04/09/2014

Bon sens et politique

 

Bon, prenons trois projets actuels de bords différents, à savoir :

 

  1. La traversée de la rade de l’UDC et MCG

  2.  L’extension pénitentiaire du magistrat PLR P. Maudet

  3. Le projet de loi sur le chômage de l’Alternative et des syndicats

 

Maintenant, appliquons-leur une dose de bon sens.

 

  1. Au mieux, soulage une partie des quais, mais remonte seulement les bouchons de quelques centaines de mètres, en crée de nouveaux, ne résout pas le problème de la circulation au centre et plombe totalement les finances de l’Etat.

  2. Personne ne conteste que Genève a accumulé du retard pour faire face à l’augmentation des détenus condamnés à une exécution de peine.  Faut-il pour autant ajouter dans cette difficile équation  la chasse aux sans papier et prévoir de transformer Genève en un hub de détention administrative ? Une prison, ça coûte bonbon : 70 millions pour l’agrandissement de 100 places à la Brénaz, plus 290 millions pour la future prison des Dardelles !  Ne faudrait-il pas plutôt se concentrer sur une solution pour ceux qui ont commis un vrai délit et doivent purger leur peine ? Quel avantage tirons-nous d’enfermer des personnes, parfois des familles dont le seul tort est d’être attirées par un miroir aux alouettes que le Nord tend au Sud ?

  3. Prendre en charge toutes les personnes au chômage qui ont travaillé à Genève, leur trouver un emploi dans l’administration payé au 2/3 du salaire mensuel moyen (4471,50) ou leur offrir une formation qualifiante et certifiante, défrayée à raison de 3577.-/mois, c’est beau et généreux, certes, mais ça produit quoi ?  Un état providence label ++ , qui déresponsabilise chacun, concurrence les emplois des PME, alourdit son administration et donne aux jeunes un signal démotivant. Sans compter les 100 millions d’ardoise annuelle, ce qui, à mon humble avis, est une estimation bien timide.

 

Mais quelle mouche nous a piqués, nous les politiciens ? Pourquoi cette course à l’insensé, digne des vidéos des fans de Jacasse ? Il y a en tout cas un point commun aux trois projets : ils se fondent sur la grogne d’une partie de la population. Celle des automobilistes, celle de celles et ceux qui ressentent un sentiment d’insécurité croissant dans notre canton, celles et ceux qui sont les laissés pour compte d’un système économique  de plus en plus compétitif et exigeant.

 

Or, le sentiment de grogne possède comme expression aboutie la colère, qui, comme on le sait, est mauvaise conseillère.  Entendre la (g)rogne, la comprendre ou la partager, pourquoi pas en tant qu’individu ? Dans l’exercice de la fonction politique, en revanche, il vaudrait mieux s’en distancier, de façon à considérer l’ensemble de la problématique avec le plus d’objectivité possible. Bref, faire preuve de raison et de bon sens.

 

Mais c’est alors qu’interviennent deux caractéristiques puissantes du monde politique : la prégnance d’une idéologie, quelle qu’elle soit, et le souci stratégique au bénéfice de son parti ou de son ego. Lorsque ces deux éléments entrent en jeu, alors c’est adieu veau, vache, raison et bon sens ! Peut-être est-ce là le jeu politique, le piment de l’activité ? Il n’empêche ;  à l’approche de l’examen du budget, qui régira le quotidien de la population pendant une année,  je préférerais que nous arrêtions de jouer à ça et retrouvions le bon sens au service de la population.

 

16:18 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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