27/01/2015

De l'intégration

 

Les récents attentats terroristes en France ont au moins fait l’unanimité sur deux points :

 

  1. La nécessité de veiller à l’intégration citoyenne et économique de tous les résidents, de manière à minimiser le potentiel de radicalisation de ceux qui se sentent exclus de la société.

  2. L’importance de l’école comme vecteur d’intégration, non seulement des élèves eux-mêmes, mais aussi de leur famille.  C’est au travers de la scolarisation que nous pouvons expliquer nos valeurs, que nous pouvons détecter les difficultés et soutenir l’élève et ses parents pour qu’ils les résolvent, ou, à tout le moins, qu’ils deviennent actifs, non passifs, face à elles.

 

Le 22 janvier, par communiqué de presse,  l’Office fédéral de la statistique présente des chiffres édifiants : un tiers de la population suisse est issu de la migration, 61,2% à Genève, record national.

 

Le lien est évident : l’école, en particulier à Genève, joue un rôle décisif dans l’intégration sociale et il faut lui en donner les moyens.

 

Face à une famille allophone immigrée surgit d’emblée un premier obstacle : celui de la langue, partant de la compréhension réciproque, base même de la démarche d’intégration. Comment en effet imaginer que des personnes issues d’une autre culture, parfois très différente de la nôtre, vont acquérir par simple immersion la compréhension de notre système et de nos valeurs ? Situation classique dans toutes les écoles du canton : le ou la prof désire rencontrer les parents  non francophones, sans connaître la langue qu’ils parlent; dans l’immense majorité des cas, il ou elle se servira de l’élève comme traducteur, solution de facilité face à celle qui consiste à engager un traducteur de la Croix-Rouge (nécessité de planifier les rendez-vous et de rétribuer l’intervenant).
Seulement voilà, cette pratique présente deux biais très importants : d’une part, l’élève sera tenté de minimiser voir d’occulter les critiques à son égard, ne comprendra pas forcément correctement l’enseignant, simplifiera le propos ou le transformera, et d’autre part, la situation va le placer dans une position malsaine, au-dessus de ses parents,  premier interlocuteur du maître, alors même que cette rencontre doit être celle à égalité d’adultes, responsables de l’élève/ de l’enfant qui est présent.

 

Cette situation déséquilibrée est récurrente dans l’éducation genevoise ; elle est à l’origine de bien des incompréhensions entre la famille et l’école, partant du manque d’efficacité d’un encadrement d’adultes non coordonné entre parents et enseignants.

 

A mes yeux, l’objectif de garantir des conditions correctes d’échange linguistique famille migrante-école est fondamental, car il représente le fondement d’une démarche d’intégration ; s’il n’est pas rempli, il est à craindre que l’élève en difficultés pourra plus facilement dériver. Jusqu’où ?

 

Voilà pourquoi, il me semble nécessaire de donner à l’école les moyens de communiquer avec toutes les familles de manière compréhensible, à commencer par faire figurer dans la nouvelle LIP expressément cette préoccupation, qui reflète l’importance que revêt pour notre société l’intégration de la majorité de notre population !

 

11:48 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Tout a fait, sauf que ce n'est pas la réponse aux récents attentat en France.

Il y a eu avant ça des vagues d'immigrations chilienne, vietnamienne, et bien d'autres, qui ont connu les mêmes difficultés. Mais qui ne sont pas devenus des terroristes pour autant, n'exigent pas de menus spécifiques en prison ni dans les cantines, ne demande pas a l'école de s'adapter a eux, et n'ont pas besoins de cimetières séparés.

Au commencement il y a la volonté de s’intégrer, et rien ne m'indique qu'elle existe.

Écrit par : Eastwood | 27/01/2015

Une intégration réussie est en effet la rencontre de deux désirs: celui d'accueillir doit rencontrer celui d'accepter.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 28/01/2015

Excusez-moi, mais là, vous êtes dans Mickeyville ! Prenez la chose à l'inverse : vous débarquez dans un pays dont vous ne comprenez pas la langue. Qu'allez-vous faire ? Les flinguer tous ?

Écrit par : mickymixky | 28/01/2015

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