30/11/2014

Haro sur l'école

 

Actuellement, ça pleut dru dans les propositions politiques pour le budget du DIP : une année de moins de formation pour les instituteurs ; les directeurs des écoles primaires doivent enseigner en parallèle et ils n’ont pas besoin d’aide sous forme de maîtres adjoints ou référents ; le MCG fait passer en commission des finances deux propositions pour 18 millions d’économie. Mais il n’y a pas que Genève qui rogne sur l’école,  Neuchâtel, le Valais et Fribourg aussi ! Sans parler des autres pays, comme la France par exemple.

 

Est-ce seulement les impératifs d’économie qui poussent à s’attaquer à la formation scolaire des enfants, jusqu’à présent considérée comme un investissement prioritaire pour une société ?

 

Je suis plutôt enclin à considérer cette démarche comme faisant partie d’un courant de pensée plus global, force réactive à la mondialisation et à la globalisation, dont les fondements sont la conservation et la tradition. La force centripète produite par les grands ensembles politiques et économiques (USA, Chine, Inde, Russie et Europe) génère des forces centrifuges violentes, politiques (la revendication de l’indépendance de la Catalogne, la partition inexorable de l’Ukraine, les revendications bretonnes, corses et helvétiques) et économiques (protectionnisme, préférence nationale, etc.). Le monde globalisé autour des grandes puissances en concurrence fait peur ! La tentation est forte de s’en écarter, de conserver nos spécificités locales, régionales ou nationales, de célébrer nos traditions pour résister, rester ce que nous avons été dans le passé. Il faut affirmer notre identité nationale, il faut se méfier de l’étranger qui ne la partage pas.

 

Ce courant de pensée, compréhensible, traverse actuellement toute la Suisse et dépasse les initiatives UDC ou assimilées qui fleurissent. La tendance est au repli, au retour à un passé qui ressemble de plus en plus à un fantasme de l’âge d’or.

 

Dans le grand courant de l’histoire, j’ignore quel impact aura cette réaction qui apparaît comme légitime en regard de la bureaucratie européenne ou de la guerre fiscale contre les banques suisses que mènent leurs concurrentes étrangères.  Quel nouvel équilibre en sortira, quel nouveau monde émergera du choc de ces deux forces ? Bien malin qui peut y répondre…

 

En revanche, je suis persuadé au moins d'une chose : affaiblir l’école et l’enseignement, en commençant par le degré primaire, est une erreur à ne pas commettre. Tout d’abord, la complexité croissante de notre environnement exige que le maître ne se contente plus d’apprendre à lire, écrire et compter ; il est nécessaire de préparer les élèves en primaire aussi à la socialisation, à l’intégration des différences qui ne cessent de croître dans la mondialisation, aux débuts d’une réflexion personnelle plutôt que de simplement redire ce que le prof a dit, à l’expression artistique qui lui donnera le sens du beau, bref à lui donner des outils pour l’armer face aux grandes problématiques que connaît notre temps. Ensuite, ceux qui font les frais des réductions budgétaires faites à l’école, sont toujours les mêmes : les élèves peu ou pas scolaires,  ceux qui traversent une phase difficile, soit dans leurs apprentissages, soit en famille, ceux qui viennent d’ailleurs et n’ont pas tout en main pour réussir. Rendre plus rudes les conditions d’enseignement, c’est s’attaquer indirectement à cette frange de la population scolaire ; en effet, alourdir la charge de l’enseignant revient à  donner à l’ensemble du système moins d’énergie, de motivation et d’attention pour ce type d’élèves qui en a tellement besoin. L’échec scolaire croît alors très vite et savez-vous quels sont ses coûts, sociaux et économiques ?  Incalculables !

 

17:21 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Cher Monsieur,

Vous prenez nos prédécesseurs pour des demeurés ! « Que le maître ne se contente plus d’apprendre à lire, écrire et compter » plaidez-vous ! Mais, déjà au XIXe siècle un maître avait d'autres ambitions ! Je vous invite à lire mon ouvrage : « Les Manuels de Pédagogie 1880-1920 (PUF). » Vous réviserez vos jugements à l’emporte-pièce

Écrit par : Michèle Roullet | 30/11/2014

@Michèle Roulet: Bien sûr, chère Madame, c'était tellement mieux avant, mais c'était avant... Quant à l'emporte-pièce, il est l'expression d'une bonne partie de ceux qui réclament le retour vers l'école du passé.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 01/12/2014

Nous sommes sans doute à un nouveau tournant pour l’école. Je ne suis pas certain que cette analyse de Jean-Miche soit correcte parce qu’elle fonde sa conclusion sur le fait d’une réaction au monde trop grand. Le repli, le petit, la région seraient une réaction à la peur du trop grand.

Depuis une trentaine d’années est apparue chez nous une nouvelle manière de concevoir l’école qu’on appelle “ la pédagogie par objectifs ”. Cette conception gestionnaire de l’école s’est immédiatement donnée comme une alternative à ce qu’on a jugé avec mépris comme l’école de “ la culture pour la culture ”. Cette nouvelle manière de faire repose sur des méthodes efficaces qui doivent tout à une conception purement gestionnaire des choses, et à une psychologique positiviste, qu’on appelle la psychologie du comportement, le béhaviorisme.

La conception traditionnelle du savoir désintéressé entendait mettre l’accent sur le contenu des disciplines enseignées à l’école. Il s’agissait de former tout l’homme, y compris son esprit, sa conscience dans laquelle on ne pouvait pas pénétrer et pour laquelle aucun jugement noté n’était pertinent. Le nouvel apprentissage a été présenté comme un processus qui vise un “ objectif ” indépendant du contenu de ce qui est à apprendre. Il faut que l’élève sache parvenir à ce qu’on a prédéfini de manière objective, et les moyens (les contenus) pour y parvenir importent moins que le fait d’y être parvenu. Chacun est donc invité à être l’acteur de son propre changement. On veut former un “ nouvel ” homme nouveau.

Si cette façon de faire par objectifs est assez performante pour l’économie où il n’est plus question que de gestion, d’audit, de projets et de stratégie, l’est-elle appliquée à l’école ?

Partout, on parle de comportement de l’élève lorsqu’on veut parler de sa conduite. Le mot “ comportement ”, dans son sens technique, est un des moins innocents qui soient parce qu’il est emprunté à l’idéologie béhavioriste, pour laquelle seul compte ce qui est observable. Mis en honneur par Watson (penseur du béhavioriste) qui préconise de s’en tenir au célèbre rapport stimulus-réponse, il organise la pensée des pédagogistes et devient une sorte d’obsession à lier les objectifs pédagogiques avec des comportements observables et vérifiables. Éduquer, c’est produire des comportements, et toute allusion à la vie de l’esprit, à la liberté individuelle, à la conscience de soi est évacuée, dénoncée comme pensée subjective et donc, pour les pédagogistes, arbitraire.

On entend engendrer chez l’élève une réponse objective en fonction d’un stimulus, et pouvoir vérifier si cette réponse est ou non adéquate. Dans le fond, il n’y a aucune différence de nature entre apprendre le latin à Pierre et apprendre à un rat à s’orienter dans un labyrinthe. En termes d’objectifs, le rat doit s’en sortir, tout comme Pierre dans sa version : peu importe ce qui se passe dans son esprit, c’est la “ boite noire ” pour laquelle il n’existe aucune clé. Cela tient donc d’avantage à l’apprentissage (d’ailleurs on ne dit plus l’élève mais l’apprenant) qu’à l’éducation.

Tous les cantons romands ont organisé pour leurs maîtres des stages de formation à la pédagogie “ par objectifs ” où on leur répète jusqu’à la nausée qu’enseigner c’est apprendre à produire des objectifs !
Mais il importe de distinguer l’imposture de cette pédagogie “ par objectifs ” comportementaux (on dit savoir-faire, savoir-être, ou compétence), de ce que sont les vrais “ buts ” de l’enseignement. Seuls les contenus (les savoirs) sont porteurs d’universalité, et seuls ils permettent à un élève de devenir lui-même. Mais cette élévation n’est pas objectivement vérifiable, ni point par point évaluable.

En effet, comment vérifier un savoir-être ? Il faut codifier le comportement ! Le prix en est l’uniformisation des conduites, la baisse du niveau dans les matières enseignées, la mort de l’esprit critique. C’est ce à quoi conduit la pédagogie par objectifs, et le prix de cette imposture est un enseignement mis en miettes.

Aujourd’hui l’école commence à rectifier le tir.

Écrit par : Jean Romain | 01/12/2014

@ Jean Romain: Parfaitement d'accord avec la dérive béhavioriste d'une pédagogie par objectifs qui ne viserait que les "comportements", déconnectés du savoir.
En revanche, cette démarche possède, à mes yeux, un immense mérite lorsqu'elle s'applique à l'utilisation des contenus dans une démarche intellectuelle, celui de rendre visibles, explicites les attentes du maître.
Prenons l'exemple de l'exercice de dissertation, en supposant la maîtrise des savoirs (connaissances littéraires, orthographe et syntaxe correctes) par l'élève. Ce que j'ai connu, voici des lustres au collège Calvin, c'était le coup du bébé nageur: le prof lançait tout bonnement ses élèves sur une dissert, corrigeait ensuite avec quelques remarques de ci, de là et apposait une note bien peu justifiée; en gros, ça lui plaisait ou non. Une approche par objectifs permet d'abord de travailler la structure du texte en expliquant les fonctions de ces différentes parties, ensuite de définir ce qu'est la construction d'un argument correct et pourquoi, enfin de clarifier les critères de correction et d'évaluation, donc d'expliciter la note attribuée et, surtout, de montrer précisément à l'élève ce qui lui fait défaut pour réussir l'exercice.
Je suis convaincu que la pédagogie par objectifs, lorsqu'elle n'évacue pas les contenus mais sert à les mettre en œuvre dans une démarche de réflexion, permet à tous les élèves de se corriger et de progresser plus efficacement.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 01/12/2014

Cher Monsieur,

Je n’aime ni les passéistes ni les militants qui se battent pour une "modernité" dont ils prétendent porter l'étendard, et qui ont introduit, à l’école genevoise, des réformes scolaires, telles les projets d’établissement, qui alourdissent la charge du maître en détournant ce dernier de sa tâche d’enseignement et ont multiplié les postes d’apparatchik au DIP.

Écrit par : Michèle Roullet | 01/12/2014

Bref, vous n'avez pas aimé la politique de M. Beer! Je peux vous rejoindre sur certains points, en particulier sur les conseils et projets d'établissements, qui ne doivent pas être décrétés sous peine d'être de pures coquilles vides. Toutefois, suivant la dynamique locale de l'école, ils peuvent avoir du sens; mais seuls les acteurs de terrain ont la réponse.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 01/12/2014

Jean-Michel- Qu’il y ait eu des profs qui corrigeaient superficiellement et évaluaient des dissertations en fonction de critères on ne peut plus personnels ou fantaisistes, c’est vrai. Mais cela est dû au professeur lui-même, à son incapacité. Je ne les ai jamais connues de mon temps au collège. JAMAIS ! Et ne l’ai jamais non plus pratiqué.
On ambitionne à juste titre que ces évaluations fantaisistes disparaissent. Mais toute évaluation est par nature subjective dès lors qu’elle ne se limite pas au quantitatif (compter les fautes d’orthographe, par exemple) ; elle ne doit cependant pas être arbitraire. Or, en voulant faire pièce à la subjectivité, en la voulant objective, on ne parvient pas à modifier ce qu’on souhaite. Au contraire. On ne fait qu’ajouter une mesure d’eau à la dérive « objectiviste » donc béhavioriste. Ou bien l’école revient à ce qu’elle doit faire, à savoir la tradition scolaire (et pas la scolarité traditionnelle), ou bien elle poursuivra sa dérive vers l’insignifiance.

Écrit par : Jean Romain | 01/12/2014

Pour nourrir le débat sur l'école, je vous invite à aller sur mon blog où j'ai (re)publié un article sous:
http://micheleroullet.blog.tdg.ch/archive/2014/12/01/l-ecole-bouge-pour-aller-ou-262402.html

Écrit par : Michèle Roullet | 01/12/2014

@Michèle Roulet: Merci pour cette analyse nuancée et détaillée. Pour moi, comme l'est pour l'enseignant la pédagogie par objectifs, la pédagogie du projet pour une école est un outil parmi d'autres, non une religion. L'outil a le mérite d'exister lorsqu'il s'avère utile et nécessaire à la situation; dans le cas présent, on peut imaginer qu'un projet d'établissement autour de la sécurité routière aux alentours d'une école urbaine pourrait bénéficier de cette méthodologie, pour autant que les enseignants, les vrais acteurs du système, en soient les initiateurs ou ont été convaincus de l'être. Décréter un projet, au contraire, ne rime à rien, si ce n'est provoquer des dépenses inutiles d'énergie, de temps et multiplier stratégies d'évitement. C'est toute la problématique engendrée par la loi sur les conseils d'établissements, dont la Conseillère d'Etat en charge du DIP paraît se distancier de plus en plus.
Une dernière question: Est-ce la pédagogie par objectifs ou celle de projet qui sont à proscrire, ou bien, comme pour les religions, l'application qu'en font certains?

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 01/12/2014

@Monsieur Bugnion
"L'outil a le mérite d'exister lorsqu'il s'avère utile et nécessaire à la situation" écrivez-vous... Savez-vous que, à l'école primaire, les projets d'école sont OBLIGATOIRES? Il n'y a aucun choix possible, chaque établissement est tenu d'avoir un projet d'établissement, aux enseignants de se débrouiller pour proposer un sujet et ensuite élaborer ce projet ...utile ou pas, nécessaire à la situation ou pas!
Allez donc faire un petit tour sur le site du DIP pour vous faire une idée de leur contenu...époustouflant, vous m'en direz des nouvelles.

Écrit par : Duval | 01/12/2014

@Monsieur Bugnion
"L'outil a le mérite d'exister lorsqu'il s'avère utile et nécessaire à la situation" écrivez-vous... Savez-vous que, à l'école primaire, les projets d'école sont OBLIGATOIRES? Il n'y a aucun choix possible, chaque établissement est tenu d'avoir un projet d'établissement, aux enseignants de se débrouiller pour proposer un sujet et ensuite élaborer ce projet ...utile ou pas, nécessaire à la situation ou pas!
Allez donc faire un petit tour sur le site du DIP pour vous faire une idée de leur contenu...époustouflant, vous m'en direz des nouvelles.

Écrit par : Duval | 01/12/2014

Oui, Monsieur Duval, je le savais et je l'ai toujours déploré!

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 01/12/2014

Et que ces projets d'établissement sont l'élément essentiel du fond de commerce des directeurs d'établissement...?

Écrit par : Duval | 01/12/2014

"Tout d’abord, la complexité croissante de notre environnement exige que le maître ne se contente plus d’apprendre à lire, écrire et compter ;"

Le petit problème c'est que les élèves ne savent ni lire, ni écrire, ni compter. En tout cas pour un bon nombre d'entre eux. Hélas. Et de toutes les façons je suis persuadé que la "complexité croissante de notre environnement" ne fait pas partie des cours obligatoire. Où sont les cours de droit, d'économie, de psychologie, de sociologie, qui permettent d'apprendre à réfléchir sur l'actualité, etc.? Néant.

Maintenant qqn aurait-il l'amabilité de m'expliquer ce qu'est la "pédagogie par objectifs", par exemple avec des exemples concrets. Car moi y en avoir bobet et moi pas avoir compris ce que la chose est.

Apprendre à lire, à écrire et à compter, ce ne sont pas 3 objectifs? Primordiaux? C'est mal?

Enfin, l'école doit instruire. L'éducation est du domaine de la famille. Point final.

Ah non. Une dernière remarque. Pourquoi a-t-on besoin de faire venir tant de travailleurs étrangers? La formation donnée par notre système scolaire n'est donc pas à la hauteur pour les postes qui demandent une formation pointue? Et pourquoi les manoeuvres sur les chantiers sont-ils étrangers? La formation est-elle trop poussée pour ce genre de travail? Ou les salaires trop bas pour des Suisses?


"C'est toute la problématique engendrée par la loi sur les conseils d'établissements"

Une usine à gaz que je boycotte à mon humble niveau de parent d'élève.


"Allez donc faire un petit tour sur le site du DIP pour vous faire une idée de leur contenu..."

Je n'ai trouvé que ceci (s'il y un autre lien permettant d'avoir qqch de plus concret... merci):

http://www.ge.ch/primaire/projets_etablissement/

Quel charabia! Encore une usine à gaz. Langue de bois. Un exemple: les enseignants ne sont plus des enseignants, mais des "professionnels". Collectif, acteurs, construire, diagnostic, objectifs, évaluation... Bêtises. Oui cela tourne à la gestion d'entreprise. M. Bugnion est-il pour une école-entreprise?


Pour M. Bugnion: vous avez qqch contre l'école d'avant? Cette école qui vous a formé? Elle a tellement mal fait son travail que nous avons le résultat aujourd'hui avec vous et mm. poutallaz et duval? (Sauf erreur qui ont le même âge que vous et ont donc fréquenté les bancs de l'école plus ou moins au même moment.) Oui, bien sûr le monde a changé, mais apparemment la formation qui vous été donnée sert encore PARFAITEMENT aujourd'hui, puisque vous vous impliquez dans la vie politique et que vous avez la prétention de comprendre la "complexité croissante de notre environnement" et d'agir sur cet environnement par votre action politique.

Etes-vous sûr que la formation dispensée actuellement permette de comprendre la "complexité croissante de notre environnement". J'ai comme un doute. Voir plus haut.

Écrit par : Johann | 01/12/2014

Cher Monsieur Bugnion,

Non, la pédagogie par objectifs et la pédagogie du projet ne sont pas des outils parmi d'autres!
A Genève, c’est une injonction institutionnelle qui met les enseignants face à une exhortation paradoxale du type: "obéis, sois autonome" !

Quant à votre dernière question, je ne comprends pas votre parallèle entre la pédagogie par objectifs ou de projet avec les religions. En principe la religion est du domaine de la foi alors que la pédagogie par objectifs s'inscrit dans une logique économique avec des procédures techniques à suivre au nom d'une efficacité et d'un rendement.

Écrit par : Michèle Roullet | 01/12/2014

Pour moi, toute démarche didactique ou pédagogique est un outil que l'enseignant peut (et non doit!) utiliser, comme le marteau ou la scie pour le charpentier. L'outil en soi n'est ni bon, ni mauvais, c'est son utilisation qui est adéquate ou inadéquate. Le menuisier n'arrivera à rien de probant s'il enfonce un clou avec sa scie, comme le prof qui ferait apprendre par cœur la démarche de dissertation.
Le tort de M. Beer aura été d'imposer à tous une démarche unique qui, suivant les environnements, revenait à tenter de scier une poutre avec un marteau!
Voilà la raison de ma comparaison avec la religion: un acte de foi n'est ni bon, ni mauvais dans son essence (qui sommes-nous pour juger d'une croyance?). En revanche, les exemples foisonnent qui démontrent que sa mise en application par les hommes peut être terriblement néfaste!

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 02/12/2014

....lorsqu'un élève arrive de l'étranger, pour quelque raison que ce soit, il sera testé sur ses connaissances réelles des matières de base: math, langues, histoire géo.
Le reste n'est que fioritures.
Pour arriver aux connaissances de base, les méthodes sont multiples et diffèrent d'un pays à un autre, voire d'un canton à un autre.
Pensez que dans certains cantons suisse-alémaniques, l'école obligatoire commence à 7 ans! et à Genève, 4 ans, avec tout le tintouin des évaluations, etc. dès ce jeune âge....
Alors, pour moi, il faut vraiment se concentrer sur les matières de base, retirer le mercredi matin (qui a été voté grâce aux mensonges de Monsieur Beer et avec la promesse qu'il y aurait augmentation de postes adéquate, que l'on retire déjà)
Le paradoxe, dans le passage au mercredi matin, c'est que l'Etat n'avait pas les moyens de diminuer le taux d'encadrement que réclamaient les enseignants depuis plusieurs années; mais pour le mercredi matin, comme par magie, on trouvait les ressources.....la magie n'a pas duré longtemps...

VS

Écrit par : vieuxschnock | 02/12/2014

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