25/01/2014

Quo vadis, PLR?

 Le parlement genevois se divise donc en trois blocs, de force égale. Grande première qui devrait rendre la recherche d’une majorité plus nuancée et moins jouée d’avance.

 Qu’en est-il réellement ?

 Premier constat : prisonnier de sa stratégie d’alliance politique avec l’UDC, le MCG se blochérise : alors qu’il affirmait ne rien avoir contre les étrangers jusqu’à récemment, le voilà qui s’acoquine avec le comité d’Egerkingen et participe à la campagne clairement islamophobe de celui-ci ; en outre, lui qui a toujours proclamé défendre les classes moyennes, le voilà qui rejoint les rangs des adversaires de la « lex Longchamp » sur les PPE, visant à remettre en place l’objectif de ce type de propriété : l’accès favorisé à un logement que le propriétaire habite. Ce fut d’ailleurs l’occasion d’entendre une belle apologie de la richesse de la voix de son leader massimo !

Deuxième constat : l’initiative contre l’immigration massive place ses adversaires dans l’urgence de démontrer que d’autres réponses concrètes existent face aux problèmes que rencontre la population dans les domaines de l’emploi et des infrastructures. Deux éléments essentiels étaient au menu de la dernière séance du Grand-Conseil : le dumping salarial, dans le cadre de l’aéroport, et le logement, au travers des PPE. Conscient de la nécessité de les empoigner et incarnant la remarquable volonté politique commune du collège, le président du Conseil d’Etat a invité les députés à donner à l’exécutif les moyens d’intervenir rapidement. Peine perdue, les députés PLR les lui refusent - grand coup de canif à l’entente avec le PDC - et soutiennent la droite de la droite, prompte à invoquer  l’invasion étrangère pour justifier leur immobilisme sur ces deux objets. Puis, cerise sur le gâteau de mon bonheur, le PLR persiste en votant la réduction de la subvention à la coopération internationale, au double mépris de l’image de la Genève internationale et de l’invite de leur magistrat.

 Je n’ai pas de leçons à donner à quiconque (je rappelle que je suis à la retraite…), mais je m’interroge : pour quelle maison voyage le PLR genevois ? Désire-t-il coller à l’image de parti des nantis, méprisant les petites gens, que ses détracteurs lui collent, alors même que je sais, du moins pour certains députés que je connais, qu’il n’en est rien ?

 Bien sûr, une alliance PLR-UDC-MCG est la garantie d’une majorité solide. Mais à quel prix ? Celui du retour de la logique de 2 blocs idéologiques, avec les affrontements stériles qu’elle comporte et qui lassent la population dont nous sommes les représentants, elle qui ne désire qu’une chose : des améliorations concrètes dans sa vie quotidienne. Sans compter que cette grande alliance n’est garante que de victoires parlementaires faciles ; la votation sur le référendum concernant la petite enfance pourrait bien en démontrer la fragilité.

 

12:41 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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