14/10/2014

Lettre ouverte au bureau du Grand-Conseil

 

Mesdames, Messieurs,

 

Avec tout le respect que je vous dois, je me permets de réagir publiquement pour manifester ma totale incompréhension devant l’absence de sanctions pour les fauteurs de troubles, lors de la séance du 10 octobre 2014.

 

Certes, il fallait apaiser l’emballement médiatique, calmer les esprits pour donner une chance au budget 2015, bref considérer ce qu’on appelle la Realpolitik !

 

Mais aucune Realpolitik ne peut piétiner à ce point nos institutions politiques qui sont les garde-fous  de notre démocratie !

 

Comment expliquer aux citoyens, qui ont pu voir ce qui s’est passé, que le comportement et l’attitude d’un chef de groupe et de sa députation n’ont pas de répercussions, que l’insoumission à une autorité institutionnelle n’entraîne aucune sanction, que l’organe qui fait les lois autorise ses membres à mépriser celles qui le régissent ?

 

Comment ne pas comprendre ensuite que le fossé se creuse entre les citoyennes et citoyens et une classe politique qui se décrédibilise elle-même ? Comment ne pas craindre à l’avenir l’escalade des transgressions au sein du parlement ? Comment,  au détriment de la  démocratie représentative, donner un tel encouragement  aux populistes, ceux qui dénoncent les  « élites » politiques « tous pourris », se moquent des institutions pour mieux séduire une partie de la population, qu’ils qualifient de « peuple » ?

 

Le vendredi 10 octobre fut un jour sombre pour notre démocratie ; vous avez, par votre décision de ne pas sanctionner, créé un mardi noir, le 14 octobre.

 

Veuillez croire, Mesdames, Messieurs, à l’expression de ma profonde tristesse démocratique.

 

 

 

Jean-Michel Bugnion, député Vert

 

 

 

 

 

PS. A l’heure où j’écris, je n’ai pas d’explication sur l’absence du membre Vert du bureau lors de la séance. Mais je peux affirmer, sans aucun doute, qu’il se serait prononcé pour une sanction maximale, à l’instar du PS, du PLR et du PDC.

 

14:18 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Tags : grand-conseil, mcg | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Une fois de plus Jean-Michel tu n'écris pas la vérité... et je me dois de te le rappeler....

le chef de groupe du MCG est Jean-Marie VOUMARD, lequel de par sa fonction de chef de groupe justement a bien tenté de "remettre de l'ordre" dans le groupe.

En aucun cas, ni à aucun moment, Jean-Marie, chef de goupe MCG n'a participé à cette mésaventure...autre que de rétablir le calme et la sérénité au sein de notre hémicycle,

bien à toi

Écrit par : CERUTTI Thierry | 14/10/2014

merci pour ton blog.
Mais le souci que j'ai c'est que c'est une partie de la gauche qui a absout Stauffer.
Absence de votre représentant et vote contre de EAG.
Non de non il y a des jours où les absences sont interdites, sinon a quoi sert de prendre des positions dans les journaux pour ne pas les appliquer.
François tu étais où ?

Écrit par : Bertrand Buchs | 14/10/2014

Le cas va faire jurisprudence. Donc dorénavant n'importe quel député pourra bloquer les débats en adoptant le même comportement. Le parlement transformé en théâtre guignol.

Écrit par : Johann | 14/10/2014

Jean-Michel tu n'est pas si candide que ça car tu sait très bien que si Stauffer est sorti de ses gonds c'est parce que le président du GC n'a pas voulu lire l'amendement déposé par Pistis et qu'en ce faisant il n'a pas respecté la procédure. Et comme par hasard des partis PS,PLR,PDC et quelques verts étaient de ceux qui voulaient faire passer la loi qui favorise les alliance contre nature. Candide ?

Écrit par : norbert maendly | 14/10/2014

De moins en moins candide, tu as raison. Et ce que je découvre ne me réjouis guère. Norbert, il n'y a aucune procédure qui oblige à lire un amendement! Dans ce cas, il avait été amplement discuté lorsque les Verts l'avaient proposé et le président indique qu'il figure à la page 11 du rapport que nous avions sous les yeux. C'est, à mon avis, juste un prétexte que saisit au vol E. Stauffer pour une ultime tentative de couler la loi, une sorte "d'esclandre d'honneur". Pour moi, toute cette histoire est pitoyable.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 14/10/2014

Non !
Pas vous !
Vous n'allez quand même présenter votre démission ?

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 14/10/2014

Non, Monsieur Dumitrescu, je ne vous ferai pas ce plaisir!

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 14/10/2014

Je suis très touché et triste de vous lire, monsieur Bugnion.
Comment êtes-vous arrivé à cette conclusion ?
Loin de moi l'idée de vous voir quitter vos fonctions.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 14/10/2014

Merci infiniment pour votre billet. Je suis scandalisé par les récents événements. Et peut-être même, s'il faut y réfléchir, un peu choqué. Celui qui ne respecte pas le démocratie, même s'il est élu démocratiquement, doit se retirer !

Écrit par : Geores Cloney | 15/10/2014

quousque tandem,Catilina ( chef du parti populaire < équivalant à populiste à la fin de la république romaine >, abuteris patientia nostra ?

Écrit par : christian Lanza | 17/10/2014

Censeo Cartaginam (ennemie de la même république romaine) delendam esse! Caton l'Ancien; certes la rime possible est pauvre, mais tout de même...

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 17/10/2014

Cartaginam : correction: Carthaginem.

Est-ce à dire qu'il faut détruire Genève, la nouvelle Carthage? Ou seulement le MCG?

Écrit par : Cincinnatus | 17/10/2014

Effectivement, mes excuses pour l'horrible faute et merci de la rectification. Quant à l'interprétation de la citation, elle est libre...

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 17/10/2014

Malheureusement le conditionnel n'existe pas en politique. Votre billet ne manque pas de panache, mais plutôt que de l'adresser au président du Grand-Conseil et au public - qui n'y sont pour rien - il aurait été judicieux de faire connaître votre sentiment à votre collègue vert. Celui dont l'absence a conduit à l'issue que vous déplorez. De préférence avant l'heure fatidique. Compte tenu de la co-responsabilité des Verts dans cette affaire, je trouve que le silence aurait été plus adapté aux circonstances.

Écrit par : Jürg Bissegger | 17/10/2014

Un parti est-il responsable dans son entier à chaque fait et geste de l'un de ses membres? L'absence, hautement regrettable j'en conviens, est fortuite, non le fruit d'une décision politique.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 17/10/2014

Est-ce que le "fautif" a quitté le bureau dont il n'arrive pas à assurer la charge ? Non. L'histoire retiendra que les Verts n'ont pas voté de sanctions. Les électeurs se souviendront également. Pour ce qui est des "excuses", on n'est pas à l'école mais au Grand-Conseil. Pour conclure en latin: Si tacuisses...

Écrit par : Jürg Bissegger | 17/10/2014

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