06/12/2013

Les premiers pas

 

Un mois après l’entrée en fonction et un mois de silence blogueur, les deux sont liés ; je découvre ce nouveau monde qui me laisse parfois sans voix.

 

Tout d’abord, ce qui frappe d’emblée, c’est la complexité de certains objets et celle du rapport de chacun d’eux avec le tout, à savoir la qualité de vie d’une population. Un exemple : les prisons. La visite de Champ Dollon m’a laissé un sentiment de désarroi, devant les conditions de travail des gardiens et de sa remarquable direction et celles des détenus, entassés, contraints de vivre dans une étroite promiscuité , avec la réduction progressive des activités qui rompent la monotonie de l’enfermement pour assurer la sécurité d’une prison surpeuplée (2,5 fois sa capacité maximale) avec un effectif d’encadrement insuffisant. Comment dès lors ne pas voter les différents crédits pour  offrir davantage de places de détention ? Toutefois, comment ne pas contester la pratique de la détention administrative qui occupe de plus en plus de places et qui sanctionne, non un délit pénal, mais un statut administratif (absence de droit de séjour en Suisse) ?  Et surtout, comment ne pas considérer que les investissements conséquents mais nécessaires en empêchent d’autres, par exemple la rénovation de certaines écoles bien dégradées (le CO Renard par exemple), afin de préserver un budget général à l’équilibre ? La sécurité passe alors avant les conditions d’études d’une partie de nos enfants, c’est un choix complexe et douloureux !

 

Ensuite, j’ai été surpris par, disons la discrépance entre le côté formel des séances en plenum, empreintes d’une certaine solennité de bon aloi pour un pouvoir législatif et l’autre côté,  totalement informel celui-ci, de l’attitude de l’assemblée lors de certains débats : chocs retentissants de tribuns à coup d’organes tonitruants, déconcentration d’une bonne partie des députés qui se lèvent, papotent et rigolent, particulièrement lorsqu’une lecture est demandée (pauvre secrétaire qui doit lire dans un immense brouhaha…). Et dire que cette noble assemblée composée d’adultes élus a  souvent fustigé le manque de discipline des élèves genevois et déploré celui de l’autorité chez leurs enseignants… De mes 38 ans de carrière, je n’ai jamais connu une classe si dissipée et indisciplinée !

 

En revanche, j’ai aussi découvert  combien certain-e-s pouvaient être passionnés par la politique, capables d’analyses ébouriffantes, d’investissement et d’échanges dans le travail en commission.

 

Oui, la politique, c’est un autre monde. Surprenant, intéressant, parfois cruel. Lors de la séance d’adieu des conseillers d’Etat sortants, chaque parti, excepté l’EàG, a rivalisé d’éloges et l’assemblée d’applaudir à tout rompre. Or, personne n’a oublié le traitement de choc qui était venu des mêmes rangs, particulièrement envers les deux conseillères d’Etat. Décidément, on n’est jamais si bien applaudi que par ceux qui vous ont poignardé !

 

19:45 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bien vu.

Écrit par : norbertmaendly | 06/12/2013

Merci pour ce regard réaliste. Nous lecteurs, citoyens, avons besoin de personnes comme vous, même si le constat est fort triste.

Écrit par : Jmemêledetout | 07/12/2013

Premiers pas plein de sagesse.

Écrit par : jacques joray | 07/12/2013

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