18/01/2017

Entre le marteau et l'enclume...

Le directeur de l’école obligatoire, nous apprend la TdG de ce jour, a été écarté et commis à un autre poste. Au-delà de la personnalité et des valeurs humanistes de la personne, dont je peux témoigner pour avoir collaboré quelques années avec lui, pointe ici la problématique du rapport entre le terrain quotidien dans lequel s’exercent les prestations publiques et la conduite politique des départements, avec en corollaire la délicate situation des cadres supérieurs, pris entre le marteau de leur chef(fe) et l’enclume de leur base.

Pour ce qui est du CO, une bonne illustration est donnée par la motion de Jean Romain qui a conduit le DIP à exiger le maintien des cours jusqu’à la fin de l’avant-dernière semaine. Côté cour, la satisfaction de certains parents (et néanmoins électeurs) qui profitent ainsi de quelques jours supplémentaires de prise en charge étatique de leur progéniture adolescente, souvent turbulente en juin ; côté jardin, un déficit de temps pour l’orientation scolaire et pour le contact école-famille, en fin d’année lorsque les deux prestations sont très importantes (voir la note du 27.11.2016). On le voit bien, la logique de la planète politique peut quelquefois s’entrechoquer avec celle du terrain et, si vous êtes en responsabilité de celui-ci, vous devrez faire preuve d’une géniale créativité pour concilier la chèvre et le chou.

D’accord, me direz-vous, mais la personne a choisi en connaissance de cause et assume ensuite son choix. Tout cadre supérieur doit fidélité à son/sa magistrat(e) et est tenu d’appliquer la politique que celui-ci ou celle-ci commande. Sauf que, si son rôle se limite à cela, il va la mettre en application de manière directive, sans prendre le risque d’encourir le courroux politique, et ainsi, totalement ignorer les signaux négatifs qui viennent d’en-bas, du terrain quotidien. Et voilà comment une politique dommageable peut se perpétrer durablement!

La situation d’un cadre sup à l’Etat est inconfortable, car il doit parfois prendre le risque de déplaire lorsque la réalité contrecarre les objectifs et désirs du politique. Celle d’un-e chef-fe de département ne l’est pas moins, car il ou elle doit parfois aussi prendre le risque de déplaire aux électeurs et aux parlementaires pour éviter de prendre un mauvais chemin !

15:40 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

J'ai repris deux fois de la soupe à midi, hier.

Écrit par : Lévy | 19/01/2017

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