23/02/2017

Longue vie à l'IREG!

L’institut de recherche appliquée en économie et gestion (IREG) a été inauguré mardi passé. Réalisation conjointe entre l’Université de Genève et les HES-SO Genève, il représente un guichet unique auquel peuvent s’adresser les communautés publiques et les entreprises privées dont les demandes ne font que croître. L’avantage de l’IREG, dirigé par un directeur, le professeur Giovanni Ferro Luzzi, employé à 50% par chacune des deux entités, est de mettre à disposition un pool de compétences de recherche, tant utiles en réponse à des demandes extérieures que fondamentales. La mise en commun des ressources et des personnels permet désormais de répondre à toute sollicitation, de quelque taille ou importance qu’elle puisse être, son directeur les recevant puis les attribuant à ses chercheurs en fonction des spécificités de chaque demande.

Au-delà de la qualité de cet outil au service de la collectivité publique ou privée, je me réjouis du développement de la collaboration Uni-HES-SO. L’IREG est en effet son quatrième fleuron, après le Geneva Creativity Center, le Centre interprofessionnel de simulation et le Laboratoire de technologie avancée, et confirme le décloisonnement entre deux types de formation, deux cultures, deux mondes. En réunissant la recherche académique et la recherche appliquée, les chercheurs de la première sortent de leur tour d’ivoire et se frottent aux réalités du monde quotidien, ceux de la seconde échappent aux préoccupations utilitaires pour s’ouvrir à la réflexion fondamentale. Gagnant-gagnant, non seulement pour eux, mais comme nouveau modèle de formation pour l’ensemble des citoyens. Savoir et savoir-faire ne sont plus retranchés, chacun dans son camp, mais mis en commun et permettent une formation plus efficiente, puisqu’elle est fondée sur un constant va et vient entre théorie et pratique. Ce n’est certes pas un luxe pour tenter d’agir positivement dans le monde si complexe qu’est le nôtre ! D’ailleurs, ce modèle peut inspirer jusqu’à la base de la formation : il est nécessaire, même à l’école obligatoire, de décloisonner les formations pré-gymnasiales et professionnelles, d'amener progressivement élèves et enseignants à ne plus les hiérarchiser, mais a les considérer comme les deux faces d’une même pièce, la construction d’un citoyen, bien dans son corps, bien dans sa tête et son métier.

Enfin, je vois dans ce rapprochement un sujet de satisfaction politique: il s’oppose résolument à la conception clivée de l’UDC entre les travailleurs, les entrepreneurs qui, selon elle, forment seuls la richesse du pays, et les intellectuels, propagateurs de théories et de rêves sans utilité pour la population, comme ce parti a qualifié les professeurs de sciences humaines.

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17/02/2017

Diminuer le nombre de signatures, vraiment?

S’opposer à la diminution du nombre de signatures nécessaires à une initiative ou à un référendum, voyons, c’est faire fi de la démocratie ! C’est mépriser le peuple !

Voilà ce que les partisans du PL qui sera voté à la prochaine session du Grand-Conseil assènent à tout va. Et pourtant, au risque de paraître un démo-traître, je me permettrai quelques réflexions.

Notre démocratie s’appuie sur un double canal, le peuple et ses élus parlementaires qui le représentent. Le principe des votations, que ce soit pour un référendum ou une initiative, est forcément binaire : oui ou non, pas d’autre possibilité. Heureusement, la plupart des objets politiques, comme d’ailleurs nos situations de vie, ne se laissent pas réduire à un choix binaire et demandent un travail de mise en application bien plus en nuances. C’est précisément la tâche des parlementaires qui, à longueur de commission, s’efforcent et s’échinent à polir l’objet désiré par le peuple, de manière à le rendre le plus adéquat possible; de ce travail et de sa nécessité, peu de personnes en ont véritablement conscience. Pourtant, il suffit de constater la saga de la mise en application de l’initiative sur l’immigration de masse pour mesurer son importance et sa difficulté ; avoir appliqué scrupuleusement les termes de celle-ci aurait entraîné ipso facto la cause guillotine et aurait rompu les bilatérales avec l’Europe. Je doute que la majorité du peuple eût cautionné cette rupture.

Initiative et référendum, outils de démocratie directe dont use le peuple souverain, sont donc obligatoirement prolongés par un travail parlementaire, aussi nécessaire qu’obscur. A cela s’ajoute qu’actuellement, aucune véritable limitation de la forme des initiatives n’est en place ; par crainte de passer pour des démo-traîtres, les parlementaires fédéraux ont renoncé à mettre une barrière contre les initiatives, par exemple, contraires à la constitution ou au droit. Le peuple, dans sa grande sagesse, saura les traiter comme telles, dit-on. Pourtant, il a plébiscité l’initiative de la marche blanche et jusqu’à présent, le TF a cassé les jugements condamnant à l’internement à vie…

Faut-il, pour plaire au souverain, baisser le nombre de signatures, multiplier les initiatives surtout, avec le risque d’en voir surgir de plus en plus qui jouent de l’émotion? Faut-il noyer les parlementaires sous une foule de mises en application au risque d’engorger le parlement et de bâcler son travail, tout en en accroissant le coût? Faut-il ignorer la croissance démographique de notre canton et arguer de la difficulté de recueillir des signatures, alors même que celle-ci donne, à mon sens, une première mesure de sa pertinence?

Je me souviens du concept de « démocratie participative », cher à Ségolène Royal : via les réseaux sociaux, s’adresser directement au peuple, en court-circuitant les parlementaires, cette « élite » de plus en plus honnie! La socialiste l’a rêvé, Trump l’a fait à sa façon, tout en nuances…

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