10/01/2014

La peur, bonne conseillère?

 

               

 

L’initiative contre l’immigration massive de l’UDC reflète plusieurs peurs qui sont compréhensibles et légitimes : celles d’une croissance incontrôlée, de concurrences féroces pour les places de travail, d’urbanisation anarchique, d’une mobilité retreinte et d’une augmentation de la pénurie de logements.

 

Devant l’apparition d’une peur qui le met en danger, le cerveau reptilien de l’être humain lui commande deux réactions primaires : la fuite ou l’attaque. Or, c’est bien fuir la communauté internationale et la réalité que propose ce texte : contingenter les travailleurs étrangers au mépris des accords internationaux,  annuler les bilatérales qui nous ont été bénéfiques alors que nous étions tout sauf en position de force, nous replier sur nous-mêmes pour jouer un remake du réduit national aussi imprenable que mythique, aveugles à ce qui se passe au-delà de nos frontières.

 

Pour ma part, je préfère l’attaque, seule réaction capable de vaincre la peur, puisque la fuite ne fait que la repousser jusqu’à la fois suivante. Alors, attaquons-nous ensemble aux causes de ces peurs !

 

Surmontons les blocages d’idéologies ou d’intérêts sectaires pour faire preuve de créativité, d’innovation (dans laquelle nous occupons la première place au classement mondial) afin de trouver des réponses proactives dans les domaines de la régulation des entreprises, de la croissance, de la mobilité et du logement.

 

Que de fois ai-je entendu que, si elle n’avait pas de matières premières, la Suisse possédait au moins beaucoup de matière grise ! N’hésitons donc pas à l’exploiter à fond, ici et maintenant !

 

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Commentaires

Resumer cette initiative a de la "peur" n'a rien d'une argumentation rationnelle, c'est juste ridiculiser votre advesaire ideologique sans aucun fondement concret.

D'ailleurs parler de "peur" est au fil du temps devenu une retorique particulièrement inconsistente et superficiel:

- Vous fermer votre porte a clé parce que vous avez peur des cambriolages ?
- Vous interdisezu a votre chien de chier sur votre tapis parce que vous avez peur des mauvaises odeurs ?
- Vous ne fumez pas parce que vous avez peur du cancer ?

Va falloir trouver plus constructif comme arguments pour convaincre.

Bon weekend.

Écrit par : Eastwood | 10/01/2014

@€astwood: soit vous m'avez lu trop vite, soit votre lecture a été biaisée par mon clin d'œil à Astérix, soit les deux. Je reconnais que les peurs éprouvées devant l'afflux migratoire sont légitimes, mais je trouve préférable de choisir le réflexe d'attaquer les causes des problèmes en imaginant des réponses novatrices face aux problématiques qu'ils posent plutôt que de fuir la réalité d'un monde mondialisé et interactif. En outre, la peur n'est pas une rhétorique mais un sentiment présent dans tout être humain; je ne vois pas ce qu'il y a d'irrationnel à le prendre en compte, si c'est fait de manière raisonnée, comme il me semble l'avoir fait. Bon week-end à vous aussi!

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 10/01/2014

Je n'ai pas peur.

Mais je veux moins de pollution, moins de bétonnage, moins de voitures, moins de trafic, moins de bruit, moins d'accidents, des logements meilleurs marché, une meilleure qualité de vie, bref je veux une décroissance de la population. Convainquez-moi de voter "non". Rationnellement.

Écrit par : Johann | 11/01/2014

@Johann: je peux toujours essayer...
Sachant qu'un franc sur deux provient de nos exportations et que l'acceptation de l'initiative entraînera la rupture des bilatérales qui garantissent la libre circulation des biens, des services et des personnes, le prix des produits suisses d'exportation croîtra fortement, les rendant non compétitifs, de nombreux secteurs de notre économie (hôtellerie, restauration, hôpitaux, construction) souffriront d'un manque de main d'œuvre et c'est toute l'économie de notre pays qui subira un grand coup de frein, voire entrera en récession.
Certes, il y aura moins de monde sur les routes et dans les logements, mais au prix d'une décroissance marquée, avec ses inévitables répercussions sur le confort de ses habitants et les prestations que l'Etat leur accorde. C'est un choix de société qui peut se discuter, pour autant que cela soit clairement posé et expliqué à la population. Je suis convaincu que les personnes qui pensent voter "oui" à cette initiative ne sont pas toutes conscientes de ce formidable enjeu.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 11/01/2014

Très franchement, je trouve votre discours très étonnant pour un vert...

Vos arguments ressemblent typiquement à ceux des néo-libéraux, la croissance c'est bon, tout pour la croissance... peut importe comment elle se fait si de l'argent rentre dans les caisses...

le problème ici c'est que tout le monde parle de croissance alors que peu en réalité sont capables de vraiment identifier la manière dont s'est faite cette croissance par la libre-circulation

Savez-vous que depuis 2002 les capitaux UE venus s'investir en Suisse ont été multipliés par 5 en à peine 10 ans...


Savez-vous que plus de la moitié des surplus fiscaux encaissés par la Confédération grâce à la libre-circulation ont juste servis à financer les corridors de frets ferroviaires sous les Alpes exigés par la grande industrie européenne...?

les habitants de ce pays sont juste en train de commencer à étouffer alors je comprends pas très bien la position des verts qui, je le croyais, était de défendre les équilibres dans lesquels les gens vivent...

pour ma part je rêve que des gens raisonnables comem vous aillent voir une vidéo comme celle de professor doktor ici

http://www.youtube.com/channel/UChxTE4-dI7enZRLtf-SE3FA

ou ici

http://adimante.blogspot.ch/

bien à vous

Écrit par : Rapport adimante | 11/01/2014

Je vous remercie de votre réponse.

Mais elle m'intrigue beaucoup. Vous parliez de peur. La peur aurait-elle changé de camp? Il faudrait donc voter "oui" par peur d'une rupture des bilatérales et de ses supposées conséquences?

N'exagérez-vous pas les conséquences d'un oui? Qui peut savoir ce que seront de nouvelles négociations et leurs résultats? Manque de main d'oeuvre? Pourquoi certains emplois sont-ils occupés par des étrangers? Peut-être parce que les rémunérations ne sont pas suffisamment attractives pour des Suisses. S'il y a moins de population = moins de constructions = moins de main d'oeuvre. Vous parlez de récession. Une croissance éternelle est-elle possible dans un monde fini? Ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir?

Vous parlez de libre circulation. Mais il n'y a pas de libre circulation avec les pays du tiers-monde.

Actuellement la croissance est purement quantitative, monétaire. Il faut que le PIB augmente, sinon c'est la crise. Une fuite en avant. Et une dégradation de plus en plus marquée de notre environnement. Alors oui, je veux une décroissance quantitative, monétaire, et de la population, et une croissance qualitative. Que le PNB soit remplacé par le BNB.

Dois-je comprendre de votre réponse que votre confort est ce qui vous motive à voter "non"? Et que vous acceptez, que vous choisissez la société de croissance, destructrice de la nature, dans laquelle nous vivons? N'y a-t-il pas une petite contradiction avec un engagement "écologiste"?

Écrit par : Johann | 11/01/2014

Je remercie Rapport adimante et Johann pour leurs contributions qui font évoluer le débat vers son enjeu essentiel.
Oui les investisseurs européens rapatrient les bénéfices des capitaux investis dans notre pays mais les entreprises suisses comme Nestlé ou les pharmas ne font-ils pas de même dans l'autre sens? Il faudrait pouvoir estimer, comme pour les 27 milliards qui sont partis vers l'UE, le montant total des capitaux rapatriés en Suisse et ainsi comparer les flux. Peut-être, Rapport adimante, connaissez-vous le montant?
Plus généralement, je souhaite préciser que je ne suis pas une taupe néolibérale chez les Verts, parti ouvert par ailleurs aux débats d'idées. A mes yeux, j'ai tenté de décrire le plus objectivement possible une situation économico-politique complexe qui peut avoir des conséquences rapides sur notre pays, car je suis persuadé qu'en cas d'acceptation de l'initiative, l'Europe ne restera pas les bras croisés.
Maintenant, le débat essentiel porte certainement sur la croissance et la maîtrise de celle-ci. Je vous rejoins dans votre préoccupation d'arrêter la course au toujours plus et de préserver des équilibres qui donnent la priorité à l'être humain et à la nature. C'est ce que je voyais dans les réponses proactives que j'appelais de mes vœux; comment maîtriser notre croissance et où placer le curseur entre une décroissance spartiate, à mon sens non voulue par la grande majorité de nos concitoyens, et une croissance débridée qui nous amène droit dans le mur? Ce sont-là des questions brûlantes auxquelles nos autorités politiques mais aussi l'ensemble de la société devront impérativement s'attaquer. Questions hautement complexes qui demanderont, pour parvenir à élaborer des réponses qui le sont tout autant, le dépassement de positions figées, de la vision idéologique de quelque bord que ce soit et l'envie de réaliser des projets en commun, quitte à accepter des compromis. Or, pour moi, l'initiative UDC n'appartient pas à cette catégorie: je la vois comme un remède de cheval, brutalement administré au patient sans prendre en compte l'ensemble de son état de santé, qui risque de lui faire plus de tort que de bien.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 11/01/2014

Je vous remercie pour votre ouverture au dialogue. Pour ma part j'inscris ce débat dans un cadre plus large de l'UE. Le problème c'est que l'UE est toute entière traversée par des rapports de domination des grandes nations sur les plus petites, de pratiques que l'on peut clairement identifier comme des pratiques de type impérial. On peut aujourd'hui démontrer que ce sont l'Allemagne et la France qui ont mis à genoux la Grèce au travers de ses dépenses militaires. La libre circulation est aussi le vecteur de l'extension de ces grands pays sur les plus petits.

Un essai sur la question existe, "le système impérial de l'Union européenne" dont un extrait est déjà disponible mais malheureusement pour l'instant seulement sur ma page facebook. Si vous y avez accès recherchez éditions adimante. Cet essai sera bientôt disponible hors facebook et je ne manquerai pas de vous en avertir.

merci pour cette ouverture au dialogue :)

Écrit par : Rapport adimante | 13/01/2014

@ Rapport adimante: il est évident que le fonctionnement actuel de l'UE devrait faire de gros progrès en termes de démocratie! C'est un nouveau paramètre qui s'ajoute à la complexité de notre situation.
Dans la TdG de ce matin figure un article d'un spécialiste en démographie; j'en ai retenu essentiellement que nous n'avons pas su anticiper l'augmentation de population que nous connaissons en développant à temps les infrastructures. A Genève, en tout cas, une des causes de ce retard réside dans les blocages idéologico-politiques: la lutte des pro et des anti bagnole, celle des pro promoteurs/propriétaires contre les pro locataires, celle des pro entrepreneurs contre les pro syndicats, etc. Considérant l'urgence de la situation, ne pourrions-nous pas dépasser ces conflits paralysants et élaborer des projets de construction de logements, de mobilité, de réelle surveillance des entreprises de façon à réaliser concrètement les améliorations urgentes indispensables? Il faut une volonté politique d'ouverture au dialogue, à la négociation! Certes, elle ne sera pas suffisante, mais en tout cas, elle est un préalable nécessaire!
Je vous remercie pour votre référence; je me permets de vous en proposer une autre: Alain LIPIETZ, Green deal, la crise du libéral-productivisme et la réponse écologiste, Ed. La Découverte, Paris, 2012.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 13/01/2014

Je vous remercie de citer le retard de développement des infrastructures dont souffrent les suisses et les résidents.

Et ce retard d'infrastructure pose de graves problèmes en terme de démocratie. Je vous invite à consulter la courte vidéo ci-dessous.

http://www.youtube.com/watch?v=tv6il9CH0II

Bien à vous.

et merci pour les références citées qui ne manqueront pas de m'intéresser :)

Écrit par : rapport adimante | 13/01/2014

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