25/12/2013

Le vote du budget

 

Alors, avant, vous vous êtes courageusement plongé dans la jungle des chiffres, tout de même organisés judicieusement par politique publique et en comparaison avec le budget précédent. Certaines questions vous viennent à l’esprit, dont une partie est effacée par le caucus du parti et une autre partie en cours de débats ou selon les amendements proposés sur le siège. En restent une ou deux que vous poserez, conscient que l’équilibre du budget est fragile et que le futur incite à la prudence.

 

Et puis il y a les débats idéologiques, incontournables semble-t-il. Ah, les grandes envolées sur les effets de la baisse des impôts : relance-t-elle la consommation et ainsi procure-t-elle davantage de rentrées fiscales à terme ? Ou bien diminue-t-elle les prestations à la population ? Faudrait-il ouvrir une école, le CO Renard au hasard, plutôt qu’une prison, l’extension de la Brénaz ici ? Choisir Victor Hugo ou Pierre Maudet ? La Vérité n’existe évidemment pas, les discours idéologiques ne convaincront jamais que ceux qui en partagent le fondement, mais vraisemblablement, ils sont inhérents à la pratique de la politique, du moins à celle des ténors de tous partis.

 

Heureusement, l’essentiel ne s’est pas joué à ce niveau-là, sinon le budget ne représenterait que le résultat d’un rapport de forces idéologiques, forcément simpliste, univoque et sans nuances ; souvenons-nous du gouvernement monocolore... Bien préparées en commission des finances, les différentes propositions ont  donné lieu à des débats intéressants et surtout à des votes majoritaires différents.  La résultante d’un parlement à trois blocs paraît bénéfique : aucun parti ne peut dicter sa vision et la recherche d’un consensus majoritaire, sur chaque objet, permet de tempérer les appétits des uns ou des autres : il n’y a pas de vainqueur triomphant ou de vaincu écrasé, il y a un budget majoritairement consensuel et nuancé. Le principe de réalité me fait le préférer à un autre qui serait de tout un bord et même, de tout l’autre. Ma conception de la politique me fait dire qu’il est ainsi davantage au service de la population.

 

A l’approche de la fin de l’année, le législatif a donné un signal positif face aux échéances complexes qui nous attendent  et qui questionnent le devenir de notre République ; c’est de bon augure, reste à confirmer cet esprit en 2014 !

 

Et puisque je parle de l’an nouveau, j’en profite : maintenant député, je croule sous le courrier des vœux ! Incroyable, par rapport à mon passé, le nombre de cartes que je reçois, de quoi me donner l’illusion que je suis devenu un homme important! Le poste de secrétaire parlementaire bénévole que j’offre étant toujours vacant, je saisis l’occasion de cette note pour remercier toutes et tous de leurs vœux et pour présenter les miens à celui ou à celle qui voudra bien les lire ici !

 

 

 

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13/12/2013

Mauvaise surprise

 

A l’approche de Noël est tombée une lettre de l’office du personnel de l’Etat, signée, de son directeur général et adressée à toutes les personnes qui bénéficient d’un plan d’encouragement à la retraite anticipée (PLEND) depuis moins de 5 ans : à partir du 1er janvier 2014, toute activité rémunérée, même occasionnelle, qu’elle soit d’ordre public ou privé, entraînera une diminution de la rente PLEND à la hauteur du revenu de l’activité.

 

Expressément contenue dans la nouvelle loi sur la rente-pont AVS, votée par le Grand-Conseil le 3 octobre 2013, conforme au principe général du droit administratif qui régit les indemnités reçues par le personnel de l’Etat, cette disposition ne s’appliquait cependant pas auparavant et ne prendra effet qu’au 1er janvier 2014, touchant tous les bénéficiaires du PLEND.

 

Elle va entraîner des conséquences  négatives pour les anciens et bons serviteurs de l’Etat,  et plus fortement sur  ceux qui occupaient des postes situés au bas de la classification salariale. Combien sont-ils en effet à avoir pris un salaire d’appoint, leur permettant de nouer les deux bouts, avec leur retraite anticipée et  leur PLEND, histoire d’améliorer leur maigre revenu ?  Comment leur faire accepter qu’une mesure dont personne ne leur avait parlé lorsqu’ils avaient demandé les conditions d’octroi du plan à la retraite surgit d’une nouvelle loi et s’applique à eux rétroactivement, que les règles du jeu changent en cours de partie ?

 

C’est faire bien peu cas de ces personnes, de leur engagement de plusieurs dizaines d’années au service de la collectivité ; c’est à nouveau pénaliser la fonction publique, qui l’a déjà été à coups de gel des annuités dans le passé.  Notre Etat en est-il donc réduit à aller grappiller quelques sous dans des poches plus ou moins modestes pour pouvoir fonctionner ?

 

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06/12/2013

Les premiers pas

 

Un mois après l’entrée en fonction et un mois de silence blogueur, les deux sont liés ; je découvre ce nouveau monde qui me laisse parfois sans voix.

 

Tout d’abord, ce qui frappe d’emblée, c’est la complexité de certains objets et celle du rapport de chacun d’eux avec le tout, à savoir la qualité de vie d’une population. Un exemple : les prisons. La visite de Champ Dollon m’a laissé un sentiment de désarroi, devant les conditions de travail des gardiens et de sa remarquable direction et celles des détenus, entassés, contraints de vivre dans une étroite promiscuité , avec la réduction progressive des activités qui rompent la monotonie de l’enfermement pour assurer la sécurité d’une prison surpeuplée (2,5 fois sa capacité maximale) avec un effectif d’encadrement insuffisant. Comment dès lors ne pas voter les différents crédits pour  offrir davantage de places de détention ? Toutefois, comment ne pas contester la pratique de la détention administrative qui occupe de plus en plus de places et qui sanctionne, non un délit pénal, mais un statut administratif (absence de droit de séjour en Suisse) ?  Et surtout, comment ne pas considérer que les investissements conséquents mais nécessaires en empêchent d’autres, par exemple la rénovation de certaines écoles bien dégradées (le CO Renard par exemple), afin de préserver un budget général à l’équilibre ? La sécurité passe alors avant les conditions d’études d’une partie de nos enfants, c’est un choix complexe et douloureux !

 

Ensuite, j’ai été surpris par, disons la discrépance entre le côté formel des séances en plenum, empreintes d’une certaine solennité de bon aloi pour un pouvoir législatif et l’autre côté,  totalement informel celui-ci, de l’attitude de l’assemblée lors de certains débats : chocs retentissants de tribuns à coup d’organes tonitruants, déconcentration d’une bonne partie des députés qui se lèvent, papotent et rigolent, particulièrement lorsqu’une lecture est demandée (pauvre secrétaire qui doit lire dans un immense brouhaha…). Et dire que cette noble assemblée composée d’adultes élus a  souvent fustigé le manque de discipline des élèves genevois et déploré celui de l’autorité chez leurs enseignants… De mes 38 ans de carrière, je n’ai jamais connu une classe si dissipée et indisciplinée !

 

En revanche, j’ai aussi découvert  combien certain-e-s pouvaient être passionnés par la politique, capables d’analyses ébouriffantes, d’investissement et d’échanges dans le travail en commission.

 

Oui, la politique, c’est un autre monde. Surprenant, intéressant, parfois cruel. Lors de la séance d’adieu des conseillers d’Etat sortants, chaque parti, excepté l’EàG, a rivalisé d’éloges et l’assemblée d’applaudir à tout rompre. Or, personne n’a oublié le traitement de choc qui était venu des mêmes rangs, particulièrement envers les deux conseillères d’Etat. Décidément, on n’est jamais si bien applaudi que par ceux qui vous ont poignardé !

 

19:45 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |