09/03/2015

42 voix, mais allô, quoi!

 

Le résultat de la votation sur la police est limpide : ni vainqueur, ni vaincu, une seule perdante, Genève ! 

 

Sur le contenu proprement dit, en effet, difficile d’expliquer l’étroitesse du score. Comment vouloir maintenir  une loi obsolète datant de 1957 (!), donc clairement déphasée face à l’évolution de la criminalité moderne ? Comment soutenir la collusion entre un parti politique et un corps de fonctionnaires  qui entretient l’existence d’un Etat dans l’Etat ? Comment adhérer aux anathèmes antimilitaristes d’une extrême-gauche qui n’est pas dérangée de servir la soupe à la droite extrême ? Bien sûr la personnification de la campagne sur le magistrat en charge du DSE, voulue par ses adversaires comme par lui-même, a brouillé passablement les débats, avec un florilège d’arguments mensongers à la clé ! Mais là n’est de loin pas le plus préoccupant …

 

Cette votation est emblématique du mal qui ronge notre démocratie parlementaire et qui, petit à petit, rend Genève ingouvernable. Bien plus que la répartition en 3 blocs, c’est l’instabilité politique  qui mine le fonctionnement du Grand-Conseil, partant celui de tout le système. Le MCG et l’EàG sont les principaux fauteurs  d’aléas ; le premier peut sans sourciller contredire sa position en commission, changer son opinion en cours de séance, selon le bon vouloir de son conducator. Que celui-ci négocie quelques avantages avec le PLR, hop, le rapporteur de majorité MCG pour la première loi sur les PPE  retire tout ce qu’il vient de dire et prétend rigoureusement le contraire, au profit des promoteurs immobiliers ! Que le Chef pique la mouche, par exemple s’il n’est pas élu premier vice-président, et  voilà le MCG qui vote avec la gauche, juste pour faire la nique au PLR…Quant à l’EàG, assemblage hétéroclite de mouvements et de personnes, aux votes souvent tricolores, il est imprévisible, capable de refuser, via son ex-représentante au bureau, de sanctionner les débordements de M. Stauffer  ou de faire cause commune avec le MCG et l’UDC, comme on vient de le voir, avec des arguments pourtant diamétralement opposés.

 

Si on ajoute que l’UDC rejoint très souvent son allié de la « nouvelle force » pour faire de mauvaises farces, on obtient un nombre de 40 députés sur 100 qui jouent de l’instabilité. Avec un tel taux d’aléatoire, il devient vraiment difficile de dégager une ligne politique cantonale et de s’y tenir, surtout que le PLR peut être entraîné par son aile droite et ne pas hésiter à désavouer ses propres magistrats.

 

Or à l’horizon se profilent des enjeux politiques cruciaux, dont la réforme de l’imposition des entreprises n’est pas le moindre.  Faire face à un défi de cette ampleur pour un parlement qui joue à la roulette russe n’est décidément pas rassurant ! Du moins pour les enjeux les plus importants,  ne serait-il pas nécessaire de constituer un front, non pas républicain, mais du simple bon sens responsable entre PLR, PDC, socialistes et Verts ? Dans ce cas, bien sûr, il faudrait que chaque partie oublie un peu les idéologies et favorise le consensus…

 

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