02/05/2014

Vous êtes plutôt école ou plutôt prison?

 

La liste publique des bâtiments scolaires en mauvais état comporte désormais une ligne de plus, celle du collège Rousseau. 

 

Par ailleurs l’enquête effectuée par l’Union, association professionnelle des enseignants du secondaire II, recense  bon nombre de problèmes d’entretien dans plusieurs établissements scolaires différents, comme aussi des bâtiments en sureffectifs.

 

A l’évidence, toutes ces constructions érigées dans les années 70 ont pris de l’âge et la massification de la formation secondaire une ampleur considérable depuis ce temps-là.

 

Il n’en demeure pas moins que le monde politique genevois a clairement fauté par défaut d’anticipation. Alors que les professionnels de l’immobilier vous diront qu’il s’agit de consacrer au moins le 2 % du budget à l’entretien des biens immobiliers, celui des bâtiments scolaires est resté largement en-dessous, voire égal à zéro dans certains cas, les mauvaises années. De même, on peut légitimement s’étonner que les besoins de locaux n’aient pas été, dans le passé, pris en compte, par exemple en construisant une nouvelle ECG ; pourtant les prévisions du SRED ne laissaient planer aucun doute sur cette nécessité.

 

Et nous voilà maintenant bien empruntés (fine allusion à la dette…) quand la brise est venue !

 

Le plus gênant, en ce qui concerne l’enseignement, est l’énorme différence qui sépare les anciens établissements et les récents : ce ne sont clairement pas les mêmes conditions de travail pour les maîtres, les mêmes conditions d’apprentissage pour les élèves. Vous avez dit « égalité des chances » ?

 

Allez, je parie qu’une majorité de la population serait d’accord de dire que la mise en conformité de tous les lieux d’enseignement est une priorité budgétaire !

 

Mais voilà, une majorité de la population est aussi favorable à  renforcer la politique sécuritaire, elle aussi victime par le passé d’un manque d’anticipation politique. Et donc on plébiscite l’engagement de nouvelles forces dans ce domaine, la construction de nouvelles prisons, le taux d’incarcération le plus élevé du pays (la moyenne suisse se situe à 82 détenus pour 100'000 habitants, Genève en a plus du double).

 

Je pourrais aussi mentionner ceux qui soutiennent, à juste titre, le développement nécessaire des transports publics dans une agglomération qui étouffera bientôt, victime de son pouvoir d’attraction.

 

Et les patrons, voire les employés de nos PME qui attendent impatiemment la réforme, coûteuse autant qu’incontournable, du taux d’imposition fiscale des sociétés…

 

Même si parfois l’esprit de Genève en donne le sentiment, impossible de tout avoir (le beurre, l’agent du beurre, etc… !) ! Il faudra faire des choix, tout en tentant de ménager la chèvre et le chou, ce qui promet de jolies passes d’armes politico-médiatiques !

 

L’essentiel, pourtant, est ailleurs ; c’est le type de société désiré, plutôt ouvert ou plutôt fermé, qui commandera la logique des choix à venir.

 

15:22 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Je vous propose de poser toutes ces questions à la Cour des Comptes.
Voici, en effet, un organisme qui sait voir clair. (Sauf en ce qui concerne les dépenses liées aux bâtiments qu'elle occupe elle-même: faut pas rigoler quand-même ! )

La Cour des Comptes est un organisme qui connaît les choses.

( Bon, certains de ses membres se sont lancé des seaux d'eau à la tête, mais juste parce qu'ils défendaient l'intérêt supérieur de l'Etat.)

Bref, pour moi, il n'y a qu'une seule planche de salut : la cour des comptes.

D'ailleurs, vu la pertinence de ses interventions, et la compétence de ses menbres, je ne comprends pas qu'elle ne soit pas davantage sollicitée.

Et en vérité, certains devraient saisir la cour des comptes de bien plus de causes ! Et même, de toutes les causes.
Car, enfin, est-il raisonnable de laisser tous ces débats techniques à tous ces vilains, les Magistrats et autres Députés ? ( Voire, pire encore à certains collaborateurs de l' Etat ? )

Non, non, nous n'en voulons pas !

Tout le pouvoir à la cour des comptes, voici ce qu'il faut ! (Quitte à engager davantage de fonctionnaires, pour la Cour, dans le but de faire des économies.)

Écrit par : Halot | 05/05/2014

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