30/01/2014

Lettre à un jeune citoyen genevois, de préférence entre 18 et 25 ans

Salut,

 J’espère que tu ne m’en voudras pas de te tutoyer. Même mes ex élèves de maturité, je ne parvenais pas à les vousoyer… N’y vois aucune marque d’irrespect ou de familiarité, juste une marque d’affection. Eh oui, l’avenir de la Suisse me tient à cœur et toi, tu es cet avenir.

 Oui, je sais, tu n’as pas grand-chose à faire de la politique.  Voter, ça ne sert à rien, de toute façon, « ils » sont tous pourris, ou, au mieux, décatis ! Normal, tes idéaux fraîchement construits n’ont pas eu encore le temps de se frotter valablement à la réalité, tu es entier, intransigeant.

 Justement parlons d’un idéal, celui que chacun de nous porte pour son pays ! Parce qu’au fond de toi, tu l’aimes cette Suisse et ce canton  qui constituent une part de ton identité.

 Alors, tu nous vois comment dans le futur ? Repliés sur nous-mêmes, exclus par exemple des programmes d’échanges internationaux pour les étudiants ? Isolés sur la scène internationale, avec une image de profiteurs égoïstes ? Economiquement limités, particulièrement dans tout le secteur des exportations avec les emplois qu’il représente ? Humainement mal à l’aise face à tes proches au passeport différent ?

 Sans exagération aucune, l’avenir de la Suisse, ton futur, va se jouer dans le sort fait à l’initiative UDC « contre l’immigration massive ». Son résultat conditionnera inévitablement de longues années à venir pour notre pays et te touchera directement, que tu le veuilles ou non. Ne le laisse pas aux mains des autres, plus âgés, plus roublards, plus réalistes !

 Vote avant le 9 février (en plus par internet, c’est facile !) et dis à tes copines et tes copains d’en faire autant ! Montrez-nous quelle Suisse vous voulez demain, car celle-ci vous appartient !

 

10:01 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Insupportables, ces vieux qui se permettent de tutoyer les jeunes. Quel mépris !

Écrit par : Géo | 30/01/2014

Pour qui sait lire, votre reproche ne tient pas et dévoile votre intention: disqualifier toute pensée contraire à la vôtre.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 30/01/2014

Merci grand papa pour tes conseils, il ne manquait plus que ces mots si rassurants pour mon avenir.
Moi qui hier encore hésitait à me prononcer, grâce à toi, j'en suis maintenant convaincu, je remplirai mon devoir citoyen.
Et bien sûr, je te remercie de me rappeler avec tant de compassion et de concernement l'importance d'en parler à mes copains et copines.
Heureusement qu'il y a des gens comme toi qui pensent à nous et qui nous aident à nous forger une opinion fondée sur des arguments indiscutables par un discours clair et documenté.
Merci aussi d'utiliser des mots simples et à ma portée qu'il me sera facile de transmettre à mes proches. Et oui, comme tu l'as bien compris, à 18 ans comme à 25 d'ailleurs, nous avons encore des traces de lait derrière les oreilles et nous avons besoin des conseils éclairés des anciens, même s'ils ont un peu l'air décati.
Merci grand papa !

Écrit par : Pierre Jenni | 30/01/2014

Joli morceau d'ironie qui vise à discréditer l'auteur en esquivant le fond du contenu! Il n'empêche que, d'une part, les 18-25 ans seront touchés de plein fouet en cas d'acceptation de l'initiative, dans les programmes internationaux universitaires et dans les emplois du secteur d'exportation par exemple, et que d'autre part, j'aimerais bien savoir à quelles Suisse et Genève ils aspirent. Ce n'est apparemment pas votre préoccupation.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 30/01/2014

"les 18-25 ans seront touchés de plein fouet en cas d'acceptation de l'initiative"
Ah parce qu'ils ne sont pas touchés aujourd'hui par la concurrence des jeunes des pays environnants ? Comment ne voyez-vous pas la contradiction ?

Écrit par : Géo | 30/01/2014

Tout d'abord, vous conviendrez que la majorité des 18-25 est en formation; à ma connaissance, aucun Genevois n'a dû céder sa place de formation à un étranger, pour autant évidemment qu'il remplisse les conditions d'entrée.
Ensuite, le chômage des jeunes se situe à Genève aux alentours de 3%, d'après l'office d'orientation professionnelle. Voilà qui est bien loin des taux enregistres dans les pays voisin et de la situation
catastrophique que vous semblez évoquer.
Enfin, pensez-vous vraiment que les pays partenaires de la Suisse vont rester les bras croisés, sans prendre la moindre mesure de rétorsion, alors même que nous avons pu apprécier leur volonté d'obtenir la fin du secret bancaire et l'échange automatique d'informations? A l'évidence, les cartes seront redistribuées et, n'étant à pas en position de force, nous verrons se fermer quelques portes dans le domaine universitaire comme dans celui des exportations.
Alors, peut-être y aura-il moins de concurrence sur le marché interne et limité de notre pays, mais aussi moins d'emplois, moins de possibilités d'opportunités et d'échanges au-delà de nos frontières.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 30/01/2014

Cher Monsieur Bugnion,
Comme si vous ne saviez pas que dans le monde universitaire il y a des quotas. Chaque université en a. Et lors des échanges internationaux, elles ne prennent que les meilleurs, ceux dont les travaux futurs pourraient retomber sur la renommée de ladite université.

Quant aux exportations, je vois mal un client étranger d'une entreprise suisse changer de fournisseur parce que la Suisse a dit OUI. Il s'en fout, il veut de la qualité, des prix et de la ponctualité. Point barre.

Et quant au chômage il n'y a pas que les jeunes et pas que dans les métiers durs (soins, construction, restauration). Les banques, les assurances, les bureaux d'ingénieurs, etc. emploient beaucoup de frontaliers qui, pour des salaires inférieurs sont ravis de travailler en Suisse et de vivre hors de Suisse.

Écrit par : Lambert | 30/01/2014

Cher Lambert,
En tout cas le programme Erasmus qui permet aux étudiants suisses de faire une partie de leur cursus dans une université étrangère et réciproquement pour les étudiants étrangers sera mis à mal par le système des contingents.
Quant aux exportations, comme vous le dites, ce sont les prix qui intéressent le client; or, vous savez sûrement qu'il est facile pour un pays de taxer les produits d'exportation, même dans le cadre de l'OMC.
Votre dernière remarque fait référence au dumping salarial; dans ce domaine,je vous l'accorde, la surveillance des entreprises a bien laissé à désirer. Mais ces fameuses mesures d'accompagnement promises et non correctement tenues peuvent être sérieusement mises en place, maintenant qu'une prise de conscience de leur importance s'est faite, grâce,il faut le reconnaître, à l'initiative.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 30/01/2014

Bosoir,

Grand-Père a raison, même si cela vous déplait!

Je croise des jeunes tous les jours dans les différentes classes dans lesquelles j'enseigne. Je puis vous dire que, trop souvent, évoquer des questions politiques à l'école releve de la gageure. Et ce sont bien souvent les réponses populistes qui ont le vent en poupe!

Ici, le problème n'est pas de le nombre d'étranger qu'il faut accepter, mais plutôt le dumping salarial exercé par certains patrons. L'une des réponses qu'il faut apporter à ce problème, c'est la renegociation des conventions collectives pour garantir à chacun et chacune de pouvoir accéder à un niveau de vie suffisant. A l''État également de ne pas surtaxer les entreprises, puisque l'avenir est dans nos PME!

Écrit par : Barbes Vincent | 30/01/2014

"Votre dernière remarque fait référence au dumping salarial; dans ce domaine,je vous l'accorde, la surveillance des entreprises a bien laissé à désirer."

L'Etat de Genève n'a-t-il pas un projet de dumping salarial? A en croire un ami ce projet porterait le doux nom de "score". En plein dans le mille si vous voyez ce que je veux dire. Mais certainement vous en savez plus que moi...

Écrit par : Johann | 30/01/2014

"mais aussi moins d'emplois, moins de possibilités d'opportunités et d'échanges au-delà de nos frontières."
Les Suisses en Europe, c'est d'abord dans la coopération au développement. Et là, je suis particulièrement bien placé pour vous dire qu'en tant que Suisse, il n'y a pas de possibilité de travail pour moi. Seulement dans la coopération bilatérale mais pas dans les projets du Fonds européen de développement. Donc rien ne changerait pour moi...

Écrit par : Géo | 30/01/2014

Alors comment le vois tu ton futur aussi "replié sur nous même" que le Canada ou l'Australie qui pratique l'immigration sélective ?

Ou en compétition ouvert avec des millions de jeunes de l'UE dont la perspective se résume au chômage pour un quart d'entre eux, et a un salaire à 1000€ en passant par les "stages" non payés pour les autres ?

Le gentil Grand-papa ne t'as pas expliqué l’inéluctable mécanique des vases communicant, surtout quand le vase a moitié vide est environ 56 plus volumineux que le vase presque plein ?

Écrit par : Eastwood | 31/01/2014

Grand-père, et c'est logique, a connu la période des saisonniers et des contingents. Or, à cette époque, l'immigration était aussi, voire plus forte qu'actuellement. Simplement, beaucoup d'émigrés étaient dans l'illégalité et enrichissaient des réseaux de passeurs.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 31/01/2014

"Oui, en effet, je connais le projet SCORE et je ferais sans doute partie des victimes du système, si celui-ci venait à être mis en place!"

D'autant plus facile à mettre en place si l'on peut puiser dans un bassin d'emplois aux dimensions de l'ue...

Si vous aimez être une victime... voir votre profession dévaluée...

Écrit par : Johann | 31/01/2014

Grand-père qui a connu la période des contingents peut éventuellement nous expliquer quel type de travail les illégaux faisait a l'époque ?

Ce pour comparer sur quel type de travail/salaire la libre circulation avec une UE sinistrée fait pression aujourd'hui...

Écrit par : Eastwood | 31/01/2014

OK, la plupart travaillaient dans les métiers pénibles (manutention, chantiers, ménage) que les résidents genevois dédaignaient. Mais, à compétences égales, un patron ne va logiquement pas donner la préférence à un non résident, sauf s'il peut le payer moins. Et, plutôt que de miser sur les contingents, je suis partisan d'accroître sérieusement les mesures d'accompagnement (surveillance sérieuse désormais du dumping salarial, qui s'est montrée, c'est vrai, bien laxiste), de développer les conventions collectives et de fixer un salaire minimum.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 01/02/2014

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