20/09/2014

Quelle sécurité?

 

En 2013, les chiffres de la criminalité sont en baisse, le magistrat en charge du département et le procureur général ont eu le triomphe modeste.

 

En effet, parallèlement, l’analyse du sentiment d’insécurité dans la population a encore crû jusqu’à atteindre le 49% !

 

Première constatation objective : il n’y a pas de corrélation directe entre les résultats de la lutte contre la criminalité et le sentiment d’insécurité éprouvé par les citoyens. En clair, l’efficacité de la police et la politique d’incarcération choisie ne sont pas suffisantes pour rassurer nos concitoyens. Plutôt étonnant, non ?

 

L’explication de ce paradoxe tient à un autre pourcentage. Parmi ceux qui éprouvent un sentiment d’insécurité, seulement 18% sont satisfaits de l’endroit où ils vivent. La qualité de son logement et de son environnement proche, le contexte social de son quartier interviennent donc pour beaucoup dans la perception de la sécurité.

 

M. Maudet, en charge du DES, s’est vertement emporté au Grand Conseil contre le parti de la même couleur, l’accusant de combattre la prison des Dardelles par la même vision idéologique qui avait auparavant mené Genève dans le mur. Les chiffres publiés par son département et cités plus haut devraient pourtant l’amener à nuancer sa propre vision.

 

En effet, des questions fondamentales se posent, de manière objective :

 

Si le sentiment de sécurité est aussi tributaire de la qualité de vie et de lien social des habitants de la cité, pourquoi consacrer autant de ressources budgétaires à la répression et à l’enfermement ?  La lutte contre l’insécurité est le but déclaré de l’action politique de M. Maudet, soit. Dans ce cas, pourquoi ne tient-il pas compte des conclusions  que donnent les indicateurs qu’il a, lui-même, mis en place ? ? Pourquoi le DES obtient-il 5% d’augmentation pour le prochain budget, augmentation qui se situera à 10% les années suivantes, forcément au détriment du DALE ou du DEAS, dont les budgets diminuent fortement, alors que, nous l’avons vu, leurs actions contribuent tout autant à construire un sentiment de sécurité ?

 

Questionner la pertinence d’une nouvelle prison de 450 places, dont le coût impacte grandement le budget de l’Etat, se rajoutant à l’extension de 100 places d’une prison existante (La Brénaz) et à la difficile mise en marche de Curabilis, n’est-ce pas légitime ?  Le reprocher violemment dénote un manque d’ouverture à une réflexion globale sur la sécurité et, peut-être bien, un parti pris … idéologique !

 

16:11 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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