07/11/2014

Genève a mal à sa détention

 

3 constats, irréfutables pour Champ-Dollon :

 

  • Un sureffectif chronique depuis des lustres, avec un taux d’occupation de 240%.

 

  • Une majorité des détenus en exécution de peine dans une prison conçue pour être préventive, conséquence de la grande difficulté à trouver pour eux de la place dans un pénitencier romand soumis au concordat intercantonal.

 

  • L’impossibilité de leur offrir ici les conditions légales de détention,  contrairement aux autres cantons romands.

Bien sûr, la population des détenus n’est pas celle qui suscite la plus grande compassion du public, ni ne procure le plus grand bénéfice, électoral ou politique. Bien sûr, la situation ne date pas d’aujourd’hui et n’a fait que se dégrader inexorablement pendant des décennies. Néanmoins, elle doit être prise maintenant à bras-le-corps, car elle occasionne, pour tous nous, d’importants dommages.

Tout d’abord pour les prisonniers : confinés à longueur de journée et de nuit dans une cellule surpeuplée, sans possibilité pour la grande majorité de travailler en atelier, ni de se former, de prendre des cours ou de pratiquer du sport au-delà d’une fois  par semaine. Comment préparer valablement sa réinsertion dans de telles conditions ? Comment se construire un autre avenir possible que celui de la délinquance ? Pourtant, dans la philosophie de l’emprisonnement, comme dans le droit qui le régit, ce sont là des éléments primordiaux, sans lesquels la prison perd tout son sens et se transforme en simple vengeance punitive de la société, qui suscite plutôt la récidive qu’elle ne la combat.

Ensuite, pour tous les personnels concernés, de la direction aux gardiens, en passant par les autres services (médical, social, office de détention,…).  Travailler en milieu carcéral génère déjà un stress supérieur à la moyenne ; si, en plus, vous devez faire face constamment à un sentiment d’injustice, à l’expression de profondes insatisfactions et incompréhensions,  le niveau de stress ne peut qu’atteindre des sommets, d’autant plus qu’à aucun moment de votre activité professionnelle, il ne va fléchir. En outre, comment pouvoir éprouver une réelle satisfaction dans l’exercice de son métier, lorsqu’on sait pertinemment qu’il n’en réunit pas les conditions ?

Enfin, pour nous tous, les citoyens.  A l’évidence, l’exécution de peine à Champ-Dollon ne peut que fabriquer des récidives. Animé du sentiment d’avoir purgé une double peine, celle du juge et celle d’un emprisonnement pire qu’ailleurs en Suisse, incapable d’envisager un avenir différent puisque sans avoir eu la possibilité de travailler ni de se former,   le détenu libéré aura bien du mal à taire sa rage et à ne pas retomber dans la délinquance. En outre, c’est toute l’image de Genève par rapport aux autres cantons qui en est ternie.

 

Mais alors, que faire ? Devant l’ampleur du problème, le vertige pointe !  Je me garderai bien de prétendre avoir la solution ; je constate seulement qu’il est urgent de séparer la préventive de l’exécution des peines, d’améliorer le sort des détenus dans ce domaine-ci en explorant toutes les pistes possibles. Peut-être que les Assises de la détention à Genève, les 20 et 21 novembre, en découvriront-t-elles de nouvelles ?

 

 

 

15:49 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Voila des questions, bonnes à poser à Laurent Moutinot ...

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 07/11/2014

Tout autant qu'à Mme Spoerri!

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 07/11/2014

Vous avez décidément le chic pour mettre le doigt là où ça fait mal ; non pas un doigt accusateur, juste une petite pression de l'index sur une situation qui va devenir explosive - ou même qui explosera - si l'on n'y porte pas remède.

Il est à croire que les affaires pénitentiaires ne relève tout simplement pas de la République.

Attendons l'explosion juste pour voir la diamètre du cratère...On avisera ensuite.

Écrit par : Michel Sommer | 07/11/2014

Monsieur Bugnion,

Je ne tiens absolument pas à ce que Genève devienne comme et/ou copie Zurich et ses traitements pour millionnaires.

Entrainements sportifs, prostituées, psychologues, tout cela pour des "jeunes" en détresse.

La privation de liberté doit l'être jusqu'au bout.

Si toutefois, nous devrions copier certains, prenons exemple sur les anglais et le bannissement.

Ou alors, appliquons l'expulsion des criminels étrangers.
Olivier Jornot, a toute ma considération, mon estime, pour la mise en application de l'initiative UDC/SVP.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 08/11/2014

M. Dumitrescu: je ne parle que des conditions de l'exécution de peine à Genève, qui ne respectent pas le droit qui les régit. Il ne s'agit pas de faire des dépenses somptuaires, comme pour le fameux Carlos zurichois, mais juste de permettre aux détenus en exécution de peine de travailler en atelier, de faire régulièrement du sport, de se former ou de suivre des cours afin de préparer leur sortie. Ces mesures sont appliquées dans tous les autres pénitenciers suisses, conformément au droit. C'est là où la chatte genevoise a mal aux pattes!

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 08/11/2014

Vous aurez corrigé ma faute d'accord de vous-même...

Écrit par : Michel Sommer | 08/11/2014

Les israéliens construisent des cellules modulables à partir de container de 20 pieds, soit des volumes intérieurs de longueur 5,905 m, largeur de 2,33 m,
hauteur de 2,38 m. Soit de 13,75 carrés, 11,70 carrés avec l'isolation et entièrement équipés, wc, douche, ventilation, fenêtre, porte, connexion avec escalier/passerelles extérieur grillagé pour les étages supérieurs, jusqu'à 4, système d'ouverture et fermeture électronique, pour 25'000 $ pièce pouvant accueillir 2 détenus par unité !

Ces containers ont même reçus une décoration de la part des ong, car ils garantissent un maximum de convivialité.

Les unités se montent comme des Légo, avec leurs connexions eaux froides/eaux chaudes, eaux usées, wc, ventilation chauffage/air-conditionné, électricité et autres câblages TV et alarmes, tout le nécessaire voir plus !

Dans la coure de la prison de Champ Dollon, il y a plusieurs milliers de m2 dans l'enceinte disponibles, mais semble t-il, les autorités préfèrent voir la vie pourrir pour le quotidien de sa population et la vente de drogue tuant sa jeunesse !

Écrit par : Corto | 08/11/2014

@Corto: comment pouvez-vous pensez que "l'élite" de la politique genevoise pourrait se contenter d'une solution pareille, ce serait impensable, pensez des "containers" pour mettre des gens qui se sont égaré dans un mauvais chemin ce serait contraire à l'esprit de Geneve. Et surtout cela permet depuis des lustres de tirer de plans sur la comète sans avancer d'un pouce. Je ne suis pas souvent d'accord avec vos opinions, mais là OH OUI.

Écrit par : grindesel | 08/11/2014

Monsieur Bugnion,

Permettez-moi de ne pas être d'accord avec vous, une fois encore.
Faire du sport, pour un prisonnier, je pense que la filmographie américaine nous enseigne depuis un temps certain, que cela ne les conduit qu'à devenir encore plus violents à leur sortie de prison.

Violence, violence ... récidive.

Cordialement,
Victor

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 08/11/2014

disons que ça commence à intéresser les PDC ou autres trous de balles du conseil d'état à partir de 300'000.-- Sfr par prisonnier !

C'est à dire, qu'ils font de la politique uniquement dans le but de se remplir les fouilles, socialos en première ligne !

Écrit par : Corto | 08/11/2014

grindesel, il faut dire que maintenant que les gazaouis tournent dans tous les quartiers de la belle Genève, vous commencez à chercher des solutions, mais ne vous en faites pas, vous allez vous faire bouffer par où vous avez pêché !

Écrit par : Corto | 08/11/2014

Samedi soir je me suis promené dans le quartier des Pâquis.
Était-ce vraiment à Genève ?
Nous sommes en droit de nous poser des questions.
Que des gens réussissent dans la vie, quoi de plus normal.
La rue de Lausanne est un haut lieu de la gastronomie asiatique et africaine maintenant.
La présence de LIDL, n'arrange en rien les affaires des hôtels, également nombreux dans cette rue.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 09/11/2014

Corto, c'est justement là que je ne suis pas d'accord avec vous, nous parlons des difficultés a Geneve de construire des prisons raisonnables a Gve. et comme toujours vous ramenez tout au conflit israélo-palestiniens, pour moi dans cette région du monde que ce soit Israël ou la Palestine, c'est blanc bonnet et bonnet blanc, ni l'un ni l'autre n'est capable d'essayer de s'entendre. Tout les deux se posent en victime. Et tant pis pour les victimes qui n'ont que le droit de mourrir.

Écrit par : grindesel | 09/11/2014

Et bien grindesel, vous allez, vous nous montrez comment vous serez capable de vous entendre avec les millions d'islamistes qui entre en Europe !

Et vous ramènerez, comme toujours, rien au conflit européen-islamiste !

Allez faire un petit tours à Champ-Dollon ou dans n'importe quelle prison française, juste pour prendre la température !!

Ou bien, faites comme Victor, promenez-vous à Genève à partir de 23:00 heures et pas seulement au Paquis, allez vers Plainpalais, dans ces petits coins réconfortants où même la police ne met pas les pieds !

Écrit par : Corto | 10/11/2014

900 détenus pour 270 places initialement !

Cette réalité reflète un aspect que peux relaté dans les média, celle de la dangerosité croissante des détenus.

Champ Dollon est devenu au fil du temps un concentré de violence par le simple fait que cette prison est devenue incapable d'accueillir les cas de moindre importance, donc, que des détenus ayant commis des actes graves, ce n'est la prison qui accueillait il y a quelques décennies des gentils dealers de shit, mais bien des détenus représentants des dangers liés aux violences les plus menaçantes, ce qui fait de cette prison exiguë un lieu hautement violent auquel le personnel doit conjuguer diplomatie et compromis à chaque instant.

Il suffit de s'entretenir avec des gardiens de cette prison pour réaliser à quel point ce lieu devient toujours plus explosif et combien les peines sont ridicules en relation des délits commis.

ça va péter, quand ? pourquoi ?, ça personne ne peut répondre, mais que ça va péter, c'est certain !

Écrit par : Corto | 12/11/2014

Et puis, ce n'est pas 240% mais bien 330% !!

Écrit par : Corto | 12/11/2014

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