21/12/2015

Post lucem tenebrae

Genève semble avoir oublié sa devise, et même pire, elle agit comme si elle voulait l’inverser ! Actuellement, les émotions et les violences déferlent, se répondant les unes aux autres… Mais pouvait-il en être autrement ?

Bref rappel historique : en septembre, le Conseil d’Etat décrète des mesures d’économies fortes pour la fonction publique et deux petites améliorations fiscales, le tout sans avoir consulté, ni son personnel, ni les partis. En octobre, les élections fédérales confirment au niveau national les municipales, qui ont donné  la majorité à la droite élargie à son extrême ; celle-ci va montrer en fin d'année qui est le patron : haro sur l’Usine, haro sur le budget de la Ville. En novembre, la fonction publique entame la grève la plus longue de son histoire moderne et rassemble dans la rue un record de manifestants en colère et déterminés. En décembre, le budget du Conseil d’Etat fait l’unanimité des partis contre lui et une manifestation sauvage vire au saccage.

Constat : tout n’est que rapport de forces et affrontements, le dialogue est soit inexistant, soit trop embryonnaire (trêve de Noël in extremis avec la fonction publique, vaines et tardives rencontres du Conseil d’Etat avec les partis en décembre) pour avoir droit de cité.

Entre le gouvernement obnubilé par la dette et RIE 3, les partis de droite arcboutés sur le refus du moindre centime fiscal supplémentaire et ceux de gauche refusant le moindre centime d’économies sur le social ou le fonctionnariat, avec un MCG trop occupé à jouir de sa position de faiseur de majorité pour avoir le temps de développer une pensée politique, le spectacle politique de cette fin d’année ne laisse voir que stériles querelles, coups de force et obstination. Comment s’étonner  qu’un tel climat ne rejaillisse pas sur la population, la réduisant par clivage en deux camps, les pour et les contre, la traversant par des vagues d’émotions violentes ? Impossible dès lors de comprendre, a fortiori d’accepter, certains propos publics, y compris de responsables politiques, diffusant le mépris ou la menace, même physique. Impossible aussi d’imaginer que de ces ténèbres puisse sortir une solution pour le bien commun, qui que ce soit qui gagne la bataille.

Heureusement, la période est propice à retrouver la lumière, celle de Noël, et les bonnes résolutions du premier de l’An. Sera-ce suffisant pour que le trêve des fêtes nous conduise tous à prendre conscience de l’impasse dans laquelle nous nous sommes engagés et nous ramène à davantage d’humilité et de volonté de retrouver des biens précieux que nous avons égarés, le dialogue et la négociation ? C’est du moins ce que je nous souhaite sincèrement pour l’an nouveau !

 

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