10/05/2018

Clap de fin

Le philosophe Pangloss le lui avait conseillé : « Va faire un tour en politique, c’est le meilleur des mondes, tout y est pour le mieux car on s’y préoccupe prioritairement du bien commun, de l’intérêt général. » Candide prit donc son baluchon et voyagea jusqu’au pays des Verduriens. Il connut de belles personnes, fit des rencontres intéressantes, apprit une foule de choses, mais s’étonna grandement. Dans le parlement qui réglait le monde politique, les Verduriens suivaient de plus en plus les mots d’ordre des Carminiens, délégués d’un petit pays qui proposait du rêve et des avantages pour une partie réduite des citoyens. « Voyons, pensa Candide, ce n’est certes pas là se préoccuper de l’intérêt général et du bien commun. Je vais m’en aller voir ailleurs ! ».

Il gagna alors le pays des Orangiens dans lequel il apprécia beaucoup le discours de leur président, qui insistait sur le bien commun et voyait dans son pays le trait d’union politique entre les divers partis du parlement régissant le monde politique. Le doute refit son apparition lors de la campagne précédant les élections : sur la place d’un village, d’un côté l’église, de l’autre, le marché. Tous les partis avaient dressé leur stand, avec tente et grande table offrant des objets promotionnaires, devant l’église et en occupait toute la place. Il fallait traverser la route pour se rendre au marché et rencontrer des citoyens lambdas. Candide s’y trouvait, distribuant le traditionnel flyer aux chalands, lorsqu’il se tourna vers l’autre côté. Devant l’église, beaucoup de monde, mais uniquement des politiciens, très affairés à discuter entre eux, à plaisanter, à s’échanger les objets promotionnels, occupant toute la place et déviant le trafic piétonnier de l’autre côté de la rue. « Voyons, pensa Candide, ce n’est certainement pas la bonne façon d’aller à la rencontre des gens, de parler avec eux de leurs aspirations et de l’intérêt général ! »

Arrivèrent les élections. Et l’heure du règlement des comptes entre Orangiens des villes et Orangiens des champs ! Les crayons aussi affûtés que des dagues florentines , chaque partie s’en donna à cœur joie, notamment envers les deux Orangiens qui n’avaient qu’un seul tort, celui d’habiter hors des frontières du pays. Laissé pour politiquement mort, Candide pensa : « Voyons, ce n’est certes pas le pays du trait d’union et du bien commun lorsque ses habitants se révèlent aussi profondément opposés les uns aux autres ! Décidément, Pangloss continue de radoter… ».

Et il s’en retourna cultiver son jardin. C’est la fin de ses aventures politiques, merci à celles et à ceux qui les ont lues!

P.S. Je reste persuadé que notre système démocratique est bon, peut-être le meilleur. J’insiste toutefois sur la tendance générale à l’entre soi politique, à la place grandissante que prennent les jeux d’ego et de stratégie qui mènent à une inexorable désaffection de la population face à la politique (cf. les taux de participation) et nous éloignent d’autant de l’intérêt général et du bien commun.

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03/04/2018

"Mou is beautiful"!

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Ce slogan, glané sur les réseaux et attribué au PDC, me plaît bien et je le fais mien (je rassure son auteur, je paierai le copyright chaque fois que je l’utiliserai).

Tout d’abord, on a tendance à oublier quelque peu qu’il s’agit d’élections au niveau cantonal. Bien que les futurs élus soient parfois indirectement concernés par les grands débats nationaux, il n’en demeure pas moins que leur job essentiel est de s’attaquer aux problèmes concrets que rencontre Genève. Dans cette optique, bander ses gros muscles et jouer les durs est souvent davantage destructeur, faire de l’opposition pour l’opposition, que constructeur, tenter de rassembler autour d’une solution pragmatique. A mes yeux, il vaut toujours mieux une petite amélioration dans le sens du bien commun qu’un affrontement stérile au bras de fer.

Ensuite, il m’apparaît qu’il faut plus de courage pour adopter une position de compromis que de clamer « La garde meurt, mais ne se rend pas ! ». En effet, l’image d’un médiateur sera toujours moins attractive, moins sexy que celle d’un Sylvester Stallone. Et pourtant, la plus grande partie du travail de parlementaire cantonal se déroule dans les commissions et commande la recherche d’un consensus majoritaire. J’ose dire être fier d’avoir été parmi les mous de service la plupart du temps lorsque je siégeais !

Enfin, l’affrontement politique guerrier, le fameux rapport de forces, laisse à l’évidence un vainqueur et un vaincu, l’un triomphe en ayant tout juste, l’autre, défait, a tout faux. Or, il se trouve que, des deux côtés, il y a de bonnes idées, mais la logique de la guerre commande de ne pas tenir compte de celles du camp d’en face. J’ai souvent regretté que, de ce fait, d’indéniables progrès passent à l’as !

Et bien oui, j’ai rejoint le PDC parce que ce parti m’est apparu comme le moins testostéroné du parlement, parce que les propositions de compromis ou d’amendement nuancé provenaient en grande partie de lui, parce qu’il correspond à ma vision, molle ou souple plutôt, de concevoir la politique au niveau cantonal, du quotidien de nos concitoyens.

Votez la liste 5, la liste PDC, car « mou is beautiful ! »*

 

 

*Merci de me faire parvenir l’iban pour le paiement du copyright

16:59 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

29/03/2018

Elise et moi* PDC, liste 5

Pourquoi envoyer Bugnion, et pas Tartempion, sur les bancs du Grand-Conseil ? Légitime question à laquelle je prends le risque de répondre.

Bon, voter pour quelqu’un, c’est conclure une sorte de contrat de confiance, souvent rompu par la suite, j’en conviens. Mais, sans présager de l’avenir, ce geste contient bien une attente partagée entre le citoyen et le candidat. Or donc, que pouvez-vous attendre de moi et qu’attends-je de vous ?

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13:12 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook | | | |