03/04/2018

"Mou is beautiful"!

746273309.jpg

Ce slogan, glané sur les réseaux et attribué au PDC, me plaît bien et je le fais mien (je rassure son auteur, je paierai le copyright chaque fois que je l’utiliserai).

Tout d’abord, on a tendance à oublier quelque peu qu’il s’agit d’élections au niveau cantonal. Bien que les futurs élus soient parfois indirectement concernés par les grands débats nationaux, il n’en demeure pas moins que leur job essentiel est de s’attaquer aux problèmes concrets que rencontre Genève. Dans cette optique, bander ses gros muscles et jouer les durs est souvent davantage destructeur, faire de l’opposition pour l’opposition, que constructeur, tenter de rassembler autour d’une solution pragmatique. A mes yeux, il vaut toujours mieux une petite amélioration dans le sens du bien commun qu’un affrontement stérile au bras de fer.

Ensuite, il m’apparaît qu’il faut plus de courage pour adopter une position de compromis que de clamer « La garde meurt, mais ne se rend pas ! ». En effet, l’image d’un médiateur sera toujours moins attractive, moins sexy que celle d’un Sylvester Stallone. Et pourtant, la plus grande partie du travail de parlementaire cantonal se déroule dans les commissions et commande la recherche d’un consensus majoritaire. J’ose dire être fier d’avoir été parmi les mous de service la plupart du temps lorsque je siégeais !

Enfin, l’affrontement politique guerrier, le fameux rapport de forces, laisse à l’évidence un vainqueur et un vaincu, l’un triomphe en ayant tout juste, l’autre, défait, a tout faux. Or, il se trouve que, des deux côtés, il y a de bonnes idées, mais la logique de la guerre commande de ne pas tenir compte de celles du camp d’en face. J’ai souvent regretté que, de ce fait, d’indéniables progrès passent à l’as !

Et bien oui, j’ai rejoint le PDC parce que ce parti m’est apparu comme le moins testostéroné du parlement, parce que les propositions de compromis ou d’amendement nuancé provenaient en grande partie de lui, parce qu’il correspond à ma vision, molle ou souple plutôt, de concevoir la politique au niveau cantonal, du quotidien de nos concitoyens.

Votez la liste 5, la liste PDC, car « mou is beautiful ! »*

 

 

*Merci de me faire parvenir l’iban pour le paiement du copyright

16:59 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

29/03/2018

Elise et moi* PDC, liste 5

Pourquoi envoyer Bugnion, et pas Tartempion, sur les bancs du Grand-Conseil ? Légitime question à laquelle je prends le risque de répondre.

Bon, voter pour quelqu’un, c’est conclure une sorte de contrat de confiance, souvent rompu par la suite, j’en conviens. Mais, sans présager de l’avenir, ce geste contient bien une attente partagée entre le citoyen et le candidat. Or donc, que pouvez-vous attendre de moi et qu’attends-je de vous ?

Lire la suite

13:12 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook | | | |

26/03/2018

La raison d'Etat

La pratique politique de faire sauter un fusible n’est pas nouvelle, elle jalonne l’histoire des hauts fonctionnaires, à Genève ou ailleurs. Prenons, par exemple, les cas récents de M. Franziskakis, ancien directeur de Champ-Dollon, « promu » d’abord à l’Etat-Major du DES puis commissaire, ou celui de M. Pierre Kolly, ex directeur général de l’EO (école obligatoire), « promu » à être responsable de la politique des langues au DIP, avant de démissionner de lui-même.

Que voulez-vous, la raison d’Etat ne doit-elle pas primer ? Le ministre menacé ne doit-il pas se protéger ? D’ailleurs, si la politique était morale, ça se saurait ! Ce qui toutefois ne dispense pas chacun de ses acteurs d’avoir une éthique personnelle.

Mme Sawerschel a donc rejoint la liste des sacrifiés pour raison d’Etat. A une nuance près par rapport aux deux exemples cités et à l’immense majorité des autres : l’absence de toute négociation (qui assure le silence public du sacrifié) et la brutale rapidité de sa suspension, qui pourrait d’ailleurs en compromettre la validité.

Comment expliquer cette précipitation de la conseillère d’Etat ? Peut-être en se basant sur le concept d’anxiété de masse, proposé par Jean-Jacques Courtine dans Histoire des émotions, vol. 3, , Seuil, automne 2017. Les réseaux sociaux donnent actuellement un formidable écho aux émotions, ressenties et partagées simultanément par un nombre considérable de personnes. Lorsque celles-ci sont constituées par le mélange, la confusion de plusieurs peurs, l’effet produit est d’entraîner une anxiété générale qui se déverse sur les réseaux, dans les médias et les cafés du commerce. La réponse politique ne peut être que de tenter de rassurer, tant bien que mal, et donc agir, pour démontrer que l’anxiété est prise au sérieux.

L’affaire Tariq Ramadan, fondement des tribulations actuelles du DIP genevois, a effectivement combiné plusieurs peurs, celle de l’abus sexuel de sa progéniture, à l’école qui plus est, la peur de l’islam et son corollaire, celle du terrorisme.  Ce cocktail détonnant a provoqué un tsunami d’anxiété générale ; la conseillère d’Etat a réagi en créant une ligne d’appel qui n’a visiblement pas calmé les esprits, réactivés par la dénonciation d’abus récents ; preuve en est la lettre de personnalités, plutôt de gauche, qui dénonçait une « omerta institutionnelle » et réclamaient une enquête à grands cris. En s’en prenant d’abord à la lettre de la missive (enquête administrative pas possible, dénonciation de la fuite sur l’enquête en cours), elle a renforcé plutôt qu’apaisé l’anxiété.  Sa décision plus tard d’ouvrir une enquête indépendante n’a pas suffi et, lorsque sort l’histoire du mandat, mise sous pression maximale (à un mois des élections !), elle croit devoir agir et vite : couper une tête importante pourrait, peut-être, diminuer l’angoisse et rétablir un peu d’apaisement.

Hélas, l’immédiateté brutale de la suspension de sa secrétaire générale risque de se retourner contre elle, en générant une autre forme d’anxiété, devant le manque de considération de la personne humaine qu’entraîne la politique.

13:56 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |