17/03/2014

La Restauration

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Après la Révolution française, le consul Bonaparte puis l’empereur Napoléon mettent l’Europe sens dessus dessous. Lorsqu’enfin ce dernier est vaincu, le congrès de Vienne marque en 1815 la période historique appelée « la Restauration ». Après les coups de butoir d’une bourgeoisie enrichie par le commerce et l’industrie qui revendiquait le  pouvoir politique, c’était-là un retour bienvenu à l’ordre ancien,  à la monarchie, c’était le rétablissement de la société pyramidale de l’Ancien Régime dans laquelle chacun se devait de garder la place qui lui était assignée et Dieu veillait sur tous.

Le vote du 9 février consacre une nouvelle Restauration : face aux forces historiques de la mondialisation, la Suisse revient à l’Etat-nation, souverain à l’intérieur de ses frontières, protégé par sa neutralité (justement reconnue par le congrès de Vienne en 1815),  farouchement indépendant.

Cependant, il est à craindre que nous n’ayons pas les moyens de nos ambitions, considérant la puissance des forces historiques qui nous traversent.

Voyez la finance avec les procès qui s’abattent sur nos grandes banques, la fiscalité et notre position de faiblesse dans cette compétition sans morale qui se déchaîne, voyez la concurrence féroce entre les géants économiques de la planète (USA, Chine, Russie, Inde)  dans laquelle l’UE tente de défendre sa place ! Constatez la lutte des influences politiques dont l’Ukraine est le terrain de prédilection actuel, le dépit de toute la communauté scientifique suisse  mise à l’écart du développement des innovations !

En 1848 éclatent dans toute l’Europe des révolutions menées par la bourgeoisie et les nationalistes. La monarchie doit céder sa place à la république. Genève, cette fois, a pris de l’avance : James Fazy renverse le gouvernement  en 1846 et une année plus tard fait adopter la constitution de 1847 qui consacre la victoire de la classe bourgeoise.

Combien de temps durera la restauration helvétique de 2014 ? Jusqu’à quand résisterons-nous aux forces de l’évolution historique ? Je me garderai bien d’émettre un pronostic, préférant une certitude : plutôt que de s’arque bouter  contre le cours de l’Histoire, il vaut mieux essayer d’en faire partie et d’accompagner son évolution.

Image : représentation du congrès de Vienne par Jean Godefroy

 

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Commentaires

Votre texte m'encourage: je n'ai donc pas tort de penser et de dire que se recroqueviller sur soi aboutit à l’atrophie et à la mort sans espoir de résurrection car on l'aura choisi.
Je vois l'évolution historique en lien avec l'évolution de notre espèce humaine, horizontale plutôt que pyramidale lorsqu'il s'agit de gouvernance.
Merci beaucoup
claire-marie jeannotat

Écrit par : cmj | 19/03/2014

Droit au mur comme tout les autres ? D'une façon ou d'une autre nous ferons partie de l'histoire. Malheureusement la société évolue et le suicide individuel est toujours plus courageux que le suicide collectif. Lorsque les déportés montaient dans des trains aménagés pour les transports du bétail sans destination connue, ils allaient vers la mort programmé. Ils n'avaient pas le choix.
A même temps il y avait les collaborateurs qui au lieu de se battre ils préféraient de s'allier au plus fort. Mais la justice s'impose tôt ou tard.
Le pouvoir de ce petit pays est justement son histoire et cela vaut beaucoup plus que les aspirations de certains "justes" qu'ont perdu la raison.

Écrit par : Manco | 19/03/2014

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