10/09/2014

Futur budget: quelle majorité?

 

Le Parlement se penchera bientôt sur le budget 2015 proposé par l’exécutif ; sa composition en trois blocs rend la situation complexe, car les majorités peuvent être très mouvantes et versatiles, le risque de recourir, encore une fois,  aux 12èmes est conséquent. De plus, le vote qui a majoritairement refusé d’approuver le programme de législature du Conseil d’Etat confirme que celui-ci ne peut s’appuyer sur un appui  solide au Grand-Conseil. Allons-nous donc vers des batailles homériques autant qu’improductives ? Des coups d’éclat, de tonnerre ou de Jarnac ? Vers une politique spectacle qui, certes, fait vendre les médias et flatte l’ardeur combative de certains,  mais qui coûte cher à nos concitoyens en définitive ?

 

Peut-être pas, si l’on considère comment s’est déroulé le vote de la nouvelle loi sur la police.

 

Bien sûr, le MCG a sorti l’artillerie lourde, avec le dépôt de 40 amendements (retirés en début de la séance supplémentaire et remplacés par un refus total de la nouvelle loi) et 8 demandes de renvoi en commission ! Il a tonné contre la compromission des partis qui acceptaient de réformer une loi datant de … 1957, a menacé d’un référendum, a affirmé que c’était aux personnes du terrain de dire ce qu’il fallait dans la loi, démontrant ainsi son appui au corporatisme.

 

Bien sûr, l’UDC s’est crispée idéologiquement sur la nationalité des policiers et a refusé de voter la loi, lorsque son amendement visant à inscrire dans la loi l’exigence de la nationalité suisse a été rejeté par 80% des députés.

 

Bien sûr, l’EàG s’est enflammé pour la défense des travailleurs en général, des syndicats   particulier, allant jusqu’à prétendre qu’une commission du personnel où siégeraient des employés non syndiqués serait une atteinte aux droits de l’homme !

 

Les 4 autres partis (PLR, PDC, PS et Verts) ont su raison garder. Patiemment, ils ont négocié, les uns lâchant sur le maintien provisoire de certains avantages (payement de l’assurance maladie, de la prime de risques)  ou la disparition d’un ratio de policiers par habitants, les autres acceptant l’éloignement des mendiants  ou le non engagement de permis C dans la police. De cet exercice peu spectaculaire est sortie une loi soutenue par une confortable majorité (57 oui contre 36 non) qui résulte d’un consensus construit pas à pas et, comme le disait la rapporteuse de minorité socialiste, « votée sans enthousiasme ». C’est donc une bonne loi, issue de bords différents dont aucun ne triomphe ou en revendique la seule paternité, une bonne loi qui rassemble des visions au départ éloignées pour les rendre en fin de compte complémentaires. Une loi qui reflète la diversité incontournable des idées  et parvient à l’intégrer pour offrir une plus-value à l’ensemble de la population.

 

Et s’il s’agissait de la répétition générale pour l’examen du budget 2015 ? Qui s’en plaindrait ?

 

11:06 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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