration nationaliste allemande.

Le discours de Benoît Genequand, comme celui de l’UDC, véhicule donc un risque majeur, celui de chanter une époque où chaque pays devait s’imposer, intérieurement comme extérieurement, gonfler au maximum ses muscles pour servir l’idéal de Nation, avec le corollaire inévitable de conflits internes et internationaux. Dans une telle compétition, la petite Suisse, avec son absence de matières premières, son économie d’exportation (un franc sur deux vient de l’étranger), la petitesse de son marché intérieur et le vieillissement de sa population qui ne peut être atténué que par une immigration conséquente, serait, ma foi, fort mal placée…

17:37 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (31) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Et c'est qui qui dit ça ?
Un petit enseignant sur son marché protégé ou un petit enseignant a la retraite qui n'a plus rien a voir avec le marché du travail ?

Écrit par : C. Martel | 05/03/2017

Parce que, pour vous, la valeur d'une idée se juge à l'aune de l'enveloppe corporelle qui l'émet?

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 05/03/2017

Action/réaction! Il y a 55 zones de non droit en Suède, combien en France combien partout en Europe, et la volonté de cacher les violences et les trafics mafieux, en Suisse on est bien placé pour en parler puisque tous ses trafic sont libres!

Écrit par : Dominique Degoumois | 05/03/2017

Très bon article ceux qui avaient la nostalgie du passé seront enchantés
Leurs petits enfants vivront comme eux ,pas d'habit de rechange avant que l'autre ait fini de les porter après avoir grandi ,des légumes arrosés avec nos fientes passant dans des canalisations reliées au puit contenant l'eau d'arrosage et récolte des métaux non plus dans les décharges publics mais des voitures usagées pour obtenir de l'argent en retour afin de pouvoir acheter du tissu pour faire des habits
Tandis que nombre de femmes et mères pourront re-faire le trottoir pour assurer les fins de mois
Sans compter les lourds tricounis portés par les gosses pour aller vendanger et devoir supporter des engelures par moins 4 degrés ,tout ceci pour obtenir quelque argent de poche afin de payer la pension aux parents
Qu'on est heureux de savoir les perspectives d'un éventuel futur réservé aux viennent ensuite
Dans le temps certains planaient souffrant d'un manque de tout aujourd'hui les politiciens et autres utopistes planent grâce à un trop plein de tout
Mais au fait j'y pense pour obtenir des céréales ou autre qu'échangera alors la Suisse avec l'Allemagne pour nourrir les estomacs des citoyens Suisses?
Si c'est ce à quoi méne l'intelligence artificielle on ne peut que remercier le ciel d'étre né à une époque ou il n'y avait rien afin de nous permettre d'évoluer en tant qu'humain responsable de ses actes et non consommateur de technologies qui tuent l'intelligence et le raisonnement
Très bon dimanche pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 05/03/2017

La frustration actuelle n'est pas allemande elle est islamiste. Les élites n'ont toujours pas compris que les nationalismes sont l'expression d'un malaise que seul les peuples peuvent ressentir. L'internationalisme dont vous vous faites le chantre passe par le sacrifice des identités nationales. "Le cœur a des raisons que la raison de connait pas" Rester sourd à son cri fini par le rendre assourdissant.

Écrit par : norbert maendly | 05/03/2017

Que la menace représentée par les extrémistes musulmans (qui ne ont qu'une petite minorité) fasse peur et renforce le patriotisme est logique.
Que les élites ne fassent pas partie du peuple et soient donc incapables de le comprendre ne l'est plus. Ici, c'est de la rhétorique politique qui suit un but précis: opposer les uns à l'autre pour les discréditer et gagner des voix.
Taxer d'internationalisme, une position qui rappelle que la Suisse est composée de 4 entités différentes, vouées à négocier pour rester unies, est simplement faux.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 05/03/2017

Sur youtube (Les écoles clandestines musulmanes en France) entre victimisation, racisme imaginaire et provocations! Les enseignants, de moins en moins nombreux, qui travaillent dans les zones dites prioritaires, se retrouvent avec une majorité d'élèves qui remettent tout en question, pour eux tout se réfère au coran! La terre pour eux n'a que 6000 ans, allez leur expliquer qu'il y a 150 millions d'années il y avait une mer tropicale à la place du Jura, et qu'il y avait des dinosaures, ils vous diront que c'est faux, et c'est comme ça pour tout! Alors on ne trouve plus de professeurs pour ses écoles, et les parents s'en plaignent!

Écrit par : Dominique Degoumois | 05/03/2017

Que cache la remise en question de la libre circulation ? Rien moins que la mise en cause d’un modèle qui a fait flores en Occident depuis la fin de la guerre, un modèle exacerbé par les requins Deng Xiaoping, Reagan et Thatcher dans les années quatre-vingt : le néo libéralisme. Le laisser faire sans régulation des marchés partout sur la planète est en train de battre de l’aile. Ce modèle est manifestement à bout de souffle, les peuples n’en veulent plus, mais le capitalisme s’y accroche, et les partis politiques sont déchirés entre leurs ailes économique et patriote. Passionnant. Le néo libéralisme est de droite et c’est la droite qui aujourd’hui le pourfend (la gauche le fait depuis toujours). La gauche, pour le moment se tait, car elle, est plutôt pour la libre circulation, pas pour des raisons économiques, mais de principe. Et elle regarde la droite se fissurer lentement à cause du problème. En Suisse, le PLR est un bon exemple. Chantre de l’économie, il a toujours défendu mordicus la liberté des marchés et la mondialisation, mais le 9 février est passé par là : le rejet par soixante pour cent des Suisses de la nouvelle imposition des entreprises. Depuis, le monde n’est plus comme avant, la droite se pose enfin des questions. De bonnes questions ? C’est là le problème. Il ne lui viendrait pas à l’idée que le problème est plus profond qu’il n’y paraît. La classe moyenne aujourd’hui a peur et pourrait bien se tourner corps et âme vers la gauche (bien plus protectrice) si la droite déconne trop. Cette menace est prise au sérieux, et les néo libéraux sont dans leurs petits souliers. L’hypocrite Genecand l’a bien compris, il sort du bois et se place résolument du côté du peuple quitte à fracturer définitivement son parti. Car, qu’on le veuille ou non, les marchés subsisteront. Mais ce que demandent les peuples n’est rien moins que plus d’Etat, un Etat protecteur, et plus de justice sociale. L’Etat est seul garant de ces équilibres, d’où la peur des libéraux qui comprennent enfin qu’il va leur falloir mettre de l’eau dans leur vin. Et, à ce titre, la loi qui sortira prochainement des Chambres sur la prévoyance sociale sera révélatrice du nouveau monde qui est en train de se dessiner sous nos yeux. Car des libéraux on en trouve sur tout l’échiquier, de droite à gauche, leur libéralisme économique est à la solde des actionnaires et non des peuples. C’est de la dynamite. Les libéraux de tous les partis vont devoir choisir entre une économie débridée ou des protections sociales qui forcément rogneront sur les marges et les places de travail. Un dilemme cornélien. Dont l’issue reste bien incertaine.

Écrit par : asger | 05/03/2017

Je partage votre analyse: le PLR est désormais, après l'échec de RIE III, au pied du mur et sa façon de réagir va fortement influer, dans un sens ou un autre, la politique suisse.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 05/03/2017

Je constate, Cher Monsieur, que le fait de dénoncer les dangers du nationalisme vous fait passer pour, à choix, un nanti, un mauvais suisse, que sais-je encore, un pro-européen...
Il n'est guère aisé de vouloir essayer de démontrer que le nationalisme est sournois et n'apporte, à terme, que des misères. C'est seulement lorsque l'on constate les dégats du nationalisme que les peuples réalisent enfin qu'ils sont allés trop loin.

Le mot de F. Mitterrand est assez éclairant à ce sujet : la nationalisme, c'est la guerre.

Écrit par : Michel Sommer | 05/03/2017

Je ne comprend pas votre logique d'élu Vert.
La Suisse est déjà très peuplée. Le but a atteindre est non un accroissement de la population mais à une stabilisation.

Le système de retraite ne doit pas se fonder sur un accroissement exponentiel de la population pour payer la retraite des aînées.

La qualité de vie devrait être une préoccupation des Vert. Ce n'est pas l'augmentation des bouchons, de la pollution, de la population qui aide.

Je suis 100% avec vous sur le oui au patriotisme qui cherche le mieux pour la Suisse sans discrimination politique, de race.
Et non au nationalisme, qui en désignant les "bon/vrai" suisse, est la lèpre qui ronge l'unité du pays.

Écrit par : motus | 05/03/2017

Je ne suis pas opposé à la régulation, je dis juste qu'elle doit être négociée et non imposée unilatéralement.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 05/03/2017

"je dis juste qu'elle doit être négociée et non imposée unilatéralement."C'est ridicule : l'UE ne veut pas en discuter avec la Suisse. Ridicule ou de mauvaise foi...

Écrit par : Géo | 05/03/2017

"Que la menace représentée par les extrémistes musulmans (qui ne ont qu'une petite minorité) fasse peur"
Ce n'est qu'une petite minorité, mais elle évolue comme des poissons dans l'eau dans son peuple de musulmans soit-disant modérés. C'est ça le problème...

Écrit par : Géo | 05/03/2017

@ bugnion Vous vous placez en parangon de vertu il semble toutefois que vous ayez de petits problèmes avec les faits...

Les partis qui soutiennent vos idées ont en décembre renversé la souveraineté du peuple suisse, confisqué et bâillonné la parole de 1'463'854 suisses...

Et vous venez nous expliquer le nationalisme, la dictature, la violence politique, etc..

Mais les faits disent autre chose Mr Bugnion,la dictature, ceux qui confisquent la parole du peuple, c'est vous aujourd'hui.


Quant à vos propos sur le nationalisme, ils sont aujourd'hui totalement inconsistants, toute décision politique à l'intérieur d'un système est par définition nationaliste et cherche d'abord à défendre les intérêts de sa propre nation, à moins bien évidemment qu'elle cherche à privilégier d'abord les autres systèmes... Et juste pour votre gouverne il est largement démontré que l'UE du point de vue interne et externe fonctionne sur un mode hypernationaliste, qui n'est jamais que le stade ultime que l'on nomme impérialisme...

Les nationalismes d'hier que vous décrivez étaient en réalité des impérialismes, le nationalisme d'aujourd'hui est autre chose, c'est la réponse et la défense de petites nations comme la Suisse contre l'hyperimpérialisme de l'UE que vous défendez.

N'avez vous pas remarqué que les deux grandes nations impérialistes qui cherchent à imposer leur pouvoir sur toute l'Europe, qui l'ont mise hier plusieurs fois à feu et à sang, la France et l'Allemagne, axes de l'UE, sont les premières à chasser le nationalisme aujourd'hui, comme c'est bizarre... Si vous n'avez pas compris que l'UE est un système impérialiste avec au milieu la France et l'Allemagne qui dictent la loi et profitent des pays périphériques, alors vous avez un petit problème... regardez ce qu'ils ont fait à la Grèce, il y a des personnes âgées qui dorment aujourd'hui dans la rue !

Les faits c'est que les gens comme vous ont défendu en Suisse un Coup d'état, le refus d'appliquer le retour de notre pleine souveraineté migratoire face à l'UE, face à l'hyperempire de la France et de l'Allemagne.

Et pour cela vous avez maintenant mis en place le début de la dictature en Suisse en confisquant la parole du peuple qui a voté le 9 février !

C'est vous la dictature Mr Bugnion. Et ça ce sont les faits. Ce n'est pas nous qui avons violé la Constitution.

Écrit par : Michel Piccand | 05/03/2017

Non pas nationalisme, mais reprenons la main, légiférons nos politiques économiques "raisonnées" (à la manière d'une agriculture raisonnée, aux performances surpassant l'agriculture industrielle pour production de masse)

vs une "libre circulation folle" imposée par lobbies au parlement UE/Schengen, hors contrôles

"la loi qui sortira prochainement des Chambres sur la prévoyance sociale sera révélatrice du nouveau monde qui est en train de se dessiner sous nos yeux", rappelle Asger

"Le système de retraite ne doit pas se fonder sur un accroissement exponentiel de la population pour payer la retraite" souligne motus

D'accord avec vos lignes de réflexion
cf "qui payera", Propositions de Bruno Hubacher, mes qq exemples de situation
http://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2017/03/02/qui-paiera-282465.html

Écrit par : divergente | 05/03/2017

@ divergente: merci pour votre apport, constructif et intéressant, en particulier le blog de Bruno Hubacher!

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 05/03/2017

Ce que j'en dis, c'est que c'est facile d'avoir "des idées" quand on n'est pas personnellement confronté aux résultats qu'elles ont sur le marché du travail.

Écrit par : C. Martel | 05/03/2017

@ Michel Piccand: Quelle outrance dans les propos et quelle vision manichéenne de la réalité d'un monde, pourtant si complexe que la simple opposition blanc/noir, bon/méchant ne permet pas d'appréhender. Vous êtes partisan de l'Alleingang, c'est votre droit. Mais défendez-le avec davantage de nuances si vous voulez être entendu par d'autres que les convaincus!

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 05/03/2017

- « Nationalisme, le retour? »

Internationalisme, le départ ?


- « Je ne suis pas opposé à la régulation, je dis juste qu'elle doit être négociée et non imposée unilatéralement. »

Allo ! Monsieur Bugnon!

Il n'y a plus rien à réguler !

C'est déjà tout dérégulé ...

https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9r%C3%A9gulation
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dette#Critique_de_la_d.C3.A9r.C3.A9gulation


... dématérialisé ...

https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mat%C3%A9rialisation
https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods


... déprécié ...

https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9pr%C3%A9ciation
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dette
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dette#Dette_publique_2


... dépossédé ...

https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9possession#Les_d.C3.A9possessions_dans_l.27Histoire


... libéré ...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Abolition_de_l%27esclavage


... que faute de machins matériels à s'échanger, ... la propriété est devenue inutile ...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Propri%C3%A9t%C3%A9
https://fr.wikipedia.org/wiki/Propri%C3%A9t%C3%A9_personnelle
https://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_de_propri%C3%A9t%C3%A9


... et que si la propriété est devenue inutile, ... l'économie aussi,

https://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_guerre_de_l%27opium#Le_commerce_ext.C3.A9rieur_de_la_Chine_avant_les_guerres_de_l.E2.80.99opium


... et que faute d'argent de valeur, et faute de biens de valeur à s'échanger, il ne reste plus qu'à s'échanger des politesses, ... des idées, ... et des services à la personne, ... écologiques, ... recyclables, ... bio-dégradables, ... pour un développement durable, durable, durable ...

Écrit par : Chuck Jones | 05/03/2017

@Chuck Jones: waouh, quelle rafale de wikiréférences, même si je doute que la conquête de l'Amérique ou l'abolition de l'esclavage soient ici pertinentes! Et quelle ironie mordante! Bon, alors, que proposez-vous?

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 05/03/2017

"pour un développement durable, durable, durable"
Un développement même durable reste un développement, c'est-à-dire une croissance et donc une catastrophe. Quelqu'un a dit que la croissance économique était nécessaire sinon, vu que la population augmente, il y aurait moins pour tout le monde. C'est donc bien la croissance de la population qui est le facteur qui conduit à la catastrophe, tôt ou tard. Je suis de l'ultra-gauche, celle qui réclame une diminution de la population et donc la réorganisation de la société autour de se nouvel objectif. Une régulation oui, mais négative. On se plaint que les couples ne font plus d'enfants, ce qui permettrait de simplement renouveler la population. A qui la faute? Au manque de crèches, aux salaires insuffisants. Un enfant en Suisse coûte cher. Au moins 250.000 francs. Pourquoi ce coût doit-il être essentiellement supporté par les familles? Parce que cela coûte moins cher au patronat d'importer de la main d'oeuvre bon marché, déjà adulte, et dont les frais d'éducation ont été assumés ailleurs. On épargne sur les salaires, sur les places de crèches et d'écoles. Tout bénéfice.
Tout le monde cite Jaurès, mais personne ne l'écoute:
"un peu d’internationalisme éloigne de la patrie ; beaucoup d’internationalisme y ramène."
A lire ici: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article57
L'internationalisme cela consiste à dénoncer et à stopper l'impérialisme et le colonialisme qui continuent à vivre des jours heureux. Les pays pauvres sont pauvres parce que leurs richesses sont accaparées par les pays du nord grâce à une élite corrompue qui pille leurs propres pays et place leurs milliards dans les banques du nord. Quand les ressources halieutiques de l'océan atlantique sont détruites par des flottilles de pêche des pays du nord, que reste-t-il aux pêcheurs de la côte atlantique, sinon l'émigration? Quand les terres des pays pauvres servent à nourrir et à habiller les populations des pays du nord, que reste-t-il aux paysans ruinés? Ces pays meurent par manque de nationalisme, par soumission aux globalistes. Les globalistes ne sont pas nationalistes: leurs proies sont le monde entier sans distinction de frontières. Les globalistes veulent la soumission des nations à leur volonté hégémonique sans partage. Chaos, destruction sont les conséquences. Les pays soumis aux globalistes ne sont indépendants que pour la façade. Comme disait Rotschild: "Let me issue and control a Nation's money and I care not who makes its laws." C'est ce qui se passe avec le dollar, c'est ce qui se passe avec l'euro: des abandons de souveraineté. La Suisse s'est soumise à la domination américaine comme elle se soumet à l'impérialisme de l'Union Européenne au point de perdre sa neutralité. La gauche socialiste de tous les pays européens a trahi. Un véritable internationalisme consiste à faire en sorte que les forces vives des pays pauvres restent chez eux pour conduire à l'indépendance de leurs pays et non pas à ouvrir les portes par une sensiblerie très mal placée qui contribue à maintenir les dominations. Bossuet:
"Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes." Chaque pays a le droit de défendre ses intérêts. Et si tous le font, tous s'en porteront mieux.
Jaurès encore:
"Mais ce qui est certain, c’est que la volonté irréductible de l’Internationale est qu’aucune patrie n’ait à souffrir dans son autonomie. Arracher les patries aux maquignons de la patrie, aux castes du militarisme et aux bandes de la finance, permettre à toutes les nations le développement indéfini dans la démocratie et dans la paix, ce n’est pas seulement servir l’internationale et le prolétariat universel, par qui l’humanité à peine ébauchée se réalisera, c’est servir la patrie elle-même. Internationale et patrie sont désormais liées. C’est dans l’internationale que l’indépendance des nations a sa plus haute garantie ; c’est dans les nations indépendantes que l’internationale a ses organes les plus puissants et les plus nobles."
Ceux qui dénoncent la volonté d'indépendance des peuples, par exemple en dénigrant systématiquement leur volonté de récupérer leur pouvoir de décision, au nom de je ne sais quelle chimère, sont prêts à vendre leurs droits pour un plat de lentilles.

Écrit par : Caramba! | 05/03/2017

@ Caramba! : je constate l'accord des extrêmes pour un souverainisme isolationniste. Désolé, je reste convaincu que ses conséquences seront pires que celles d'aujourd'hui et persiste à penser qu'il faut s'attaquer à celles-ci plutôt que se lancer dans l'aventure du Grand Soir!

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 05/03/2017

Absolument rien n'est durable sur Terre, et ça fait près de 5 milliards d'années que c'est comme ça! Pour le reste c'est du blabla d'opportunistes/écologistes, qui tous les week end prennent (easy jet) pour aller voir boire des cafés et voir des expositions d'art moderne, aux 4 coins de l'Europe!

Écrit par : Dominique Degoumois | 05/03/2017

- « je doute que la conquête de l'Amérique ou l'abolition de l'esclavage soient ici pertinentes ! Et quelle ironie mordante! Bon, alors, que proposez-vous? »

Se construire une réserve, comme les amérindiens en Amérique, ou les aborigènes an Australie, ou les éléphants en Afrique, enfin ceux qui restent ?

Ou un ghetto avec des murs en béton durable ? Comme à Jérusalem ? Ou à Gaza ?

Ou un ghetto avec des tours en béton durable ? Comme dans certaines banlieues européennes, ou chinoises, ou japonaises ?

Écrit par : Chuck Jones | 05/03/2017

Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas lire. Vous restez prisonnier de vieux schémas de pensée dans un monde en pleine transformation qui court à sa destruction par appât du gain. Ai-je parlé de Grand Soir? Non, uniquement votre préjugé, incapable de s'adapter à une réalité nouvelle. Les Grands Soirs, c'est ce qui s'est passé en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie et en Ukraine. La guerre et le chaos. Avec les Etats-Unis et l'Allemagne toujours à la manoeuvre. C'est vous qui êtes un extrémiste isolationniste, vous voulez continuer à isoler les élites des peuples et à tout faire pour ne pas respecter les décisions prises par le souverain. Les peuples commencent à comprendre et ne se laissent plus autant manipuler par les promesses de types de votre genre. Et après vous allez encore vous prétendre démocrate? Vous pouvez être convaincu de ce que vous voulez du moment que vous respectez les décisions du peuple. Je peux me poser des questions quand un député Vert ne voit pas où nous mènent les globalistes. Relisez Jaurès. Lui non plus ne parle pas de "Grand Soir". Mais quelle pensée figée est la vôtre!

Écrit par : Caramba! | 05/03/2017

@ bugnion Quelles nuances ? Celles qui consistent à parler "d'application light" du vote du 9 février ? De "solution satisfaisante trouvée grâce à la loi d'application" ? Alors que rien de ce qui a été voté par le peuple n'est appliqué, strictement rien. Qu'il n'y a pas de loi d'application et que c'est juste du vent, de la démagogie.

Ah oui les nuances. Avec les nuances des nuances on peut faire beaucoup de choses Mr Bugnion, manipuler les concepts jusqu'à pouvoir leur faire dire tout et leur contraire, et faire croire ce que l'on veut à son interlocuteur, les sophistes au sens péjoratif du terme y excellaient. Même faire croire que son interlocuteur est outrancier !

----

"le 16 décembre on avait violé la constitution des Suisses et ils vinrent ensuite avec outrance s'en plaindre, vous vous rendez compte ! Ils ne comprenaient rien aux nuances, des êtres vils et manichéens, ce n'était pas un Coup d'état, on avait juste pris leur vote et on ne l'avait pas appliqué pour le mettre à la corbeille, nuance, ce n'est pas la même chose. Ces gens peu nuancés ne comprenaient rien."

Rem. Constitutionnellement ce qui s’est passé est un Coup d’Etat Mr Bugnion.

----

En 1999 la libre-circulation des personnes a été vendue aux jeunes suisses en leur chantant littéralement que c'était bon pour "l'amitié entre les peuples" [sic ! ne le contestez pas c'est documenté] c'est l'argument qui leur a été servi, des nuances je n'en ai point entendu. Qui se permettait de mettre en doute la libre-circulation, de nuancer les bienfaits promis, était d'office (et sans nuance) qualifié de xénophobe et de crypto je ne sais pas quoi, par les partis que vous défendez aujourd'hui.

Dix ans après ces jeunes qui avaient voté l'amitié entre les peuples ne trouvaient plus aucun logement à prix abordable et leurs salaires avaient chutés [entre 2000 et 2010 les salaires d'entrée des jeunes universitaires ont chuté de 7 % en Suisse, ne le contestez pas c'est documenté].


Certains comprenaient que ce qu'on leur avait vendu pour amitié entre les peuples était la plus formidable dérégulation du marché du travail jamais vue en Suisse, accompagnée d'une dérégulation du marché immobilier... Nuance...


Mais les grands maîtres de la morale européenne revenaient en disant combien nos propos étaient outranciers... Ils disaient : Regardez ils veulent le Grand Soir !


Bonne soirée Mr Bugnion.




P.S. Si vous voulez des nuances vous devriez étudier celle qui existe entre coopération et intégration. Et vous demander pourquoi depuis plus de 20 ans cette nuance est totalement absente du discours politique sur nos relations avec l'UE et nous expliquer pourquoi nous avons un bureau de l'intégration et pas un bureau de la coopération pour régler nos affaires avec l'UE. Je me réjouis que vous m'expliquiez pourquoi.

Quant à la question grecque que je cite je vous invite à lire l'essai "La dette grecque ou la honte de l'Europe" sur amazon. Et vous reviendrez nous expliquer ensuite dans quoi l'UE a "jeté les Etats-nations européens". En particulier les pays du PIIGS. Je me réjouis aussi.

Écrit par : Michel Piccand | 06/03/2017

Je viens de constater que sur tous les médias canadiens, ces types de commentaires sont tous censurés! C'est grave pour les canadiens!

Écrit par : Dominique Degoumois | 06/03/2017

Je prends note du côté irréconciliable entre les positions souverainistes et la mienne, ainsi que de la fureur que celle-ci inspire. Il est donc temps de clore les commentaires sur cette note.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 06/03/2017

Jean-Michel Bugnion, Clore votre sujet au lieu de le faire avancer serait regrettable. Autant que laisser votre billet sur une critique-clivante un chouia virtuelle: derrière Genecand, un "courant nationaliste" qui traverse nos pays..

Une démocratie est un truc vivant qui évolue au fil de son service à citoyens, comme les lois qui les régissent. C'est l'esprit et le respect des principes fondamentaux sur lesquels les citoyens de notre démocratie confédérale se sont entendus, que je soutiens. J'ai voté dans les années 1970 contre Schwarzenbach- question d'esprit des lois. J'ai voté en février 2014 pour la limitation de l'immigration de masse - question de vision de politique économique vs libre-circulation UE.

Constater en dec 2016 un ultime non-respect du souverain, de nos principes constitutionnels autant que de leurs engagements, chez nos représentants en assemblées à Berne, est gravissime, porteur d'un énorme discrédit destructeur des équilibres dans le fonctionnement de la Suisse. Faisant écho à nos voisins, dont on peut expliquer ces manquements par d'autres paramètres tels financiers.

Pour ces raisons nous sommes nombreux à être d'accord, et je le soutiens pour ses écrits, avec Michel Piccand.

Derrière le panneau "nationalisme" mis en avant ici, se cachent d'autres affiches: il en reste une grosse pour dépeindre l'INQUIETUDE CITOYENNE appelée à voter très technique, car elle se voit de plus en plus dans un rôle ALIBI.

Il y a le DISCREDIT du souverain dont le rôle de ré-équilibrage des pouvoirs helvétiques est dévié.
Ne serait-ce que dans un esprit de gouvernance que devrait entretenir tous partis, (soit un travail de prévision dans la gestion d'avenir),

Comment ne pas être inquiets face à l'attitude de soumission collégiale de nos représentants à Berne. Et ne pas se préparer à mettre en place, à leur place, d'autre mécanismes destinés à nous permettre de vivre selon nos critères cantonaux réunis par notre esprit de consensualisme.

bref, envolées à gros coups de pinceaux mais suis plutôt peintre à l'huile qu'acrylique, en espérant que cette page de sérieuses réflexions ne soit tournée

Écrit par : divergente | 06/03/2017

Bon, le dernier, parce qu'il est mesuré et reflète des préoccupations que je peux comprendre. Mais, vraiment le dernier!

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 06/03/2017

Les commentaires sont fermés.