17/06/2016

Quel budget pour 2017?

Crise des migrants, Europe menacée de fragmentation, attentats islamistes imprévisibles et récurrents, chaos chez notre grand voisin, découverte de l’hooliganisme de l’Est et résurgence de l'anglo-saxon, entre autre, décidément notre environnement  devient de plus en plus anxiogène. Face à la peur, la partie archaïque de notre cerveau dit reptilien[1] réagit de façon binaire, et nous commande soit la fuite, soit l’attaque. Mais la première revient à faire un déni de la réalité, la seconde à enclencher une escalade de la violence, toutes deux ne résolvant rien au final.

A Genève, la droite est obnubilée par la dette et les conséquences financières de RIE III, la gauche effrayée par la politique « d’austérité » que représente toute diminution dans les prestations sociales, comme le démontre le dernier projet de loi socialiste qui veut augmenter les subventions « logement » des personnes à l’aide sociale. Ces peurs politiques s’additionnent à celles qui proviennent du contexte actuel et forment un climat délétère pour la conduite des affaires de l’Etat et celle de notre canton.

Pourtant, nous vivons toujours une situation privilégiée, dans un pays tenu (encore ?) à l’écart des affres économiques et sociales que connaissent la plupart des autres pays européens. La peur qui rôde risque de nous amener à des affrontements stériles droite-gauche, particulièrement négatifs en ce qui concerne la concrétisation des choix politiques de gouvernance que représente le budget 2017.

D’aucuns diront que faire de la politique, c’est défendre ses convictions, sans transiger. Ma conviction personnelle  primordiale, c’est qu’un élu est au service de la population dans son ensemble et se doit de tout mettre en œuvre pour trouver la meilleure, ou la moins pire, c’est selon, des solutions aux problèmes qu’elle rencontre. Deuxième conviction forte : la Vérité n’existe pas, elle ne sort pas nue du puit mais résulte de la recherche d’un consensus (marque de fabrique de l’histoire politique suisse) qui garantit la prise en compte de vérités différentes, certes atténuées du coup, mais représentatives de l’ensemble de la population. Enfin, une évidence : plusieurs cerveaux valent mieux qu’un seul, si performant soit-il. Je vous l’accorde, ma conception est très helvético-suisse et s’éloigne beaucoup de celle des fastes, frasques et alternances du voisin qui nous entoure.

Pour revenir à l’élaboration du budget 2017, je suis convaincu que nous devons sortir de la peur, oser mettre de côté les querelles idéologiques que celle-ci stimule et rechercher avec une forte détermination un budget consensuel.  Comment ? L'élaboration du contre-projet sur la mobilité, adopté largement par la population lors des dernières votations, peut être un modèle à suivre. Serait-il possible que la commission des finances du Grand Conseil crée une sous-commission avec le mandat de partir des éléments qui suscitent l'accord, tout en négociant les désaccords, avec la participation évidemment du grand argentier et de ses services ?

 

[1] Pour ceux que la structure du cerveau intéresse, voir http://tecfa.unige.ch/tecfa/teaching/UVLibre/0001/bin27/c11.htm

11:24 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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