08/08/2013

La compétition

Les Verts prennent soin de la parité ; 21 femmes candidates et plus de trente hommes candidats à la candidature au Grand Conseil… Au congrès du parti, 1 minute pour se présenter par personne, à la file indienne ! Exercice intéressant, bien mené : le maître du jeu brandissait un panneau « plus que 20 secondes » puis faisait sonner très fort son téléphone après 1 minute. Petit stress rigolo ! Je parviens à finir ma dernière phrase sans être décontenancé par la sonnerie.

Ensuite, vote et dépouillement. Je suis dans les 21, félicitations des quelques-uns que je connais. Et je retrouve un sentiment proche de celui que j’éprouvais, après un match de basket gagné dans lequel j’avais bien joué… En politique, il y aussi le sel de la compétition, la joie de la victoire. Pourtant l’enjeu est théoriquement différent du sport : au parlement, il ne s’agit pas de gagner contre, mais de gagner pour, oui, pour le mieux-être de la majorité de la population.

C’est du moins ainsi que j’avais compris l’histoire de notre démocratie. ; j’ose croire que c’est toujours d’actualité ! Pourtant, en suivant le débat sur la réduction de l’encadrement pour la petite enfance, je me suis dit que ce n’était pas … gagné : un parti, le PDC, propose de revoir le taux d’encadrement après avoir consulté les milieux professionnels concernés ; la mesure d’économie est certes peu spectaculaire mais réelle. De plus, elle est susceptible d’être acceptée par les employés du secteur et par le PS et les Verts.

S’en suit une forme de surenchère sur ce taux, menée par le PLR qui s’allie avec le MCG et l’UDC. Rien n’y fera, arguments fallacieux (l’augmentation du nombre de places), déni de la réalité (l’obligation de mettre à disposition 3 m2 par enfant), reprise de la proposition abandonnée par son auteur, le PDC, écœuré par cette manœuvre, amèneront la victoire d’une coalition de circonstance.

Mais quelle victoire, si ce n’est celle des egos ? Résultat, un référendum, une votation, une population prise en otage dans un conflit, nourri par des intérêts sectaires ou personnels, qui a rendu impossible un consensus, pourtant à portée de main et qui aurait profité à l’ensemble des citoyens.

Il peut y avoir en politique le petit sel de la compétition sportive, mais la politique n’est pas un sport. Toute victoire n’est pas bonne à prendre, si elle ne satisfait pas à l’enjeu de la démocratie.

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