28/10/2014

Le grand fossé

 

 

Ecopop, la nouvelle initiative de l’UDC contre le droit international, le carnotzet des HUG, que d’émotion ! Que la politique peut être palpitante !

C’est sans doute pour cela que M. Décaillet offre, sur son blog, le jeudi 23 octobre, une ode à l’émotion populaire, allant jusqu’à prétendre que «Eh oui, chers élus, il ne suffit d’aller à Berne pour sa carrière, certains d’entre vous en commis-voyageurs de la banque privée, des pharmas ou des Caisses maladie. Non. Il faut se présenter pour servir. Ou mieux : ne pas ne présenter du tout, le débat politique n’appartenant absolument pas aux élus, mais à l’ensemble des citoyennes et citoyens de notre pays. » Bref, une démocratie directe avec une Landsgemeinde  qui prendrait les décisions politiques en phase directe avec le ressenti émotionnel de la population, en toute souveraineté qui plus est (M. Décaillet soutient l’initiative UDC contre le droit international).

Il oublie pourtant, emporté par son lyrisme et sa vision mythique d’une Suisse originelle, deux éléments essentiels.

Tout d’abord, l’émotion porte en soi sa vérité ; elle n’a pas à être prouvée, il suffit qu’elle soit et elle s’impose. Son principal critère est sa satisfaction, non la pertinence ou le réalisme de son expression. A la vérité d’une émotion ne peut s’opposer que la vérité d’une autre émotion. Il est donc nécessaire de médiatiser les émotions du peuple par le biais de débats parlementaires, qui les transformeront en objet de discussion, d’argumentations et d’analyses, seule manière d’insuffler dans ce choc de deux vérités la raison qui permettra de les dépasser et de les concilier.

Ensuite, l’émotion publique est (quasi) toujours non constructive ;  exprimer, avec d’autres, son ras-le-bol de l’immigration, par exemple, permet de se placer comme victime d’un tort auquel vous êtes étranger et dont la responsabilité revient aux autres, à ceux qui ne font rien. Il est nécessaire d’avoir un relais politique qui transforme alors ce ressenti négatif en un objet parlementaire (projet de loi, motion ou résolution) qui lui donnera alors une forme constructive, compatible avec la discussion et l’étude dans un parlement.

Nous avons la chance de disposer d’une démocratie représentative (les élus représentent le peuple) et délibérative : tout objet politique est soumis au crible du débat parlementaire, garantie d’une prise en compte rationnelle, du moins pour une partie, j’en conviens, et responsable.

Disqualifier à qui mieux mieux les députés, cantonaux ou fédéraux, revient à discréditer l’ensemble de nos institutions politiques ; creuser un fossé entre les organes politiques et la population afin qu’elle  s’en méfie toujours plus, c’est attaquer notre modèle de démocratie, qui a pourtant, oh combien, fait ses preuves.

Pour ma part, je me range résolument du côté des « pisse-froid cérébraux » selon l’expression de M. Décaillet,  car je crains, pour mon pays,  les boutefeux démocratiques et les conséquences de leurs actes.

 

17:06 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (28) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bonjour M. Bugnion,

Il n'y a pas plus (ni moins) d'émotion dans le vote de quatre millions d'électeurs potentiels (le corps électoral de la Suisse) que dans celui de 246 (les Chambres fédérales). Simplement, le nombre de décideurs est beaucoup plus important. Le débat s'est fait avec l'ensemble des citoyennes et citoyens de ce pays. Pourquoi ne pas s'en féliciter ? Votre texte donner à penser qu'une Assemblée parlementaire voterait sans émotion, juste guidée par la Raison, la Vernunft de l'Auklärung allemande. Et qu'à l'inverse, quatre millions d'électeurs potentiels seraient comme privés de cette Raison. Et confinés dans l'émotion.

Sciemment ou non, vous entretenez une confusion. Pire: vous écrivez que plaider pour le suffrage universel, "c'est attaquer notre système de démocratie". Alors que les initiatives et les référendums FONT PARTIE ORGANIQUEMENT de notre ordre constitutionnel. En faire usage, en quoi est-ce attaquer notre démocratie ? C'est la faire vivre, justement.

A vous lire, on pourrait croire que je demande la dissolution des Parlements dans notre pays. Alors que je me félicite de la dialectique entre démocratie directe et démocratie représentative.

Merci, donc, de lire attentivement mes textes, et de ne pas en dévoyer le sens.

Écrit par : Pascal Décaillet | 28/10/2014

Bonsoir M. Décaillet Merci de votre intervention qui permet de lire que vous vous félicitez de la dialectique entre démocratie directe et démocratie représentative, sans vouloir dissoudre cette dernière. Reste que le discrédit que vous jetez sur les parlementaires est bien réel.
Sur l'émotion qui reste la même a plus petite échelle, je ne peux vous suivre. C'est, à mes yeux, une question de responsabilité; le citoyen qui vote ne porte pas la même charge que le parlementaire, qui, lui, a des comptes à rendre a son électorat et endosse une partie de la responsabilité de l'objet de la votation, puisqu'il a eu le temps de l'étudier et de la débattre. Vous conviendrez que ce n'est pas le cas de tous les citoyens qui s'expriment. De ce fait, je fais l'hypothèse que, si l'émotion est évidemment présente dans les parlements, la grande majorité des députés s'efforcent de la mettre à distance, du moins par moments, et de faire appel à la raison, celle de l'esprit des lois de Montesquieu. C'est du moins ainsi que je vois ma fonction.
Ce n'est pas le fait que vous plaidiez pour le suffrage universel, base de notre démocratie, que je déplore. C'est le fait que vous négligiez tout le travail parlementaire entrepris, y compris pour les initiatives et les référendums, qui permet par cette forme de médiatisation de traduire la volonté populaire en lois. Même que parfois, ce travail échoue, comme pour l'initiative UDC pour le renvoi des criminels dangereux ou d'autrefois, prenne bien du temps à aboutir, comme pour celle du 9 février.
Dialectique entre démocratie directe et démocratie représentative, d'accord; établir la primauté de l'une par rapport à l'autre, non, car c'est terriblement dangereux. Voudriez-vous d'un parti 5 étoiles en Suisse? Qu'amène-t-il de positif à la démocratie de nos voisins?

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 28/10/2014

"Disqualifier à qui mieux mieux les députés, cantonaux ou fédéraux, revient à discréditer l’ensemble de nos institutions politiques ;"

Le problème est que les députés se discréditent eux-mêmes en ne représentant pas la population, mais les conseils d'administration où ils ont des sièges. Il n'est que de voir les positions respectives de la population et des "députés" sur l'adhésion à l'Union européenne.

Écrit par : Johann | 28/10/2014

Vous pensez que tout député représente un lobby? Voilà une généralisation abusive! Et surtout encore une disqualification.
La majorité d'entre eux, me semble-t-il, est aujourd'hui hostile à une adhésion à l'UE, comme la population. Une minorité est certes pour, comme dans la population.
Vous entretenez à plaisir le grand fossé.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 28/10/2014

C'est incroyable de publiquement exprimer une telle confusion:

1) Ecopop n'est pas une initiative de l'UDC

2) L'UDC rejette cette initiative, ce qui lui a valu d'être traitée d'hypocrite par le comité d'initiative.

C'est de l'ignorance ou de la désinformation délibérée ?

Écrit par : Eastwood | 28/10/2014

Je ne comprends simplement pas votre intervention.
Dans ce billet Ecopop n'est citée, comme le carnotzet des HUG ou la nouvelle initiative de l'UDC contre le droit international, que comme exemple d'actualité politique qui suscite de l'émotion. Mon propos ne vise ni Ecopop, ni l'UDC; il regrette le discrédit porté par certains au travail parlementaire, qui est une base de la démocratie, au même titre que les initiatives et référendums, et dénonce le fossé qui se crée de plus en plus entre les organes politiques et la population, source de dangers pour notre système politique.
Je n'ai jamais prétendu qu'Ecopop émanait de l'UDC! Où avez-vous lu cela?? Ca y est, je viens de comprendre! Je commence par 3 exemples distincts générateurs d'émotion. "La nouvelle initiative de l'UDC contre le droit international" ne qualifie pas Ecopop, c'est un deuxième item, distinct du premier. J'admets que la formulation peut engendrer une confusion.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 28/10/2014

L'exercice de la "démocratie" n'est pas facile, rappelez-vous le manifeste des 343...., rappelez l'essentiel, rappelez ce que nous étions et ce à quoi nous échappons au quotidien.

Je dirais que malgré des apparences parfois ressemblantes à des gargouilles chères à nos nostalgies, le paysage sociétal actuel revêt, en ce qui concerne la Suisse, des masques plus apaisant que ce que les reliques de l'histoire encore fumante fait semblant d'avoir définitivement laissé derrière.

Nous sommes condamnés à vivre en démocratie, profitons-en !!!!

Écrit par : Corto | 28/10/2014

"Vous pensez que tout député représente un lobby?"

Non, mais une majorité d'entre eux. Renseignez-vous.
Vous savez pertinemment que la députation n'est pas représentative de la composition de la population.
Mais c'est pratique de faire la question et la réponse.


"Voilà une généralisation abusive!"

C'est vous qui généralisez.


"Et surtout encore une disqualification."

Et ce faisant, vous vous disqualifiez vous-même.


"La majorité d'entre eux, me semble-t-il, est aujourd'hui hostile à une adhésion à l'UE, comme la population. Une minorité est certes pour, comme dans la population."

Renseignez-vous:

http://www.lesobservateurs.ch/2014/06/02/multiplication-accords-suisse-ue-adhesion-fait/

Et c'est le 3me article de la série.


"Vous entretenez à plaisir le grand fossé."

Svp, ne prêtez pas aux autres ce vos propres propos réalisent.

Écrit par : Johann | 28/10/2014

Johann, votre référence montre bien tout le fossé qui nous sépare. Gardez vos certitudes, je prendrai soin de mes doutes!

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 29/10/2014

Oui j'ai entamé, depuis pas mal de temps déjà, une vaste réflexion éditoriale sur la nature et les limites de l'institution parlementaire en Suisse. Et je n'ai pas l'intention d'y mettre un coup d'arrêt. Lorsque j'ai commencé au Journal de Genève, il y a une trentaine d'années, il était fort rare qu'une initiative aboutisse devant le peuple et les cantons. Aujourd'hui au contraire, cela devient fréquent. Malgré la gigantesque artillerie que les pouvoirs constitués engagent contre elles (Conseil fédéral, Assemblée fédérale, partis politiques, patronat, millions d’Économie Suisse, etc.). Eh bien il faut croire, M. Bugnion, si ces textes lancés par la base (au départ, par de tout petits groupes de citoyens) parviennent un beau dimanche à convaincre des millions d'électeurs, que les instances parlementaires ont pour le moins peiné à saisir, humer, capter certaines souffrances ou attentes de la population sur les sujets en question.

Il est donc certes bon que les Parlements existent, comment dirais-je le contraire ? Mais il est tout aussi salutaire qu'existe, de façon unique au monde, dans notre petit pays, ce MÉCANISME CORRECTIF aux surdités ou aux insensibilités parlementaires qui s'appelle la démocratie directe.

Une dernière remarque, M. Bugnion: vous êtes vous-même parlementaire, donc juge et partie dans toute cette discussion. Votre texte respire la réaction corporatiste pour défendre vos pairs, parce que quelque plume se permet d'émettre des doutes sur l'instance parlementaire. Un peu d'autocritique et surtout d'ECOUTE DE LA POPULATION ne vous feraient pas de mal. Après tout, on vous élit pour faire des lois et contrôler l'activité du gouvernement (ce qui est déjà immense, comme mission). C'est sur votre capacité d'action, non sur vos talents de commentateur, que vous serez jugé. A cet égard (et là, je ne parle pas de vous), vous n'imaginez pas comme peut être dévastateur, en termes d'image, le tutoiement généralisé des parlementaires entre eux, sur les réseaux sociaux.

Je ne suis pas sûr que le pire détracteur du parlementaire ne soit pas, ces temps, par son comportement, le... parlementaire lui-même.

Écrit par : Pascal Décaillet | 28/10/2014

@ M. Décaillet: que les instruments de la démocratie directe soient précieux pour garantir la prise en compte des aspirations du peuple ne fait pas l'ombre d'un doute. Et je défends leur existence qui est très souvent citée en modèle par les autres pays. Mais au même titre que ceux-ci corrigent la surdité ou l'insensibilité des parlements, les organes politiques sont nécessaires pour concrétiser sous forme de lois les volontés populaires, et il faut reconnaître cette fonction. Parce qu'elle implique un travail de mise en adéquation avec le droit, suisse ou international, parce qu'elle permet d'introduire des nuances et de faire des compromis là où ils sont bénéfiques à l'ensemble de la population. Il n'y a qu'à voir ce qui se passe avec l'initiative du 9 février pour se rendre compte de l'importance des parlementaires.
Bien sûr que je suis partisan dans cette discussion, car j'ai la faiblesse de croire à ma fonction et de défendre les institutions. Mais vous, M. Décaillet, qui précisez avec franchise votre ligne éditoriale, ne l'êtes-vous pas aussi?

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 29/10/2014

Vincent.S, ne pas s'imaginer que ces tribuns ne servent pas de tremplin à l'évolution, certes, ils profitent de quelques remous pour faire feu de leurs idéologies rances, mais au vu des déculottées collectionnées, finalement, ils n'ont fait que se donner publiquement à des exercices d'auto-flagellation !

Écrit par : Corto | 29/10/2014

Bravo et merci pour votre texte M. Bugnion.
Quant à M. Decaillet, il ne fait simplement que tenir le discours à la mode du moment ; le discours populiste.

Celui-ci consistant à dénigrer systématiquement les élites pour mieux élever la parole du peuple (dont on sait pourtant à quel point il est mal informé et manipulé par des médias qui ont définitivement optés pour l'émotionnel plutôt que le rationnel) au rang de sagesse suprême sur laquelle oser revenir consisterait à « prendre la population pour des idiots ».

Autant dire qu'avec des éléments aussi imparables et des initiatives toutes plus démagogiques les unes que les autres, les populistes ont le vent en poupe et j'ai bien peur que nous devions en supporter les (fâcheuses) conséquences encore longtemps.

Bonne journée !

Écrit par : Vincent.S | 29/10/2014

@Corto la démocratie n'interdit pas le silence et c'est ce que nos anciens faisaient .Voir,entendre et se taire mais agir individuellement ce qui permettait d'atteindre le but recherché par tous mais pour la plupart inconsciemment
C'était la loi des petits commerçants et des anciens Scouts car en écoutant ils enregistraient et savaient qui devait ou ne devait pas être aidé.
Bon vous me direz tout le monde se connaissait c'est vrai cependant ceci marche à merveille dans un immeuble ou de plus en plus de gens ont compris l'adage qui pourtant nous avait été instruit à tous,le silence est d'or et la parole est d'argent et c'est valable dans de nombreux domaines ce qui au demeurant peut aussi éviter des conflits entre époux
Surtout quand on sait d'avance qu'en année électorale de nombreux couples vont passer à la trappe simplement par trop de tension généralisée grâce aux partis et disputes au sein de nombreuses entreprises
On est loin du temps ou seules les infos trois fois par jour étaient écoutées religieusement ce qui permettait aux enfants de partir de table en courant pour aller s'amuser ce qui fait dire encore maintenant ,c'était le bon temps

Écrit par : lovsmeralda | 29/10/2014

Lovsmeralda, vous le savez mieux que beaucoup que le malin n'est toujours pas couché, en tant qu'êtres humains, c'est un combat de chaque instant, concernant les bassesses de Monsieur Décaillet, c'est un peu par "professionnalisme" qu'il pêche dans tous les sens du terme, comme vous le dites, il commerce avec ses attributs abrutis par les valses enivrantes de la petite coure de récréation.

Laissons-le, n'attachons pas trop d'importance à ses petits jeux de séductions révélateurs d'une âme faible, son attitude à déteint sur sa gestuelle et même sur ses expressions peu convaincantes.

Ce n'est pas un politique, il leurs sert la soupe, à chacun son job, bon, parfois il est inéquitable et se raccroche à quelques chouchouteries, mais qui peut lui en tenir grès ?

Ce sont les bidons vides qui font le plus de bruit !

Écrit par : Corto | 29/10/2014

"Vous pensez que tout député représente un lobby?"

Puisqu'il faut faire le travail pour vous:

www.parlament.ch/d/organe-mitglieder/nationalrat/Documents/ra-nr-interessen.pdf

et

www.parlament.ch/d/organe-mitglieder/staenderat/Documents/ra-sr-interessen.pdf

Le voilà le "grand fossé".

Monsieur Décaillet a raison, votre réaction est corporatiste. Au moins vous avez l'honnêteté de le reconnaître.

Écrit par : Johann | 29/10/2014

@ M. Bugnion - Partisans, dans une discussion entre citoyens, nous le sommes tous, et c'est très bien comme cela. J'ai rappelé récemment, dans une analyse, que les parlementaires avaient deux fonctions précises, au demeurant immenses: faire des lois (ça n'est pas rien!) et contrôler l'activité du gouvernement de l'administration, etc. Belles tâches, essentielles en République. Mais le DÉBAT POLITIQUE n'appartient pas aux seuls parlementaires. Il est ouvert à l'ensemble des citoyennes et citoyens de ce pays. Que ces derniers se saisissent de plus en plus souvent de sujets (qu'ils jugent sous-estimés par les élus), lancent des initiatives, se battent pour elles, tentent de convaincre d'autres citoyennes ou citoyens, dans la rue, sur les marchés, moi je trouve cela extraordinaire. C'est le coeur vivant du débat démocratique.

Cette démocratie directe, il ne s'agit pas (j'en conviens avec vous) de la sacraliser, ni de la mythifier. Mais simplement de la reconnaître comme un ORGANON (un outil) de notre ordre démocratique. Un outil, parmi d'autres. Mais capital, puisqu'il est tranché de façon ultime.

Dans ces conditions, vous comprendrez (même si vous ne partagez pas) que je puisse vivement condamner les constantes tentatives d'invalidations (qui ne sont que des manœuvres politiques), et surtout le MÉPRIS avec lequel des élus, notamment des conseillers fédéraux, traitent ces initiatives. On dirait, à les entendre, qu'elles auraient quelque chose de malpropre, Alors qu'elles sont l'émanation - PAR LE DEMOS, NON PAR LA DOXA - de préoccupations venues d'en bas.

Contrairement à ce que vous pourriez croire, je déteste la DOXA, entendons par là l'opinion majoritaire du moment. Je déteste les sondages. Je déteste la rue. Mais dans une initiative, rien de cela. C'est l'un des cheminements démocratiques de notre pays. Tout comme un processus parlementaire.

Écrit par : Pascal Décaillet | 29/10/2014

M. Décaillet: oui le débat démocratique appartient à tout le monde, oui il est un outil capital de notre ordre démocratique, oui l'émanation du démos via les initiatives, quelles qu'elles soient, doit être respectée et non méprisée parles "élites" politiques et les parlementaires!
Il faut juste admettre, et vous le faites, qu'une phase importante de travail du pouvoir législatif dans sa mise en application est incontournable.
En fait, je réalise que vous vous en prenez à l'attitude méprisante de certains politiciens, réfugiés dans une doxa bien-pensante.
Contrairement à ce que vous pourriez penser, je n'ai nulle aversion pour le démos, bien au contraire! Certes, je suis totalement opposé à certaines initiatives, particulièrement de l'UDC, j'ai tenté de les combattre mais en ai toujours respecté le contenu. Quant à l'attitude de ceux qui les véhiculent, comme vous, j'ai trouvé aussi des politiciens engoncés dans leurs certitudes (Brunner, Moegerli ou Blocher) et qui affichent un souverain mépris envers leurs contradicteurs.
Séparons le contenu du contenant: la démocratie directe et les organes représentatifs sont les piliers de notre démocratie; l'éthique et le respect de ceux qui participent au débat en sont le ferment. Je souhaite sincèrement que les ceux-là soient préservés et ceux-ci soient à la hauteur de notre système politique.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 29/10/2014

"Ecopop, la nouvelle initiative de l’UDC ..(..).."..Vous avez clairement écrit qu'Écopop émanait de l'UDC ou alors j'ai de très gros progrès à faire en matière de français Jean-Michel... Relisez-vous :-)

Écrit par : Valérie Cuenca-Berger | 29/10/2014

Valérie Cuenca-Berger: je comprends que vous fassiez cette lecture, mais, comme je le dis dans ma réponse à Eastwood, j'ai voulu donner trois exemples distincts actuels qui provoquent l'émotion:
1. Ecopop
2. La nouvelle initiative UDC contre le droit international
3. Le carnotzet des HUG
Le No 2 ne qualifie donc pas le No 1 mais se réfère à la toute récente décision du congrès UDC de lancer une initiative pour la primauté du droit national sur le droit international.
J'admets que la juxtaposition des deux premiers peut induire une lecture erronée. Je ne l'avais pas réalisé. Désolé!

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 29/10/2014

@Corto vous m'épatez ou avez vous dénichez que je parlais de Monsieur Décaillet ?
je croyais être la seule a avoir les yeux fatigués de pianoter ,d'autres sont dans le même cas/rire

Écrit par : lovsmeralda | 29/10/2014

M. Bugnion, je constate que vous avez mis de l'eau dans votre vin suite aux commentaires bien sentis de M. Décaillet.

Je relis votre laïus d'introduction. Je ne sais pas si vous vous êtes rendu compte, mais votre vision est (quasi) manichéenne avec un déni du peuple et de la démocratie directe. Pour résumer votre propos, il y a d'un côté le peuple et ses émotions, "(quasi) toujours non constructives" et de l'autre les députés qui délibèrent et prennent des décisions "rationnelles" et "responsables".

Je constate avec plaisir que dans vos réponses à M. Décaillet qui vous a fait la leçon vous revenez à de meilleurs sentiments. A la bonne heure.

Et si vous pensez que les candidats à la députation se présentent, que dis-je se sacrifient pour le bien public, alors oui, vous avez bien mérité du titre de votre blog, hélas.

Écrit par : Johann | 29/10/2014

Une lecture attentive de l'ensemble vous aurait permis de voir que les concessions sont réciproques. Si j'approuve la prise en compte de l'émotion populaire, M. Décaillet reconnaît la nécessité du travail parlementaire.
Le seul donneur de leçons, ici, c'est vous Johann. Et je me réserve le droit, à l'avenir, de ne publier que celles qui amèneront des éléments au débat et non des attaques ad personam.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 30/10/2014

Ce qui est plus ou moins claire, c'est que les tribuns de l'UDC fonctionnent en politique un peu comme le font les parvenus avec l'argent facilement gagné.

Vont-ils réussir avec ces exercices peux habiles et lassants à éloigner les esprits les plus citoyens des urnes, surtout si la presse n'a rien d'autre à proposer au niveau des innovations, ce sera peut être malheureusement bientôt le cas, mais je reste néanmoins fidèle à ce diton : tant va la cruche à l'eau.........

Cela fait bientôt 15 ans que les médias et la presse ne cesse de nous plonger le nez dans les méandres populistes de certaines formations, qui généralement, apparaissent sous formes de moisissures, comme lors de la formation de la croûte autour d'un fromage.

Je suis de plus en plus convaincu, que l'intelligence collective fonctionne mieux qu'espéré depuis que de nombreux moyens de communications permettent aux acteurs secondaire d'exprimer leurs réflexions. Disons que la cause de ces populismes sont plutôt des sortes de réflexes encore vivotant non révélateurs de réelles forces vives.

Les populistes ont de tous temps été rejetés par les classes politiques, le fait qu'ils puissent s'exprimer aussi facilement permettent à certains fantasme de susciter certaines vocations et cet dans ce sens que la Suisse a perdu de sa force.

Toutes ces initiatives, ces flots d'initiatives et leurs taux de réussites posent un autre problème ; qui va se fatiguer en premier ? Les électeurs ou ceux qui découvrent un nouveau jouet, je parie sur les seconds !

Ces non-événements ne servent pas l'essentiel de la réflexion politique et ne rassemblent pas, ils provoquent des sursauts balançant les électeurs dans une forme de consumérisme émotionnel et vrais problèmes ne sont pas abordés, car les seuls capables de pousser la réflexion vers l'intérêt collectifs s'éloignent des vrais problèmes de société.

Egalement, le fossé entre les extrêmes, bien que de plus en plus éloigné dans sa largeur diminue à vue d'oeil en profondeur !

De larges zones de platitudes feignent de séparés des extrêmes qui finalement, se rejoignent par manque de relief.

Écrit par : Corto | 30/10/2014

lovsmeralda, et bien ainsi ce sera fait !!!

(rire)

Écrit par : Corto | 30/10/2014

Après avoir publié le fait que l'ex-conseillère socialiste se doit payé très récemment un appart Ch. de Rieu à Genève à 4,5 millions de Chf. les aillerons des requinots de la police genevois tournent autour de "Corto".

Oui, les pandores agissait sur des demandes venant directement de la "puissances obscures" sans passé par une instruction émanant du Parquet comme le CP le stipule depuis 2011 !

En fait cela s'apparente farouchement à de l'intimidation policière ajoutant aux 4,5 millions de Chf. quelques dépenses payées par les contribuables aux goût du grand luxe de l'ex-conseillère fédérale.

Exactement comme en Russie lorsque les journalistes dénoncent les corruptions, sans oublier que Micheline Calmy-Rey était à bonne école.

Donc, achat d'un appartement à 4,5 millions par l'ex-conseillère fédérale, intimidation policière sans mandat du Procureur, téléphone avec le pandore et annulation d'une pseudo audition, coût des policiers qui traînent 2 jours pour rien dans cette tentative, entre 2'000 et 4'000 Chf. si tout se passe sans l'intervention des fédéraux et avec fédéraux, dix fois plus !

Ce sont les coûts annexes liés aux blanchiments opérés par les politiques socialistes, ils doivent posséder des lieux de résidences correspondant aux corruption qu'ils ont engrangés, comment recevoir d'autres corrompus ou corrupteur dans un 4 pièces subventionné ?

Oui, l'ex-conseillère fédérale est entrée dans le milieu des réseaux socialistes de blanchiments et c'est pas de la broutille l'internationale socialiste, en fait Micheline à reprit les clés à Jeannot, corruptions via l'onu et les aides internationales finissant sur des comptes à numéro !

Vivement que les lois sur les banques soient appliquées et que la Suisse sorte de ce sale jeux de meurtriers patentés !

Écrit par : Corto | 30/10/2014

C'est un ça Genève, les Pascals et autres ne savent pas de quoi parler, alors ils meublent avec des légèretés genre musique pour ascenseurs et ne parlent pas des apparts que la gauche se paye dans les beaux quartiers !

Écrit par : Corto | 30/10/2014

Quoi qu'en dise Pascal Décaillet, je penche plutôt de votre côté : les parlementaires, dans leur sagesse plutôt mal définie qu'infinie, possèdent des éléments et des informations - pour autant qu'ils fassent leur travail correctement (ce qui reste à démontrer pour certains d'entre eux) que le citoyen lambda pourrait, j'imagine, obtenir mais qu'il ne prend pas le temps nécessaire de réunir dans l'exercice d'une démocratie bien tempérée. Ou encore ne sait pas où obtenir les éléments qui lui permettraient de se déterminer en toute connaissance de cause. C'est donc bien l'émotion, souvent, qui tient lieu de raison. (Qu'on le dise d'ailleurs en allemand ou en français.) Tout en admettant que les parlementaires ne sont pas dénués d'émotions, j'imagine que la cuisine partisane prend souvent le pas sur l'émotivité, sauf peut-être quand un Conseiller fédéral est victime d'un accident cardiaque...

Cela dit, personne en Suisse ne conteste le droit d'initiative et de référendum. Et M. Décaillet rappelle à juste titre que les initiatives déposées au siècle dernier étaient beaucoup plus systématiquement refusées par le peuple souverain.

Sans doute vaudrait-il la peine de se pencher sur le but des initiatives actuellement déposées. Si elles ne visent qu'à sanctionner le travail parlementaire sans se préoccuper le moins du monde des implications futures des textes acceptés, alors on dévoie complètement le sens de l'initiative.
Si le peuple ne fait plus confiance aux parlementaires, il faut en changer puisqu'on entend journellement que les élus sont nuls...

Il y a quand même quelque chose que je ne comprends pas bien : pourquoi, très (trop?) souvent on réélit les mêmes ?

Écrit par : Michel Sommer | 03/11/2014

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